Traces d’un commentaire de Simplicius sur la Métaphysique à Byzance?, 2000
By: Rashed, Marwan
Title Traces d’un commentaire de Simplicius sur la Métaphysique à Byzance?
Type Article
Language French
Date 2000
Journal Revue de sciences philosophiques et théologiques
Volume 84
Pages 275–284
Categories no categories
Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s)
Translator(s)
Concluons. Étant donné que : la mention de Simplicius dans le Parisinus graecus 1853 est unique, son argument contredit les théories aristotéliciennes, son argument contredit l’interprétation qu’en donne Simplicius, son argument contredit les théories de Damascius et de Jamblique, sa conclusion est renfermée dans une paraphrase connue de In Phys., nous sommes contraints de rejeter l’idée, pourtant assez séduisante, qu’il pouvait y avoir des traces d’un commentaire de Simplicius à la Métaphysique dans le monde byzantin. Les érudits savaient tout au plus que l’auteur du commentaire au De anima, qu’ils pensaient être Simplicius, en avait écrit un. [conclusion p. 284]

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Les analyses de l'énoncé: catégories et parties du discours selon les commentateurs néoplatoniciens, 1999
By: Hoffmann, Philippe, Diebler, Stéphane (Ed.), Rashed, Marwan (Ed.), Büttgen, Philippe (Ed.)
Title Les analyses de l'énoncé: catégories et parties du discours selon les commentateurs néoplatoniciens
Type Book Section
Language French
Date 1999
Published in Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès
Pages 209-248
Categories no categories
Author(s) Hoffmann, Philippe
Editor(s) Diebler, Stéphane , Rashed, Marwan , Büttgen, Philippe
Translator(s)
Avec les exégètes néoplatoniciens d’Aristote, à la fin de l'Antiquité, l'intérêt constant porté au discours par les philosophes grecs – depuis les sophistes, Platon, Aristote, les stoïciens – trouve son point d’achèvement, tandis que s’affirme nettement la différence des deux points de vue – grammatical et logique – que l’on peut porter sur l’énoncé. Cet effort de distinction caractérise la littérature des commentaires sur l’Organon, qui correspond, on le sait, au début du cours de philosophie néoplatonicienne dans l’Antiquité tardive. L’étude de l’Organon commençait, après des enseignements propédeutiques et une lecture de l’Isagoge de Porphyre, par l’exégèse du traité des Catégories, que domine une description fine du "but", du skopos. Les catégories sont les éléments constitutifs de l’énoncé déclaratif (logos apophantikós), seule espèce du logos à être vraie ou fausse, et qui est lui-même la base du syllogisme démonstratif, lequel est le point culminant ou la clé de voûte de la logique, puisque la démonstration est l’instrument de discernement du vrai et du faux dans le domaine de la théorie, et du bien et du mal dans le domaine de la pratique. Les catégories sont les termes “qui ne se disent pas en liaison”, c’est-à-dire qui ne sont pas pris dans une syntaxe attributive et qui se contentent encore de “signifier”. La doctrine des catégories est, en son fond, sémantique et ressortit à la logique. Mais elle reflète une division (diairesis) des étants en dix classes suprêmes, les “genres généralissimes”. Lorsqu’il commente le chapitre 2 des Catégories, Simplicius explique que la division en dix catégories s’inscrit elle-même dans une séquence dyade-tétrade-décade. Aristote, affirme-t-il, commence avec raison par donner une quadruple division des étants, puisque la tétrade est plus fondamentale que la décade, et que cette quadripartition se ramène elle-même à une bipartition : "[...] puisque, nous l'avons vu, le but (skopos) porte sur les mots simples et génériques, qui signifient les réalités simples et génériques, avant de les diviser (diairesis) en le plus grand nombre de termes possible – j'entends par là la division en dix catégories, au-delà desquelles on ne pouvait en trouver d’autres –, Aristote a jugé bon de commencer par une division minimale, car on ne pouvait rassembler les mots simples en un plus petit nombre de groupes : en effet cette façon de procéder était scientifique (epistêmonikón) parce que la décade est comprise dans la tétrade ; en effet en faisant la somme d’un, deux, trois et quatre, nous obtenons le nombre dix ; et la tétrade, à rebours, Aristote l’a rassemblée dans la dyade. Les quatre termes dont nous parlons sont : l’essence, l’accident, l’universel et le particulier. Les étants en effet se divisent en deux (ta onta diaireitai dikhôs) [...]". Ces deux termes sont l’essence (qui correspond à la première catégorie) et l’accident (sous le chef duquel se regroupent les neuf autres catégories). À la fin de l’explication de ce lemme, Simplicius précise que “la division en quatre termes n’est pas une division au sens propre, mais plutôt un dénombrement (anarithmêsis)”. L'analyse du logos apophantikós conduit donc le philosophe à distinguer entre dix “mots simples”, les dix catégories énumérées par Aristote, et qui constituent, aux yeux des exégètes antiques, une liste exhaustive en droit et close : la substance ou l’essence (ousia, ti esti), la quantité (poson), la qualité (poion), la relation (pros ti), l’agir et le pâtir (poiein, paschein), le "quand” et le “où” (pote, pou), la situation et l’avoir (keisthai, echein). Cette analyse ne coïncide en rien avec celle des grammairiens qui, à la fin de l'Antiquité, enseignent de manière fixe la doctrine des huit “parties du discours” (merê tou logou), progressivement élaborée comme le fruit de ce qu’ils nomment le merismos (“partition”). Ces huit “parties du discours” sont, dans l'ordre : le nom, le verbe, le participe, l’article, le pronom, la préposition, l'adverbe et la conjonction. Soucieux, pour plusieurs raisons, de distinguer leur recherche de l’activité grammaticale, les commentateurs néoplatoniciens d’Aristote ont soigneusement distingué entre ces deux modes d'analyse du logos (discours, phrase, proposition, énoncé) : la division des catégories, qui est fondée sur la diairesis des étants en dix genres – elle relève de la logique et participe de l’ontologie – et la merismos grammaticale des éléments du langage en huit classes (les huit “parties du discours”). La lecture des Catégories conduisait ces exégètes à rencontrer certaines difficultés. Tout d'abord, il y avait un débat sur la nature même des "catégories" (sont-elles des mots ? des notions ? des réalités ?). Des adversaires stoïciens d’Aristote (Athénodore et Cornutus) contestaient la complétude de la liste, insuffisante selon eux, puisqu’ils voyaient en elle le résultat d’une division des mots. Le débat sur l’origine grammaticale des catégories, ou sur le lien de cette doctrine avec l’objet propre et la discipline de la grammaire, illustré à l’époque moderne par les travaux d’auteurs aussi différents que Trendelenburg ou E. Benveniste, était déjà un débat antique. Autre question. Le début du De interpretatione présente un exposé sur le nom (onoma) et le verbe (rhêma), qui sont à la fois des termes logiques (sujet et prédicat) et les deux premières “parties du discours” selon la liste canonique des grammairiens. Comment rendre compte de la rencontre, mais aussi de la différence, entre le point de vue du philosophe lecteur de l’Organon et le point de vue du grammairien ? Comment expliquer la succession – dans la perspective de l’“ordre de lecture” néoplatonicien – des Catégories et du De interpretatione ? La tâche de tout commentateur néoplatonicien était donc d'expliquer à la fois comment distinguer entre l’analyse grammaticale d'une phrase et l’analyse logique d’un énoncé véridique, et quelle est l’articulation de la doctrine des Catégories et de la doctrine du De interpretatione. Il faut pour cela rappeler quels étaient les “buts” assignés par les exégètes à ces deux traités, qui étaient lus l’un à la suite de l’autre dans “l’ordre de lecture” des œuvres d’Aristote tel qu’il était pratiqué à la fin de l’Antiquité. [introduction p. 209-212]

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Tout d'abord, il y avait un d\u00e9bat sur la nature m\u00eame des \"cat\u00e9gories\" (sont-elles des mots ? des notions ? des r\u00e9alit\u00e9s ?). Des adversaires sto\u00efciens d\u2019Aristote (Ath\u00e9nodore et Cornutus) contestaient la compl\u00e9tude de la liste, insuffisante selon eux, puisqu\u2019ils voyaient en elle le r\u00e9sultat d\u2019une division des mots. Le d\u00e9bat sur l\u2019origine grammaticale des cat\u00e9gories, ou sur le lien de cette doctrine avec l\u2019objet propre et la discipline de la grammaire, illustr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne par les travaux d\u2019auteurs aussi diff\u00e9rents que Trendelenburg ou E. Benveniste, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9bat antique.\r\n\r\nAutre question. 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Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès, 1999
By: Diebler, Stéphane (Ed.), Büttgen, Philippe (Ed.), Rashed, Marwan (Ed.)
Title Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès
Type Edited Book
Language French
Date 1999
Publication Place Paris
Publisher Presses de l’École normale supérieure
Series Études de littérature ancienne
Volume 10
Categories no categories
Author(s)
Editor(s) Diebler, Stéphane , Büttgen, Philippe , Rashed, Marwan
Translator(s)
Les théories de la phrase et de la proposition de l'Antiquité au Moyen Âge n'avaient jusqu'à présent jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble. On trouvera dans cet ouvrage, outre de nombreux travaux substantiels sur Platon et Aristote, des contributions novatrices sur la tradition stoïcienne, ainsi que sur les aristotélismes grec, syriaque, arabe et latin. [official abstract]

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A “New” Text of Alexander on the Soul’s Motion, 1997
By: Rashed, Marwan, Sorabji, Richard (Ed.)
Title A “New” Text of Alexander on the Soul’s Motion
Type Book Section
Language English
Date 1997
Published in Aristotle and after
Pages 181-195
Categories no categories
Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s) Sorabji, Richard
Translator(s)
A last argument: when Alexander describes the doctrine through which Aristotle hoped to escape from Atticus’ criticisms, he writes, apropos the intellect: "and it is separated out (ekkrinetai) in the same way as it is introduced (eiskrinetai)". Thus, the only two occurrences in Alexander of the verb eiskrinesthai are deeply connected with Atticus’ theory, either directly or through Aristotle’s reply. It seems, therefore, very probable that Alexander himself was aware of the significance of this technical term, and that he mentioned it twice. To conclude, then, the historical evolution of the polemics may be summarised as follows: The ‘Aristotelian’ claim of the intellect from without. Atticus attacks the intellect from without because of its inability to move. Aristoteles of Mytilene (as reported by Alexander in C1) defends the intellect from without by claiming its ubiquity. Alexander (De intell., C2) criticises Aristoteles’ solution to Atticus’ criticisms and gives an alternative reply to Atticus by accounting for separation in terms of thought processes. Alexander (In Phys.) attacks Atticus’ vehicle-theory on the grounds that it does not resolve the question at all and alludes indirectly to his previous solution. Thus, we may conclude that the De intellectu is an authentic work of Alexander, but an earlier one than the commentary on the Physics. [conclusion p. 194-195]

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Alexandre d'Aphrodise et la « magna quaestio ». Rôle et indépendance des scholies dans la tradition byzantine du corpus aristotélicien, 1995
By: Rashed, Marwan
Title Alexandre d'Aphrodise et la « magna quaestio ». Rôle et indépendance des scholies dans la tradition byzantine du corpus aristotélicien
Type Article
Language French
Date 1995
Journal Les Études Classiques
Volume 63
Pages 295–351
Categories no categories
Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s)
Translator(s)
Sur le problème du lieu du Tout et de la sphère des fixes, on assiste ainsi, au sein même de la tradition aristotélicienne, à un débat qui, d’Eudème à Ibn Ruschd, en passant, comme on pense l’avoir découvert, par les premiers commentateurs péripatéticiens, puis Alexandre et ses successeurs grecs et arabes, fut le premier à révéler l’antagonisme, voire la contradiction, entre cosmologie et physique aristotéliciennes. Il est peu d’apories, dans l’histoire de l’aristotélisme, qui aient autant mis à mal le système du Maître. Elle n’est cependant pas la seule, et bien d’autres points nous demanderont une étude attentive et difficile ; aussi, au terme de ce travail, voudrions-nous souligner l’importance du chemin restant à parcourir : les résultats acquis devront être discutés, affinés et, surtout, interprétés à la lumière d’études ponctuelles et précises sur la tradition aristotélicienne en général et alexandrine en particulier. Si l’on a choisi de traiter d'un cas restreint et bien déterminé, le problème cosmologique du lieu aristotélicien interprété par Alexandre, c’était autant pour éclairer la profonde originalité de pensée de l’Exégète et l’importance capitale, dans l’histoire de l’aristotélisme, de son commentaire partiellement retrouvé à la Physique, que pour montrer qu’il n’y a pas, en la matière, d’histoire partielle : l’aristotélisme fit plus que se survivre au contact des doctrines stoïciennes, et l’hellénisme arabe eut tôt fait d’atteindre et de dépasser les horizons de sa jeunesse attique. Est-il dès lors besoin d’insister sur l’idée de tradition aristotélicienne qui semble se dégager ? Celle-ci ne se reconnaît pas à l’acceptation servile de la lettre du Maître, mais à une façon commune de questionner l'ensemble de son œuvre. Interprétée par cette lignée, la véracité d’Aristote dépasse l’immédiateté de son texte pour devenir, limite et condition de la philosophie, l’assurance d’un sens « où tous les sens s’accordent ». [conclusion p. 350-351]

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A “New” Text of Alexander on the Soul’s Motion, 1997
By: Rashed, Marwan, Sorabji, Richard (Ed.)
Title A “New” Text of Alexander on the Soul’s Motion
Type Book Section
Language English
Date 1997
Published in Aristotle and after
Pages 181-195
Categories no categories
Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s) Sorabji, Richard
Translator(s)
A last argument: when Alexander describes the doctrine through which Aristotle hoped to escape from Atticus’ criticisms, he writes, apropos the intellect: "and it is separated out (ekkrinetai) in the same way as it is introduced (eiskrinetai)". Thus, the only two occurrences in Alexander of the verb eiskrinesthai are deeply connected with Atticus’ theory, either directly or through Aristotle’s reply. It seems, therefore, very probable that Alexander himself was aware of the significance of this technical term, and that he mentioned it twice.

To conclude, then, the historical evolution of the polemics may be summarised as follows:

    The ‘Aristotelian’ claim of the intellect from without.
    Atticus attacks the intellect from without because of its inability to move.
    Aristoteles of Mytilene (as reported by Alexander in C1) defends the intellect from without by claiming its ubiquity.
    Alexander (De intell., C2) criticises Aristoteles’ solution to Atticus’ criticisms and gives an alternative reply to Atticus by accounting for separation in terms of thought processes.
    Alexander (In Phys.) attacks Atticus’ vehicle-theory on the grounds that it does not resolve the question at all and alludes indirectly to his previous solution.

Thus, we may conclude that the De intellectu is an authentic work of Alexander, but an earlier one than the commentary on the Physics. [conclusion p. 194-195]

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It seems, therefore, very probable that Alexander himself was aware of the significance of this technical term, and that he mentioned it twice.\r\n\r\nTo conclude, then, the historical evolution of the polemics may be summarised as follows:\r\n\r\n The \u2018Aristotelian\u2019 claim of the intellect from without.\r\n Atticus attacks the intellect from without because of its inability to move.\r\n Aristoteles of Mytilene (as reported by Alexander in C1) defends the intellect from without by claiming its ubiquity.\r\n Alexander (De intell., C2) criticises Aristoteles\u2019 solution to Atticus\u2019 criticisms and gives an alternative reply to Atticus by accounting for separation in terms of thought processes.\r\n Alexander (In Phys.) attacks Atticus\u2019 vehicle-theory on the grounds that it does not resolve the question at all and alludes indirectly to his previous solution.\r\n\r\nThus, we may conclude that the De intellectu is an authentic work of Alexander, but an earlier one than the commentary on the Physics. 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Alexandre d'Aphrodise et la « magna quaestio ». Rôle et indépendance des scholies dans la tradition byzantine du corpus aristotélicien, 1995
By: Rashed, Marwan
Title Alexandre d'Aphrodise et la « magna quaestio ». Rôle et indépendance des scholies dans la tradition byzantine du corpus aristotélicien
Type Article
Language French
Date 1995
Journal Les Études Classiques
Volume 63
Pages 295–351
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Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s)
Translator(s)
Sur le problème du lieu du Tout et de la sphère des fixes, on assiste ainsi, au sein même de la tradition aristotélicienne, à un débat qui, d’Eudème à Ibn Ruschd, en passant, comme on pense l’avoir découvert, par les premiers commentateurs péripatéticiens, puis Alexandre et ses successeurs grecs et arabes, fut le premier à révéler l’antagonisme, voire la contradiction, entre cosmologie et physique aristotéliciennes.

Il est peu d’apories, dans l’histoire de l’aristotélisme, qui aient autant mis à mal le système du Maître. Elle n’est cependant pas la seule, et bien d’autres points nous demanderont une étude attentive et difficile ; aussi, au terme de ce travail, voudrions-nous souligner l’importance du chemin restant à parcourir : les résultats acquis devront être discutés, affinés et, surtout, interprétés à la lumière d’études ponctuelles et précises sur la tradition aristotélicienne en général et alexandrine en particulier.

Si l’on a choisi de traiter d'un cas restreint et bien déterminé, le problème cosmologique du lieu aristotélicien interprété par Alexandre, c’était autant pour éclairer la profonde originalité de pensée de l’Exégète et l’importance capitale, dans l’histoire de l’aristotélisme, de son commentaire partiellement retrouvé à la Physique, que pour montrer qu’il n’y a pas, en la matière, d’histoire partielle : l’aristotélisme fit plus que se survivre au contact des doctrines stoïciennes, et l’hellénisme arabe eut tôt fait d’atteindre et de dépasser les horizons de sa jeunesse attique.

Est-il dès lors besoin d’insister sur l’idée de tradition aristotélicienne qui semble se dégager ? Celle-ci ne se reconnaît pas à l’acceptation servile de la lettre du Maître, mais à une façon commune de questionner l'ensemble de son œuvre. Interprétée par cette lignée, la véracité d’Aristote dépasse l’immédiateté de son texte pour devenir, limite et condition de la philosophie, l’assurance d’un sens « où tous les sens s’accordent ». [conclusion p. 350-351]

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Les analyses de l'énoncé: catégories et parties du discours selon les commentateurs néoplatoniciens, 1999
By: Hoffmann, Philippe, Diebler, Stéphane (Ed.), Rashed, Marwan (Ed.), Büttgen, Philippe (Ed.)
Title Les analyses de l'énoncé: catégories et parties du discours selon les commentateurs néoplatoniciens
Type Book Section
Language French
Date 1999
Published in Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès
Pages 209-248
Categories no categories
Author(s) Hoffmann, Philippe
Editor(s) Diebler, Stéphane , Rashed, Marwan , Büttgen, Philippe
Translator(s)
Avec les exégètes néoplatoniciens d’Aristote, à la fin de l'Antiquité, l'intérêt constant porté au discours par les philosophes grecs – depuis les sophistes, Platon, Aristote, les stoïciens – trouve son point d’achèvement, tandis que s’affirme nettement la différence des deux points de vue – grammatical et logique – que l’on peut porter sur l’énoncé. Cet effort de distinction caractérise la littérature des commentaires sur l’Organon, qui correspond, on le sait, au début du cours de philosophie néoplatonicienne dans l’Antiquité tardive.

L’étude de l’Organon commençait, après des enseignements propédeutiques et une lecture de l’Isagoge de Porphyre, par l’exégèse du traité des Catégories, que domine une description fine du "but", du skopos. Les catégories sont les éléments constitutifs de l’énoncé déclaratif (logos apophantikós), seule espèce du logos à être vraie ou fausse, et qui est lui-même la base du syllogisme démonstratif, lequel est le point culminant ou la clé de voûte de la logique, puisque la démonstration est l’instrument de discernement du vrai et du faux dans le domaine de la théorie, et du bien et du mal dans le domaine de la pratique. Les catégories sont les termes “qui ne se disent pas en liaison”, c’est-à-dire qui ne sont pas pris dans une syntaxe attributive et qui se contentent encore de “signifier”. La doctrine des catégories est, en son fond, sémantique et ressortit à la logique. Mais elle reflète une division (diairesis) des étants en dix classes suprêmes, les “genres généralissimes”.

Lorsqu’il commente le chapitre 2 des Catégories, Simplicius explique que la division en dix catégories s’inscrit elle-même dans une séquence dyade-tétrade-décade. Aristote, affirme-t-il, commence avec raison par donner une quadruple division des étants, puisque la tétrade est plus fondamentale que la décade, et que cette quadripartition se ramène elle-même à une bipartition :

"[...] puisque, nous l'avons vu, le but (skopos) porte sur les mots simples et génériques, qui signifient les réalités simples et génériques, avant de les diviser (diairesis) en le plus grand nombre de termes possible – j'entends par là la division en dix catégories, au-delà desquelles on ne pouvait en trouver d’autres –, Aristote a jugé bon de commencer par une division minimale, car on ne pouvait rassembler les mots simples en un plus petit nombre de groupes : en effet cette façon de procéder était scientifique (epistêmonikón) parce que la décade est comprise dans la tétrade ; en effet en faisant la somme d’un, deux, trois et quatre, nous obtenons le nombre dix ; et la tétrade, à rebours, Aristote l’a rassemblée dans la dyade. Les quatre termes dont nous parlons sont : l’essence, l’accident, l’universel et le particulier. Les étants en effet se divisent en deux (ta onta diaireitai dikhôs) [...]".

Ces deux termes sont l’essence (qui correspond à la première catégorie) et l’accident (sous le chef duquel se regroupent les neuf autres catégories). À la fin de l’explication de ce lemme, Simplicius précise que “la division en quatre termes n’est pas une division au sens propre, mais plutôt un dénombrement (anarithmêsis)”.

L'analyse du logos apophantikós conduit donc le philosophe à distinguer entre dix “mots simples”, les dix catégories énumérées par Aristote, et qui constituent, aux yeux des exégètes antiques, une liste exhaustive en droit et close : la substance ou l’essence (ousia, ti esti), la quantité (poson), la qualité (poion), la relation (pros ti), l’agir et le pâtir (poiein, paschein), le "quand” et le “où” (pote, pou), la situation et l’avoir (keisthai, echein).

Cette analyse ne coïncide en rien avec celle des grammairiens qui, à la fin de l'Antiquité, enseignent de manière fixe la doctrine des huit “parties du discours” (merê tou logou), progressivement élaborée comme le fruit de ce qu’ils nomment le merismos (“partition”). Ces huit “parties du discours” sont, dans l'ordre : le nom, le verbe, le participe, l’article, le pronom, la préposition, l'adverbe et la conjonction.

Soucieux, pour plusieurs raisons, de distinguer leur recherche de l’activité grammaticale, les commentateurs néoplatoniciens d’Aristote ont soigneusement distingué entre ces deux modes d'analyse du logos (discours, phrase, proposition, énoncé) : la division des catégories, qui est fondée sur la diairesis des étants en dix genres – elle relève de la logique et participe de l’ontologie – et la merismos grammaticale des éléments du langage en huit classes (les huit “parties du discours”).

La lecture des Catégories conduisait ces exégètes à rencontrer certaines difficultés. Tout d'abord, il y avait un débat sur la nature même des "catégories" (sont-elles des mots ? des notions ? des réalités ?). Des adversaires stoïciens d’Aristote (Athénodore et Cornutus) contestaient la complétude de la liste, insuffisante selon eux, puisqu’ils voyaient en elle le résultat d’une division des mots. Le débat sur l’origine grammaticale des catégories, ou sur le lien de cette doctrine avec l’objet propre et la discipline de la grammaire, illustré à l’époque moderne par les travaux d’auteurs aussi différents que Trendelenburg ou E. Benveniste, était déjà un débat antique.

Autre question. Le début du De interpretatione présente un exposé sur le nom (onoma) et le verbe (rhêma), qui sont à la fois des termes logiques (sujet et prédicat) et les deux premières “parties du discours” selon la liste canonique des grammairiens. Comment rendre compte de la rencontre, mais aussi de la différence, entre le point de vue du philosophe lecteur de l’Organon et le point de vue du grammairien ? Comment expliquer la succession – dans la perspective de l’“ordre de lecture” néoplatonicien – des Catégories et du De interpretatione ?

La tâche de tout commentateur néoplatonicien était donc d'expliquer à la fois comment distinguer entre l’analyse grammaticale d'une phrase et l’analyse logique d’un énoncé véridique, et quelle est l’articulation de la doctrine des Catégories et de la doctrine du De interpretatione.

Il faut pour cela rappeler quels étaient les “buts” assignés par les exégètes à ces deux traités, qui étaient lus l’un à la suite de l’autre dans “l’ordre de lecture” des œuvres d’Aristote tel qu’il était pratiqué à la fin de l’Antiquité. [introduction p. 209-212]

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Le d\u00e9but du De interpretatione pr\u00e9sente un expos\u00e9 sur le nom (onoma) et le verbe (rh\u00eama), qui sont \u00e0 la fois des termes logiques (sujet et pr\u00e9dicat) et les deux premi\u00e8res \u201cparties du discours\u201d selon la liste canonique des grammairiens. Comment rendre compte de la rencontre, mais aussi de la diff\u00e9rence, entre le point de vue du philosophe lecteur de l\u2019Organon et le point de vue du grammairien ? Comment expliquer la succession \u2013 dans la perspective de l\u2019\u201cordre de lecture\u201d n\u00e9oplatonicien \u2013 des Cat\u00e9gories et du De interpretatione ?\r\n\r\nLa t\u00e2che de tout commentateur n\u00e9oplatonicien \u00e9tait donc d'expliquer \u00e0 la fois comment distinguer entre l\u2019analyse grammaticale d'une phrase et l\u2019analyse logique d\u2019un \u00e9nonc\u00e9 v\u00e9ridique, et quelle est l\u2019articulation de la doctrine des Cat\u00e9gories et de la doctrine du De interpretatione.\r\n\r\nIl faut pour cela rappeler quels \u00e9taient les \u201cbuts\u201d assign\u00e9s par les ex\u00e9g\u00e8tes \u00e0 ces deux trait\u00e9s, qui \u00e9taient lus l\u2019un \u00e0 la suite de l\u2019autre dans \u201cl\u2019ordre de lecture\u201d des \u0153uvres d\u2019Aristote tel qu\u2019il \u00e9tait pratiqu\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019Antiquit\u00e9. 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Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès, 1999
By: Diebler, Stéphane (Ed.), Büttgen, Philippe (Ed.), Rashed, Marwan (Ed.)
Title Théories de la phrase et de la proposition, de Platon à Averroès
Type Edited Book
Language French
Date 1999
Publication Place Paris
Publisher Presses de l’École normale supérieure
Series Études de littérature ancienne
Volume 10
Categories no categories
Author(s)
Editor(s) Diebler, Stéphane , Büttgen, Philippe , Rashed, Marwan
Translator(s)
Les théories de la phrase et de la proposition de l'Antiquité au Moyen Âge n'avaient jusqu'à présent jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble. On trouvera dans cet ouvrage, outre de nombreux travaux substantiels sur Platon et Aristote, des contributions novatrices sur la tradition stoïcienne, ainsi que sur les aristotélismes grec, syriaque, arabe et latin. [official abstract]

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Traces d’un commentaire de Simplicius sur la Métaphysique à Byzance?, 2000
By: Rashed, Marwan
Title Traces d’un commentaire de Simplicius sur la Métaphysique à Byzance?
Type Article
Language French
Date 2000
Journal Revue de sciences philosophiques et théologiques
Volume 84
Pages 275–284
Categories no categories
Author(s) Rashed, Marwan
Editor(s)
Translator(s)
Concluons. Étant donné que :

    la mention de Simplicius dans le Parisinus graecus 1853 est unique,
    son argument contredit les théories aristotéliciennes,
    son argument contredit l’interprétation qu’en donne Simplicius,
    son argument contredit les théories de Damascius et de Jamblique,
    sa conclusion est renfermée dans une paraphrase connue de In Phys.,

nous sommes contraints de rejeter l’idée, pourtant assez séduisante, qu’il pouvait y avoir des traces d’un commentaire de Simplicius à la Métaphysique dans le monde byzantin. Les érudits savaient tout au plus que l’auteur du commentaire au De anima, qu’ils pensaient être Simplicius, en avait écrit un. [conclusion p. 284]

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