Title | Les principes cosmologiques du Platonisme : origines, influences et systématisation |
Type | Edited Book |
Language | French |
Date | 2017 |
Publication Place | Turnhout |
Publisher | Brepols |
Series | Monothéisme et philosophie |
Categories | no categories |
Author(s) | |
Editor(s) | Gavray, Marc-Antoine , Michalewski, Alexandra |
Translator(s) |
Ce volume étudie les mutations de sens que la notion de principe a connues au sein de la cosmologie platonicienne, depuis l’ancienne Académie jusqu’au néoplatonisme tardif. Dans cet intervalle, la question de la nature et du nombre des principes cosmologiques est apparue comme un enjeu central de la défense du platonisme, dans sa confrontation avec les écoles rivales, mais aussi, à partir de l’époque impériale, avec le christianisme. Au sein de cette histoire, les critiques et réceptions aristotéliciennes ont joué un rôle déterminant et ont, d'un certain point de vue, préparé le tournant inauguré par Plotin : de Théophraste, qui le premier articule la causalité du Premier Moteur et l'héritage platonicien des Formes intelligibles, à Alexandre d'Aphrodise, qui critique l'anthropomorphisme inhérent aux théories providentialistes des platoniciens impériaux, les exégètes péripatéticiens ont ouvert des pistes qui seront adaptées et transformées à travers les différents systèmes néoplatoniciens. Reprenant à Alexandre sa critique des conceptions artificialistes de la cosmologie platonicienne, Plotin s'oppose à lui pour défendre l'efficience causale des Formes intelligibles, qu'il définit comme des réalités vivantes et intellectives, en les insérant dans un système de dérivation de toutes choses depuis l'Un. À sa suite, les différents diadoques néoplatoniciens placeront la vie au cœur du monde intelligible, définissant les Formes comme des réalités vivantes et intellectives dotées d’une efficience propre : la puissance de faire advenir des réalités dérivées. [author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/xevkNHC2VXe7Wgm |
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Title | Une histoire néoplatonicienne des principes Simplicius, In Phys., I, 1-2 |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2017 |
Published in | Les principes cosmologiques du Platonisme : origines, influences et systématisation |
Pages | 249-272 |
Categories | no categories |
Author(s) | Gavray, Marc-Antoine |
Editor(s) | Gavray, Marc-Antoine , Michalewski, Alexandra |
Translator(s) |
Saisir le but (σκοπός) de la Physique, souligne Simplicius au début de son Commentaire, implique de la situer au sein de la partie physique de la philosophie, voire de la philosophie d’Aristote dans son ensemble. Elle concerne « les principes de toutes les réalités naturelles en tant que naturelles, c’est-à-dire corporelles ». Par ces mots, Simplicius indique qu’en tant que science des principes, la Physique se place dans une perspective immanente, à la différence de l’approche (platonicienne) qui vise les principes transcendants des êtres naturels. Le présent traité a pour but d’enseigner ce qui appartient en commun à toutes les réalités naturelles en tant qu’elles sont naturelles, c’est-à-dire corporelles. Ce qui leur est commun, ce sont les principes et leurs concomitants. Les principes sont les causes dites au sens propre et les causes accessoires. Selon eux [i.e. les Péripatéticiens], les causes sont la cause productrice et la cause finale, les causes accessoires la forme, la matière et, en général, les éléments. Platon ajoute aux causes la cause paradigmatique, aux causes accessoires la cause instrumentale. La Physique concerne les principes et les concomitants communs, immanents, aux réalités naturelles. Simplicius identifie les principes aux quatre causes, qu’il répartit en deux groupes. Il reconnaît une supériorité à la cause productrice et à la cause finale, ce dont il trouve l’indice dans l’ordre que suit Aristote : matérielle et formelle, puis productrice et finale. Les premières sont des causes immanentes contenues dans le produit, les secondes des causes transcendantes et séparées de lui. Ces dernières sont plus proprement principes au sens où elles désignent ce d’où le produit provient et à quoi il retourne, tout en différant de lui. La séparation renferme le moyen d’en sortir, appelant à une transcendance qui reste néanmoins sur le même plan, celui de la physique. À ce degré, la séparation ne signifie pas la supériorité ontologique du principe, mais seulement son extériorité. De cette distinction, Simplicius conclut qu’Aristote mène une étude conversive des causes, puisqu’il part de la plus basse (la cause matérielle étudiée par les anciens qui ramenaient toute explication à la matière) et termine par la plus éminente (la cause finale, préoccupation ultime du physicien selon le Phédon, où Socrate enjoint à chercher ce en vue de quoi est ce qui vient à exister). Ce faisant, il souligne le soin permanent d’Aristote à provoquer chez le lecteur une prise de conscience progressive de la nécessité de dépasser le plan de la physique pour s’élever à d’autres principes de la nature. La conversion qu’Aristote opère reste néanmoins dans le plan d’immanence des réalités naturelles en tant que naturelles, car la Physique évacue deux types de causes, plus proprement platoniciennes : la cause paradigmatique et la cause instrumentale. Simplicius ne s’étend pas sur cette décision dans son introduction, mais il faut poursuivre le Commentaire pour en trouver les raisons. La cause paradigmatique se distingue de la cause formelle par sa transcendance. Elle est le modèle intellectif qui préside à l’information selon l’aptitude de ce qui le reçoit, « l’essence idéale par soi à l’image de laquelle est façonné ce qui est ici-bas ». Quant à la cause instrumentale, elle se distingue de la cause productrice comme ce au moyen de quoi (δι’ οὗ) à l’égard de ce par quoi (ὑφ’ οὗ) : elle est en quelque sorte une cause productrice intermédiaire et imparfaite, au sens où elle meut tout en étant elle-même mue. Si elle est absente de la Physique, c’est en raison de sa fonction première : commentant le Timée, Proclus explique que la cause instrumentale désigne le principe directement moteur de la matière et de la forme, mais dont le statut est intermédiaire car son rôle moteur provient d’un principe supérieur. Par là, il désigne plus précisément l’Âme du monde, dont la motricité procède ultimement du Démiurge. On le voit, ces deux causes n’ont pas leur place dans la Physique, parce qu’elles font intervenir des principes supérieurs aux réalités naturelles en tant que naturelles : les Idées et le Démiurge. En résumé, la Physique s’occupe des formes dans la matière, les formes non séparées, et elle actualise la cognition en puissance de l’intellect qui se produit au moyen de la sensation et de la représentation. Autrement dit, elle vise à comprendre les formes dans la matière grâce aux modes de connaissance qui leur sont adaptés, sans faire appel à d’autres modes supérieurs de compréhension. En tant que partie de la philosophie, elle examine les principes nécessaires pour saisir le monde (sensible) dans lequel nous vivons, d’un point de vue qui lui est propre et immanent. Sur cette base, je voudrais examiner où Simplicius situe la Physique dans l’histoire de la philosophie, et en particulier dans l’histoire des principes de la nature, en prenant pour cadre la systématicité qu’il trouve chez les philosophes présocratiques. Il s’agira d’un côté de comprendre comment ces principes s’articulent à ceux privilégiés par les formes concurrentes de la physique, celles qui traitent des causes supérieures, et de l’autre de montrer en quoi les Présocratiques expliquent le développement à la fois historique et taxinomique du système physique du néoplatonisme tardif. [introduction p. 249-251] |
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Platon ajoute aux causes la cause paradigmatique, aux causes accessoires la cause instrumentale.\r\n\r\nLa Physique concerne les principes et les concomitants communs, immanents, aux r\u00e9alit\u00e9s naturelles. Simplicius identifie les principes aux quatre causes, qu\u2019il r\u00e9partit en deux groupes. Il reconna\u00eet une sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 la cause productrice et \u00e0 la cause finale, ce dont il trouve l\u2019indice dans l\u2019ordre que suit Aristote : mat\u00e9rielle et formelle, puis productrice et finale. Les premi\u00e8res sont des causes immanentes contenues dans le produit, les secondes des causes transcendantes et s\u00e9par\u00e9es de lui. Ces derni\u00e8res sont plus proprement principes au sens o\u00f9 elles d\u00e9signent ce d\u2019o\u00f9 le produit provient et \u00e0 quoi il retourne, tout en diff\u00e9rant de lui. La s\u00e9paration renferme le moyen d\u2019en sortir, appelant \u00e0 une transcendance qui reste n\u00e9anmoins sur le m\u00eame plan, celui de la physique. \u00c0 ce degr\u00e9, la s\u00e9paration ne signifie pas la sup\u00e9riorit\u00e9 ontologique du principe, mais seulement son ext\u00e9riorit\u00e9.\r\n\r\nDe cette distinction, Simplicius conclut qu\u2019Aristote m\u00e8ne une \u00e9tude conversive des causes, puisqu\u2019il part de la plus basse (la cause mat\u00e9rielle \u00e9tudi\u00e9e par les anciens qui ramenaient toute explication \u00e0 la mati\u00e8re) et termine par la plus \u00e9minente (la cause finale, pr\u00e9occupation ultime du physicien selon le Ph\u00e9don, o\u00f9 Socrate enjoint \u00e0 chercher ce en vue de quoi est ce qui vient \u00e0 exister). 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Title | La puissance de l'intelligible: la théorie plotinienne des Formes au miroir de l'héritage médioplatonicien |
Type | Monograph |
Language | French |
Date | 2015 |
Publication Place | Leuven |
Publisher | Leuven University Press |
Series | De Wulf-Mansion Centre, Ancient and Medieval Philosophy |
Volume | 1 |
Categories | no categories |
Author(s) | Michalewski, Alexandra |
Editor(s) | |
Translator(s) |
L'ouvrage propose une histoire de l’interprétation de la nature des Formes intelligibles d’Antiochus à Plotin. Il met en lumière l’importance du refus plotinien de l’artificialisme médioplatonicien qui considère les Formes comme des pensées du dieu et subordonne leur causalité à celle du démiurge, fabricant du monde. En considérant les Formes comme des réalités vivantes et intellectives, Plotin bouleverse le sens de la causalité paradigmatique de l’intelligible. Il reprend les concepts de la théologie aristotélicienne, les détourne et les met au service d’une théorie de la causalité des intelligibles qui répond aux objections du Stagirite contre l’hypothèse des Formes. S’appuyant sur l’identité de l’intellect et des intelligibles, il montre que c’est précisément en restant en elles-mêmes que les Formes exercent une puissance générative, productrice du sensible. [author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/xzSLdm0SmNASjln |
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Title | La puissance de l'intelligible: la théorie plotinienne des Formes au miroir de l'héritage médioplatonicien |
Type | Monograph |
Language | French |
Date | 2015 |
Publication Place | Leuven |
Publisher | Leuven University Press |
Series | De Wulf-Mansion Centre, Ancient and Medieval Philosophy |
Volume | 1 |
Categories | no categories |
Author(s) | Michalewski, Alexandra |
Editor(s) | |
Translator(s) |
L'ouvrage propose une histoire de l’interprétation de la nature des Formes intelligibles d’Antiochus à Plotin. Il met en lumière l’importance du refus plotinien de l’artificialisme médioplatonicien qui considère les Formes comme des pensées du dieu et subordonne leur causalité à celle du démiurge, fabricant du monde. En considérant les Formes comme des réalités vivantes et intellectives, Plotin bouleverse le sens de la causalité paradigmatique de l’intelligible. Il reprend les concepts de la théologie aristotélicienne, les détourne et les met au service d’une théorie de la causalité des intelligibles qui répond aux objections du Stagirite contre l’hypothèse des Formes. S’appuyant sur l’identité de l’intellect et des intelligibles, il montre que c’est précisément en restant en elles-mêmes que les Formes exercent une puissance générative, productrice du sensible. [author's abstract] |
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Title | Les principes cosmologiques du Platonisme : origines, influences et systématisation |
Type | Edited Book |
Language | French |
Date | 2017 |
Publication Place | Turnhout |
Publisher | Brepols |
Series | Monothéisme et philosophie |
Categories | no categories |
Author(s) | |
Editor(s) | Gavray, Marc-Antoine , Michalewski, Alexandra |
Translator(s) |
Ce volume étudie les mutations de sens que la notion de principe a connues au sein de la cosmologie platonicienne, depuis l’ancienne Académie jusqu’au néoplatonisme tardif. Dans cet intervalle, la question de la nature et du nombre des principes cosmologiques est apparue comme un enjeu central de la défense du platonisme, dans sa confrontation avec les écoles rivales, mais aussi, à partir de l’époque impériale, avec le christianisme. Au sein de cette histoire, les critiques et réceptions aristotéliciennes ont joué un rôle déterminant et ont, d'un certain point de vue, préparé le tournant inauguré par Plotin : de Théophraste, qui le premier articule la causalité du Premier Moteur et l'héritage platonicien des Formes intelligibles, à Alexandre d'Aphrodise, qui critique l'anthropomorphisme inhérent aux théories providentialistes des platoniciens impériaux, les exégètes péripatéticiens ont ouvert des pistes qui seront adaptées et transformées à travers les différents systèmes néoplatoniciens. Reprenant à Alexandre sa critique des conceptions artificialistes de la cosmologie platonicienne, Plotin s'oppose à lui pour défendre l'efficience causale des Formes intelligibles, qu'il définit comme des réalités vivantes et intellectives, en les insérant dans un système de dérivation de toutes choses depuis l'Un. À sa suite, les différents diadoques néoplatoniciens placeront la vie au cœur du monde intelligible, définissant les Formes comme des réalités vivantes et intellectives dotées d’une efficience propre : la puissance de faire advenir des réalités dérivées. [author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/xevkNHC2VXe7Wgm |
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Title | Une histoire néoplatonicienne des principes Simplicius, In Phys., I, 1-2 |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2017 |
Published in | Les principes cosmologiques du Platonisme : origines, influences et systématisation |
Pages | 249-272 |
Categories | no categories |
Author(s) | Gavray, Marc-Antoine |
Editor(s) | Gavray, Marc-Antoine , Michalewski, Alexandra |
Translator(s) |
Saisir le but (σκοπός) de la Physique, souligne Simplicius au début de son Commentaire, implique de la situer au sein de la partie physique de la philosophie, voire de la philosophie d’Aristote dans son ensemble. Elle concerne « les principes de toutes les réalités naturelles en tant que naturelles, c’est-à-dire corporelles ». Par ces mots, Simplicius indique qu’en tant que science des principes, la Physique se place dans une perspective immanente, à la différence de l’approche (platonicienne) qui vise les principes transcendants des êtres naturels. Le présent traité a pour but d’enseigner ce qui appartient en commun à toutes les réalités naturelles en tant qu’elles sont naturelles, c’est-à-dire corporelles. Ce qui leur est commun, ce sont les principes et leurs concomitants. Les principes sont les causes dites au sens propre et les causes accessoires. Selon eux [i.e. les Péripatéticiens], les causes sont la cause productrice et la cause finale, les causes accessoires la forme, la matière et, en général, les éléments. Platon ajoute aux causes la cause paradigmatique, aux causes accessoires la cause instrumentale. La Physique concerne les principes et les concomitants communs, immanents, aux réalités naturelles. Simplicius identifie les principes aux quatre causes, qu’il répartit en deux groupes. Il reconnaît une supériorité à la cause productrice et à la cause finale, ce dont il trouve l’indice dans l’ordre que suit Aristote : matérielle et formelle, puis productrice et finale. Les premières sont des causes immanentes contenues dans le produit, les secondes des causes transcendantes et séparées de lui. Ces dernières sont plus proprement principes au sens où elles désignent ce d’où le produit provient et à quoi il retourne, tout en différant de lui. La séparation renferme le moyen d’en sortir, appelant à une transcendance qui reste néanmoins sur le même plan, celui de la physique. À ce degré, la séparation ne signifie pas la supériorité ontologique du principe, mais seulement son extériorité. De cette distinction, Simplicius conclut qu’Aristote mène une étude conversive des causes, puisqu’il part de la plus basse (la cause matérielle étudiée par les anciens qui ramenaient toute explication à la matière) et termine par la plus éminente (la cause finale, préoccupation ultime du physicien selon le Phédon, où Socrate enjoint à chercher ce en vue de quoi est ce qui vient à exister). Ce faisant, il souligne le soin permanent d’Aristote à provoquer chez le lecteur une prise de conscience progressive de la nécessité de dépasser le plan de la physique pour s’élever à d’autres principes de la nature. La conversion qu’Aristote opère reste néanmoins dans le plan d’immanence des réalités naturelles en tant que naturelles, car la Physique évacue deux types de causes, plus proprement platoniciennes : la cause paradigmatique et la cause instrumentale. Simplicius ne s’étend pas sur cette décision dans son introduction, mais il faut poursuivre le Commentaire pour en trouver les raisons. La cause paradigmatique se distingue de la cause formelle par sa transcendance. Elle est le modèle intellectif qui préside à l’information selon l’aptitude de ce qui le reçoit, « l’essence idéale par soi à l’image de laquelle est façonné ce qui est ici-bas ». Quant à la cause instrumentale, elle se distingue de la cause productrice comme ce au moyen de quoi (δι’ οὗ) à l’égard de ce par quoi (ὑφ’ οὗ) : elle est en quelque sorte une cause productrice intermédiaire et imparfaite, au sens où elle meut tout en étant elle-même mue. Si elle est absente de la Physique, c’est en raison de sa fonction première : commentant le Timée, Proclus explique que la cause instrumentale désigne le principe directement moteur de la matière et de la forme, mais dont le statut est intermédiaire car son rôle moteur provient d’un principe supérieur. Par là, il désigne plus précisément l’Âme du monde, dont la motricité procède ultimement du Démiurge. On le voit, ces deux causes n’ont pas leur place dans la Physique, parce qu’elles font intervenir des principes supérieurs aux réalités naturelles en tant que naturelles : les Idées et le Démiurge. En résumé, la Physique s’occupe des formes dans la matière, les formes non séparées, et elle actualise la cognition en puissance de l’intellect qui se produit au moyen de la sensation et de la représentation. Autrement dit, elle vise à comprendre les formes dans la matière grâce aux modes de connaissance qui leur sont adaptés, sans faire appel à d’autres modes supérieurs de compréhension. En tant que partie de la philosophie, elle examine les principes nécessaires pour saisir le monde (sensible) dans lequel nous vivons, d’un point de vue qui lui est propre et immanent. Sur cette base, je voudrais examiner où Simplicius situe la Physique dans l’histoire de la philosophie, et en particulier dans l’histoire des principes de la nature, en prenant pour cadre la systématicité qu’il trouve chez les philosophes présocratiques. Il s’agira d’un côté de comprendre comment ces principes s’articulent à ceux privilégiés par les formes concurrentes de la physique, celles qui traitent des causes supérieures, et de l’autre de montrer en quoi les Présocratiques expliquent le développement à la fois historique et taxinomique du système physique du néoplatonisme tardif. [introduction p. 249-251] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/JiUJD0OfD6bN2xM |
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Ce faisant, il souligne le soin permanent d\u2019Aristote \u00e0 provoquer chez le lecteur une prise de conscience progressive de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9passer le plan de la physique pour s\u2019\u00e9lever \u00e0 d\u2019autres principes de la nature. La conversion qu\u2019Aristote op\u00e8re reste n\u00e9anmoins dans le plan d\u2019immanence des r\u00e9alit\u00e9s naturelles en tant que naturelles, car la Physique \u00e9vacue deux types de causes, plus proprement platoniciennes : la cause paradigmatique et la cause instrumentale.\r\n\r\nSimplicius ne s\u2019\u00e9tend pas sur cette d\u00e9cision dans son introduction, mais il faut poursuivre le Commentaire pour en trouver les raisons. La cause paradigmatique se distingue de la cause formelle par sa transcendance. Elle est le mod\u00e8le intellectif qui pr\u00e9side \u00e0 l\u2019information selon l\u2019aptitude de ce qui le re\u00e7oit, \u00ab l\u2019essence id\u00e9ale par soi \u00e0 l\u2019image de laquelle est fa\u00e7onn\u00e9 ce qui est ici-bas \u00bb. Quant \u00e0 la cause instrumentale, elle se distingue de la cause productrice comme ce au moyen de quoi (\u03b4\u03b9\u2019 \u03bf\u1f57) \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce par quoi (\u1f51\u03c6\u2019 \u03bf\u1f57) : elle est en quelque sorte une cause productrice interm\u00e9diaire et imparfaite, au sens o\u00f9 elle meut tout en \u00e9tant elle-m\u00eame mue. Si elle est absente de la Physique, c\u2019est en raison de sa fonction premi\u00e8re : commentant le Tim\u00e9e, Proclus explique que la cause instrumentale d\u00e9signe le principe directement moteur de la mati\u00e8re et de la forme, mais dont le statut est interm\u00e9diaire car son r\u00f4le moteur provient d\u2019un principe sup\u00e9rieur. Par l\u00e0, il d\u00e9signe plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00c2me du monde, dont la motricit\u00e9 proc\u00e8de ultimement du D\u00e9miurge. On le voit, ces deux causes n\u2019ont pas leur place dans la Physique, parce qu\u2019elles font intervenir des principes sup\u00e9rieurs aux r\u00e9alit\u00e9s naturelles en tant que naturelles : les Id\u00e9es et le D\u00e9miurge.\r\n\r\nEn r\u00e9sum\u00e9, la Physique s\u2019occupe des formes dans la mati\u00e8re, les formes non s\u00e9par\u00e9es, et elle actualise la cognition en puissance de l\u2019intellect qui se produit au moyen de la sensation et de la repr\u00e9sentation. Autrement dit, elle vise \u00e0 comprendre les formes dans la mati\u00e8re gr\u00e2ce aux modes de connaissance qui leur sont adapt\u00e9s, sans faire appel \u00e0 d\u2019autres modes sup\u00e9rieurs de compr\u00e9hension. En tant que partie de la philosophie, elle examine les principes n\u00e9cessaires pour saisir le monde (sensible) dans lequel nous vivons, d\u2019un point de vue qui lui est propre et immanent.\r\n\r\nSur cette base, je voudrais examiner o\u00f9 Simplicius situe la Physique dans l\u2019histoire de la philosophie, et en particulier dans l\u2019histoire des principes de la nature, en prenant pour cadre la syst\u00e9maticit\u00e9 qu\u2019il trouve chez les philosophes pr\u00e9socratiques. Il s\u2019agira d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de comprendre comment ces principes s\u2019articulent \u00e0 ceux privil\u00e9gi\u00e9s par les formes concurrentes de la physique, celles qui traitent des causes sup\u00e9rieures, et de l\u2019autre de montrer en quoi les Pr\u00e9socratiques expliquent le d\u00e9veloppement \u00e0 la fois historique et taxinomique du syst\u00e8me physique du n\u00e9oplatonisme tardif. [introduction p. 249-251]","btype":2,"date":"2017","language":"French","online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/JiUJD0OfD6bN2xM","doi_url":null,"categories":[],"authors":[{"id":125,"full_name":"Gavray, Marc-Antoine","role":{"id":1,"role_name":"author"}},{"id":125,"full_name":"Gavray, Marc-Antoine","role":{"id":2,"role_name":"editor"}},{"id":553,"full_name":"Michalewski, Alexandra","role":{"id":2,"role_name":"editor"}}],"book":null,"booksection":{"id":1503,"section_of":1491,"pages":"249-272","is_catalog":null,"book":{"id":1491,"bilderberg_idno":null,"dare_idno":null,"catalog_idno":null,"entry_type":"bibliography","type":4,"language":"fr","title":"Les principes cosmologiques du Platonisme : origines, influences et syst\u00e9matisation","title_transcript":"","title_translation":"","short_title":"Gavray2017","has_no_author":null,"volume":null,"date":"2017","edition_no":null,"free_date":null,"abstract":"Ce volume \u00e9tudie les mutations de sens que la notion de principe a connues au sein de la cosmologie platonicienne, depuis l\u2019ancienne Acad\u00e9mie jusqu\u2019au n\u00e9oplatonisme tardif. Dans cet intervalle, la question de la nature et du nombre des principes cosmologiques est apparue comme un enjeu central de la d\u00e9fense du platonisme, dans sa confrontation avec les \u00e9coles rivales, mais aussi, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale, avec le christianisme. Au sein de cette histoire, les critiques et r\u00e9ceptions aristot\u00e9liciennes ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant et ont, d'un certain point de vue, pr\u00e9par\u00e9 le tournant inaugur\u00e9 par Plotin : de Th\u00e9ophraste, qui le premier articule la causalit\u00e9 du Premier Moteur et l'h\u00e9ritage platonicien des Formes intelligibles, \u00e0 Alexandre d'Aphrodise, qui critique l'anthropomorphisme inh\u00e9rent aux th\u00e9ories providentialistes des platoniciens imp\u00e9riaux, les ex\u00e9g\u00e8tes p\u00e9ripat\u00e9ticiens ont ouvert des pistes qui seront adapt\u00e9es et transform\u00e9es \u00e0 travers les diff\u00e9rents syst\u00e8mes n\u00e9oplatoniciens. Reprenant \u00e0 Alexandre sa critique des conceptions artificialistes de la cosmologie platonicienne, Plotin s'oppose \u00e0 lui pour d\u00e9fendre l'efficience causale des Formes intelligibles, qu'il d\u00e9finit comme des r\u00e9alit\u00e9s vivantes et intellectives, en les ins\u00e9rant dans un syst\u00e8me de d\u00e9rivation de toutes choses depuis l'Un. \u00c0 sa suite, les diff\u00e9rents diadoques n\u00e9oplatoniciens placeront la vie au c\u0153ur du monde intelligible, d\u00e9finissant les Formes comme des r\u00e9alit\u00e9s vivantes et intellectives dot\u00e9es d\u2019une efficience propre\u3000: la puissance de faire advenir des r\u00e9alit\u00e9s d\u00e9riv\u00e9es. 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