Title | La défense de Platon contre Aristote par les néoplatoniciens |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 1993 |
Published in | Contre Platon. Tome I: Le Platonisme Dévoilé |
Pages | 175-195 |
Categories | no categories |
Author(s) | Romano, Francesco |
Editor(s) | Dixsaut, Monique |
Translator(s) |
Pour aborder le problème de la défense de Platon contre Aristote par les Néoplatoniciens, il est nécessaire d’opérer des distinctions à la fois historiques et théoriques ; il faut en effet tenir compte tant du développement chronologique de la pensée néoplatonicienne que des différences pouvant exister d’une école néoplatonicienne à l’autre. Il semble, par exemple, que Jamblique et Proclus aient adopté des positions sensiblement divergentes sur le problème de savoir si Aristote avait attaqué la théorie des Idées dans sa formulation platonicienne ou dans la fausse interprétation que certains Platoniciens en avaient donnée. D’après ce que nous disent David [Elias], d’une part : Δεῖ αὐτὸν μὴ συμπάσχειν τῷ Πλάτωνι· συνδιδοῖσι τῷ πεπονθέν· Ἰάμβλιχος· οὗτος γὰρ προσπάσχων τῷ Πλάτωνι συνδιδοῖσι τῷ Ἀριστοτέλει ὅτι οὐκ ἀντιλέγει τῷ Πλάτωνι διὰ τὰς ἰδέας (« L’exégète ne doit pas sympathiser avec une quelconque secte philosophique à la manière de Jamblique. Celui-ci, en effet, prévenu en faveur de Platon, concéda également à Aristote de ne pas avoir contredit Platon au sujet des Idées »), et Étienne d’Alexandrie [Ps. Philopon], d’autre part, Jamblique aurait soutenu qu’Aristote n’avait pas réfuté Platon à propos des Idées. Tandis que Proclus – si l’on en croit Philopon (De aetern. mundi, 31), faisant allusion au livre, perdu, par lequel Proclus réfutait les objections d’Aristote contre le Timée (mais Syrianus aurait fait de même avant Proclus, d’après le témoignage d’Asclepius de Tralle) – aurait, pour sa part, été convaincu qu’Aristote avait combattu et réfuté Platon également sur ce point. Comme nous allons le voir (texte 2), Proclus parle des Péripatéticiens en général, mais il n’est pas possible d’exclure Aristote. Cela dit, il faut toutefois se hâter d’ajouter que, malgré leurs divergences, presque tous les Néoplatoniciens s’accordent à considérer comme leur tâche propre de défendre Platon contre les attaques d’Aristote et des Péripatéticiens, afin au moins d’éliminer les malentendus et les interprétations perverses que ceux-ci exploitent souvent pour opposer les deux philosophes. Autrement dit, les différentes positions prises tour à tour par l’un ou l’autre des Néoplatoniciens, ou mieux par l’un ou l’autre des courants scolastiques néoplatoniciens, tiennent à des nuances argumentatives. Elles cherchent davantage à démontrer la concordance entre Platon et Aristote qu’à viser l’objectif principal commandant n’importe quelle exégèse néoplatonicienne du texte d’Aristote : la faire, d’une façon institutionnelle, servir le plus possible à la lecture et à l’étude des textes platoniciens. Si nous voulons comprendre l’esprit de certaines positions, aussi bien théoriques qu’historiques, adoptées par les Néoplatoniciens, il nous faut donc partir d’une distinction préliminaire entre, d’une part, l’attitude polémique de ceux qui tendent à souligner les divergences plus ou moins substantielles entre Platon et Aristote – donc s’efforcent de réfuter explicitement et sans équivoque les objections d’Aristote et des Péripatéticiens contre Platon – et, d’autre part, l’attitude critique (mais peu ou guère critique en apparence) de ceux qui cherchent surtout à minimiser la « puissance destructrice » des objections aristotéliciennes et péripatéticiennes, au point de ramener la position réelle d’Aristote à celle de Platon. En d’autres termes, il s’agit ou bien de défendre Platon contre les contradictions ou absurdités présumées dont on veut le rendre coupable, ou bien d’interpréter d’une façon compatible avec la « vérité » platonicienne ses apparentes discordances avec ce qu’on suppose être la « vérité » aristotélicienne. Mais en aucun cas Aristote ne doit et ne peut l’emporter sur Platon, soit parce que sa critique de Platon n’atteint pas sa cible ou pousse à mal le comprendre, soit parce que le sens que l’on accorde à cette critique n’est pas celui qu’elle possède effectivement ou n’est pas le seul qu’elle puisse posséder. L’exégète néoplatonicien, donc, peut obtenir le même résultat en suivant deux voies différentes : l’important est de montrer que l’opposition présumée d’Aristote à Platon peut être dépassée et que l’étude du texte d’Aristote peut servir à faciliter la compréhension du texte de Platon (pour atteindre ce but, on doit parfois sacrifier les anciens Académiciens, tenus pour être la cible des objections d’Aristote : en ce cas, ce sont les anciens disciples de Platon qui auront mal compris le maître commun). Tout cela signifie que n’importe quelle exégèse du texte aristotélicien (de n’importe quel texte aristotélicien) fait partie de l’exégèse plus générale du texte platonicien. C’était là une des règles de l’enseignement néoplatonicien, donc un élément doctrinal commun à tous les Néoplatoniciens. On pourrait faire, peut-être, une exception pour Damascius, qui, on le sait, contestait souvent la légitimité de l’exégèse prédominante (à cette époque, celle de Proclus) des textes platoniciens et aristotéliciens. Mais il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Nous allons examiner six textes tirés respectivement l’un de Simplicius, quatre de Proclus, et un autre d’Ammonius ; après en avoir donné la traduction (la mienne, en l’absence d’indication contraire), j’en viendrai aux conséquences de mon interprétation. [introduction p. 175-177] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/LVbezb3omxhQNRC |
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Celui-ci, en effet, pr\u00e9venu en faveur de Platon, conc\u00e9da \u00e9galement \u00e0 Aristote de ne pas avoir contredit Platon au sujet des Id\u00e9es \u00bb), et \u00c9tienne d\u2019Alexandrie [Ps. Philopon], d\u2019autre part, Jamblique aurait soutenu qu\u2019Aristote n\u2019avait pas r\u00e9fut\u00e9 Platon \u00e0 propos des Id\u00e9es. Tandis que Proclus \u2013 si l\u2019on en croit Philopon (De aetern. mundi, 31), faisant allusion au livre, perdu, par lequel Proclus r\u00e9futait les objections d\u2019Aristote contre le Tim\u00e9e (mais Syrianus aurait fait de m\u00eame avant Proclus, d\u2019apr\u00e8s le t\u00e9moignage d\u2019Asclepius de Tralle) \u2013 aurait, pour sa part, \u00e9t\u00e9 convaincu qu\u2019Aristote avait combattu et r\u00e9fut\u00e9 Platon \u00e9galement sur ce point.\r\nComme nous allons le voir (texte 2), Proclus parle des P\u00e9ripat\u00e9ticiens en g\u00e9n\u00e9ral, mais il n\u2019est pas possible d\u2019exclure Aristote. 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Title | Contre Platon. Tome I: Le Platonisme Dévoilé |
Type | Edited Book |
Language | French |
Date | 1993 |
Publication Place | Paris |
Publisher | Vrin |
Series | Tradition de la pensée classique |
Categories | no categories |
Author(s) | |
Editor(s) | Dixsaut, Monique |
Translator(s) |
Pourquoi, comment, devient-on antiplatonicien ? A l'évidence, en s'opposant au platonisme, d'emblée le problème se complique, car il n'est pas certain après tout que Platon, si obstinément absent de ses propres dialogues, si délibérément anonyme, ait été platonicien. Comment s'opposer à qui ne parle jamais en son nom, pourquoi réfuter une doctrine que son auteur n'a jamais présentée comme telle ni revendiquée comme sienne et dont le sens semble pouvoir être librement élaboré par les adversaires du moment et pour les besoins de leur cause ? En quoi le platonisme autorise-t-il ces attaques globales et parfois étrangement violentes ? Peut-être est-ce parce que chaque époque croit y déceler ce qu'elle tient pour la forme extrême de la démesure et de l'orgueil philosophiques, indiquant du même coup les problèmes et les attitudes jugés par elle tolérables en philosophie. [author's abstract] |
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Editor(s) | Dixsaut, Monique |
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Pourquoi, comment, devient-on antiplatonicien ? A l'évidence, en s'opposant au platonisme, d'emblée le problème se complique, car il n'est pas certain après tout que Platon, si obstinément absent de ses propres dialogues, si délibérément anonyme, ait été platonicien. Comment s'opposer à qui ne parle jamais en son nom, pourquoi réfuter une doctrine que son auteur n'a jamais présentée comme telle ni revendiquée comme sienne et dont le sens semble pouvoir être librement élaboré par les adversaires du moment et pour les besoins de leur cause ? En quoi le platonisme autorise-t-il ces attaques globales et parfois étrangement violentes ? Peut-être est-ce parce que chaque époque croit y déceler ce qu'elle tient pour la forme extrême de la démesure et de l'orgueil philosophiques, indiquant du même coup les problèmes et les attitudes jugés par elle tolérables en philosophie. [author's abstract] |
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Title | La défense de Platon contre Aristote par les néoplatoniciens |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 1993 |
Published in | Contre Platon. Tome I: Le Platonisme Dévoilé |
Pages | 175-195 |
Categories | no categories |
Author(s) | Romano, Francesco |
Editor(s) | Dixsaut, Monique |
Translator(s) |
Pour aborder le problème de la défense de Platon contre Aristote par les Néoplatoniciens, il est nécessaire d’opérer des distinctions à la fois historiques et théoriques ; il faut en effet tenir compte tant du développement chronologique de la pensée néoplatonicienne que des différences pouvant exister d’une école néoplatonicienne à l’autre. Il semble, par exemple, que Jamblique et Proclus aient adopté des positions sensiblement divergentes sur le problème de savoir si Aristote avait attaqué la théorie des Idées dans sa formulation platonicienne ou dans la fausse interprétation que certains Platoniciens en avaient donnée. D’après ce que nous disent David [Elias], d’une part : Δεῖ αὐτὸν μὴ συμπάσχειν τῷ Πλάτωνι· συνδιδοῖσι τῷ πεπονθέν· Ἰάμβλιχος· οὗτος γὰρ προσπάσχων τῷ Πλάτωνι συνδιδοῖσι τῷ Ἀριστοτέλει ὅτι οὐκ ἀντιλέγει τῷ Πλάτωνι διὰ τὰς ἰδέας (« L’exégète ne doit pas sympathiser avec une quelconque secte philosophique à la manière de Jamblique. Celui-ci, en effet, prévenu en faveur de Platon, concéda également à Aristote de ne pas avoir contredit Platon au sujet des Idées »), et Étienne d’Alexandrie [Ps. Philopon], d’autre part, Jamblique aurait soutenu qu’Aristote n’avait pas réfuté Platon à propos des Idées. Tandis que Proclus – si l’on en croit Philopon (De aetern. mundi, 31), faisant allusion au livre, perdu, par lequel Proclus réfutait les objections d’Aristote contre le Timée (mais Syrianus aurait fait de même avant Proclus, d’après le témoignage d’Asclepius de Tralle) – aurait, pour sa part, été convaincu qu’Aristote avait combattu et réfuté Platon également sur ce point. Comme nous allons le voir (texte 2), Proclus parle des Péripatéticiens en général, mais il n’est pas possible d’exclure Aristote. Cela dit, il faut toutefois se hâter d’ajouter que, malgré leurs divergences, presque tous les Néoplatoniciens s’accordent à considérer comme leur tâche propre de défendre Platon contre les attaques d’Aristote et des Péripatéticiens, afin au moins d’éliminer les malentendus et les interprétations perverses que ceux-ci exploitent souvent pour opposer les deux philosophes. Autrement dit, les différentes positions prises tour à tour par l’un ou l’autre des Néoplatoniciens, ou mieux par l’un ou l’autre des courants scolastiques néoplatoniciens, tiennent à des nuances argumentatives. Elles cherchent davantage à démontrer la concordance entre Platon et Aristote qu’à viser l’objectif principal commandant n’importe quelle exégèse néoplatonicienne du texte d’Aristote : la faire, d’une façon institutionnelle, servir le plus possible à la lecture et à l’étude des textes platoniciens. Si nous voulons comprendre l’esprit de certaines positions, aussi bien théoriques qu’historiques, adoptées par les Néoplatoniciens, il nous faut donc partir d’une distinction préliminaire entre, d’une part, l’attitude polémique de ceux qui tendent à souligner les divergences plus ou moins substantielles entre Platon et Aristote – donc s’efforcent de réfuter explicitement et sans équivoque les objections d’Aristote et des Péripatéticiens contre Platon – et, d’autre part, l’attitude critique (mais peu ou guère critique en apparence) de ceux qui cherchent surtout à minimiser la « puissance destructrice » des objections aristotéliciennes et péripatéticiennes, au point de ramener la position réelle d’Aristote à celle de Platon. En d’autres termes, il s’agit ou bien de défendre Platon contre les contradictions ou absurdités présumées dont on veut le rendre coupable, ou bien d’interpréter d’une façon compatible avec la « vérité » platonicienne ses apparentes discordances avec ce qu’on suppose être la « vérité » aristotélicienne. Mais en aucun cas Aristote ne doit et ne peut l’emporter sur Platon, soit parce que sa critique de Platon n’atteint pas sa cible ou pousse à mal le comprendre, soit parce que le sens que l’on accorde à cette critique n’est pas celui qu’elle possède effectivement ou n’est pas le seul qu’elle puisse posséder. L’exégète néoplatonicien, donc, peut obtenir le même résultat en suivant deux voies différentes : l’important est de montrer que l’opposition présumée d’Aristote à Platon peut être dépassée et que l’étude du texte d’Aristote peut servir à faciliter la compréhension du texte de Platon (pour atteindre ce but, on doit parfois sacrifier les anciens Académiciens, tenus pour être la cible des objections d’Aristote : en ce cas, ce sont les anciens disciples de Platon qui auront mal compris le maître commun). Tout cela signifie que n’importe quelle exégèse du texte aristotélicien (de n’importe quel texte aristotélicien) fait partie de l’exégèse plus générale du texte platonicien. C’était là une des règles de l’enseignement néoplatonicien, donc un élément doctrinal commun à tous les Néoplatoniciens. On pourrait faire, peut-être, une exception pour Damascius, qui, on le sait, contestait souvent la légitimité de l’exégèse prédominante (à cette époque, celle de Proclus) des textes platoniciens et aristotéliciens. Mais il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Nous allons examiner six textes tirés respectivement l’un de Simplicius, quatre de Proclus, et un autre d’Ammonius ; après en avoir donné la traduction (la mienne, en l’absence d’indication contraire), j’en viendrai aux conséquences de mon interprétation. [introduction p. 175-177] |
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Celui-ci, en effet, pr\u00e9venu en faveur de Platon, conc\u00e9da \u00e9galement \u00e0 Aristote de ne pas avoir contredit Platon au sujet des Id\u00e9es \u00bb), et \u00c9tienne d\u2019Alexandrie [Ps. Philopon], d\u2019autre part, Jamblique aurait soutenu qu\u2019Aristote n\u2019avait pas r\u00e9fut\u00e9 Platon \u00e0 propos des Id\u00e9es. Tandis que Proclus \u2013 si l\u2019on en croit Philopon (De aetern. mundi, 31), faisant allusion au livre, perdu, par lequel Proclus r\u00e9futait les objections d\u2019Aristote contre le Tim\u00e9e (mais Syrianus aurait fait de m\u00eame avant Proclus, d\u2019apr\u00e8s le t\u00e9moignage d\u2019Asclepius de Tralle) \u2013 aurait, pour sa part, \u00e9t\u00e9 convaincu qu\u2019Aristote avait combattu et r\u00e9fut\u00e9 Platon \u00e9galement sur ce point.\r\nComme nous allons le voir (texte 2), Proclus parle des P\u00e9ripat\u00e9ticiens en g\u00e9n\u00e9ral, mais il n\u2019est pas possible d\u2019exclure Aristote. Cela dit, il faut toutefois se h\u00e2ter d\u2019ajouter que, malgr\u00e9 leurs divergences, presque tous les N\u00e9oplatoniciens s\u2019accordent \u00e0 consid\u00e9rer comme leur t\u00e2che propre de d\u00e9fendre Platon contre les attaques d\u2019Aristote et des P\u00e9ripat\u00e9ticiens, afin au moins d\u2019\u00e9liminer les malentendus et les interpr\u00e9tations perverses que ceux-ci exploitent souvent pour opposer les deux philosophes. Autrement dit, les diff\u00e9rentes positions prises tour \u00e0 tour par l\u2019un ou l\u2019autre des N\u00e9oplatoniciens, ou mieux par l\u2019un ou l\u2019autre des courants scolastiques n\u00e9oplatoniciens, tiennent \u00e0 des nuances argumentatives. Elles cherchent davantage \u00e0 d\u00e9montrer la concordance entre Platon et Aristote qu\u2019\u00e0 viser l\u2019objectif principal commandant n\u2019importe quelle ex\u00e9g\u00e8se n\u00e9oplatonicienne du texte d\u2019Aristote : la faire, d\u2019une fa\u00e7on institutionnelle, servir le plus possible \u00e0 la lecture et \u00e0 l\u2019\u00e9tude des textes platoniciens.\r\nSi nous voulons comprendre l\u2019esprit de certaines positions, aussi bien th\u00e9oriques qu\u2019historiques, adopt\u00e9es par les N\u00e9oplatoniciens, il nous faut donc partir d\u2019une distinction pr\u00e9liminaire entre, d\u2019une part, l\u2019attitude pol\u00e9mique de ceux qui tendent \u00e0 souligner les divergences plus ou moins substantielles entre Platon et Aristote \u2013 donc s\u2019efforcent de r\u00e9futer explicitement et sans \u00e9quivoque les objections d\u2019Aristote et des P\u00e9ripat\u00e9ticiens contre Platon \u2013 et, d\u2019autre part, l\u2019attitude critique (mais peu ou gu\u00e8re critique en apparence) de ceux qui cherchent surtout \u00e0 minimiser la \u00ab puissance destructrice \u00bb des objections aristot\u00e9liciennes et p\u00e9ripat\u00e9ticiennes, au point de ramener la position r\u00e9elle d\u2019Aristote \u00e0 celle de Platon.\r\nEn d\u2019autres termes, il s\u2019agit ou bien de d\u00e9fendre Platon contre les contradictions ou absurdit\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9es dont on veut le rendre coupable, ou bien d\u2019interpr\u00e9ter d\u2019une fa\u00e7on compatible avec la \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb platonicienne ses apparentes discordances avec ce qu\u2019on suppose \u00eatre la \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb aristot\u00e9licienne. 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