Title | L'écriture et les Présocratiques: Analyse de l'interprétation de Eric Havelock |
Type | Article |
Language | French |
Date | 2005 |
Journal | Revue de Philosophie Ancienne |
Volume | 23 |
Issue | 2 |
Pages | 75-92 |
Categories | no categories |
Author(s) | Palù, Chiara |
Editor(s) | |
Translator(s) |
L'interprétation de Havelock situe les penseurs présocratiques, ou plutôt pré-platoniciens, dans un milieu qu'il définit comme étant antérieur à la diffusion de l'écriture (pre-literacy). Cette interprétation provient de sa thèse générale, qui concerne la question du passage entre l'oralité et l'écriture en Grèce ancienne. Si l'introduction de l'alphabet phénicien, à l'époque archaïque, entraîne l'abandon des systèmes de communication orale, fondés sur l'écoute et la mémorisation, au profit de nouveaux systèmes fondés sur la circulation et la lecture individuelle de textes écrits, ce passage ne s'effectue cependant pas d'un seul coup. En dépit de l'introduction de l'écriture, continuent de subsister, pendant presque toute l'époque archaïque, des mécanismes de performance orale, tandis que l'écriture, à son début, n'avait qu'une seule fonction, celle de fixer la parole. Havelock, pour soutenir sa thèse, s'appuie initialement sur le Phèdre de Platon. La réflexion de Platon, qui, du reste, n'est pas isolée, est perçue comme une sorte de prise de conscience de problématiques préexistantes, au terme d'un processus de mutation culturelle dans lequel l'écriture joue un rôle déterminant. La critique de l'écriture, en effet, peut être définie comme une dernière défense de la parole orale à une époque où l'écrit prédomine désormais. C'est en un second temps que Havelock s'est tourné vers les textes des présocratiques eux-mêmes. Il est vrai que dans la tradition pré-platonicienne, il n'existe pas de texte comme le Phèdre, qui thématise la question de l'écriture, mais, d'après Havelock, on peut repérer, dans les textes des présocratiques, les traces des structures orales qui avaient caractérisé la phase précédant la réintroduction de l'écriture. Havelock souligne surtout l'adoption de la métrique et du rythme dans les poèmes d'Empédocle, Xénophane et Parménide, et le recours à une prose poétique dans le discours d'Héraclite, en tant qu'éléments qui devaient faciliter la mémorisation pour un public d'auditeurs. Mais l'approche de Havelock n'est pas seulement stylistique. La diffusion progressive, à l'époque archaïque, de la literacy aux dépens de l'oralité requiert l'adoption d'un nouveau langage, qui prend ses distances par rapport au langage mythique et détermine ainsi l'émergence de la philosophie elle-même. Selon Havelock, c'est justement cette relation que Platon n'a pas vue, et c'est de là que provient le caractère contradictoire de sa critique à l'égard de l'écriture. La thèse de Havelock n'a pas manqué de susciter des réactions parmi les interprètes, en produisant, ces dernières années, une quantité remarquable d'études consacrées à ce sujet. En général, les interprètes ont analysé surtout la relation supposée entre le langage des présocratiques et l'écriture, d'une part, et celle entre l'écriture et l'émergence de la philosophie, d'autre part. La réflexion sur le langage devrait, en effet, renforcer la thèse de Havelock à l'égard de la permanence de structures orales dans les textes des présocratiques, et cette permanence devrait, à son tour, renforcer le rapport reconstitué par Havelock entre écriture et émergence de la philosophie. Mais l'analyse stylistique, à elle seule, ne permet pas de conclure à la permanence de structures orales, et ces dernières sont tout aussi peu concluantes en tant qu'arguments à l'appui du rapport supposé entre écriture et émergence de la philosophie. [introduction p. 75-77] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/qlp5mJ4QSDQl1a0 |
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La r\u00e9flexion de Platon, qui, du reste, n'est pas isol\u00e9e, est per\u00e7ue comme une sorte de prise de conscience de probl\u00e9matiques pr\u00e9existantes, au terme d'un processus de mutation culturelle dans lequel l'\u00e9criture joue un r\u00f4le d\u00e9terminant. La critique de l'\u00e9criture, en effet, peut \u00eatre d\u00e9finie comme une derni\u00e8re d\u00e9fense de la parole orale \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l'\u00e9crit pr\u00e9domine d\u00e9sormais.\r\n\r\nC'est en un second temps que Havelock s'est tourn\u00e9 vers les textes des pr\u00e9socratiques eux-m\u00eames. 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Mais l'approche de Havelock n'est pas seulement stylistique.\r\n\r\nLa diffusion progressive, \u00e0 l'\u00e9poque archa\u00efque, de la literacy aux d\u00e9pens de l'oralit\u00e9 requiert l'adoption d'un nouveau langage, qui prend ses distances par rapport au langage mythique et d\u00e9termine ainsi l'\u00e9mergence de la philosophie elle-m\u00eame. Selon Havelock, c'est justement cette relation que Platon n'a pas vue, et c'est de l\u00e0 que provient le caract\u00e8re contradictoire de sa critique \u00e0 l'\u00e9gard de l'\u00e9criture.\r\n\r\nLa th\u00e8se de Havelock n'a pas manqu\u00e9 de susciter des r\u00e9actions parmi les interpr\u00e8tes, en produisant, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une quantit\u00e9 remarquable d'\u00e9tudes consacr\u00e9es \u00e0 ce sujet.\r\n\r\nEn g\u00e9n\u00e9ral, les interpr\u00e8tes ont analys\u00e9 surtout la relation suppos\u00e9e entre le langage des pr\u00e9socratiques et l'\u00e9criture, d'une part, et celle entre l'\u00e9criture et l'\u00e9mergence de la philosophie, d'autre part. 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