Title | Bibliothèques et formes du livre a la fin de l’antiquité. Le témoignage de la littérature néoplatonicienne des Ve et VIe siècles |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2000 |
Published in | I manoscritti greci tra riflessione e dibattito. Atti del V Colloquio Internazionale di Paleografia Greca (Cremona, 4-10 ottobre 1998), Tomo 2 |
Pages | 601-632 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Prato, Giancarlo |
Translator(s) |
Quels sont donc les maigres résultats de notre enquête ? On déduit d’un cursus d’études tardo-antique des Ve et VIe siècles la nécessaire existence de riches bibliothèques dont l’histoire ultérieure n’est qu’un tissu d’hypothèses ou de questions nécessaires, et le chemin est long jusqu’à la copie des volumes platoniciens de la Collection philosophique au IXe siècle. Les livres utilisés, conservés ou réalisés dans ces milieux néoplatoniciens devaient probablement – pour les œuvres les plus prolixes du moins – être de ces codices de grand format, et aux vastes marges, évoqués par Monsieur Crisci pour une période il est vrai postérieure de plusieurs décennies. On a pu mettre en relation le chapitre 27 de la Vie de Proclus avec le célèbre codex de papyrus de Callimaque (P.Oxy. XX 2258), écrit en majuscule alexandrine. Ce codex, décrit en 1959 par Jean Irigoin et en 1971 par sir Eric Turner, est de dimensions stupéfiantes. Il est daté en général du VIe ou du VIIe siècle, et Turner, après Edgar Lobel, le situe plutôt vers 500 ou 600 que vers 700. C’est le meilleur exemple connu, pour cette époque, d’un type de mise en pages comportant un texte et son commentaire. (On lui ajoutera – me suggère Jean Irigoin – l’exemple des citations marginales de Galien et de Cratévas lisibles dans le Dioscoride de Vienne, et qui nous instruisent sur le processus de formation d’une chaîne, un autre exemple postérieur étant le Venetus A de l’Iliade, Marc. gr. 454). La mise en pages attestée dans le Callimaque se retrouvera, peu après 900, dans le Vat. Urb. gr. 35 (Organon d’Aristote), dont les marges comportent, pour l’Isagogè de Porphyre et le début des Catégories, une compilation de la littérature exégétique alexandrine et athénienne (on y trouve du Simplicius), enrichie çà et là de nouveautés postérieures au VIe siècle. Le module de l’écriture adopté par Aréthas pour transcrire les commentaires dans les marges de l’Urb. gr. 35 permet de saisir une pratique de la micrographie, également illustrée (et de manière extrême) dans un autre contexte et à une tout autre époque, par le codex Mani de Cologne. Plus que le module des commentaires marginaux du Callimaque, les modules infimes du manuscrit d’Aristote comme du codex Mani nous mettent peut-être sur la voie du type d’écriture utilisé pour la copie des œuvres immenses d’un Proclus, d’un Damascius ou d’un Simplicius. On peut imaginer que les livres de l’école néoplatonicienne prenaient volontiers la forme des codices de grand format déjà évoqués, et dont l’usage est attesté pour des textes profanes ou classiques. S’ils contenaient un texte des auctoritates, de vastes marges pouvaient accueillir des commentaires de l’école (c’est le cas des commentaires de Proclus sur Hésiode et sur Orphée). S’ils contenaient une œuvre exégétique « moderne » (de Proclus ou de Simplicius), la pratique d’écritures de petit module ne pouvait-elle permettre de maintenir dans des limites spatiales maniables des textes correspondant à des centaines de pages dans les éditions modernes ? Mais ce n’est là, bien sûr, qu’une suggestion, ou plutôt une ultime question. [conclusion p. 630-632] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/csXi7Zihz5LcEep |
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