Title | Les prières en prose de Simplicius, entre rhétorique et théologie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2020 |
Published in | Théories et practiques de la prière à la fin de l'antiquité |
Pages | 209-267 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Hoffmann, Philippe , Timotin, Andrei |
Translator(s) |
Les prières en prose de Simplicius, quant à elles, appartiennent toutes à la catégorie des prières conclusives – dont le modèle est fourni par la prière à Pan à la fin du Phèdre de Platon, qui est une référence pour les prières philosophiques 158. De ce point de vue, formel, elles peuvent être rapprochées de la prière finale de la Réponse à Por- phyre (De Mysteriis) de Jamblique, ou de tel « hymne » en prose de Proclus marquant une césure importante dans la Théologie Platoni- cienne 159. Les autres prières néoplatoniciennes que nous avons citées ou évoquées sont soit des prières initiales soit des prières intervenant dans le cours même d’une œuvre. Mais la comparaison entre toutes ces prières – souvent complexes – et celles de Simplicius n’est pas illégitime et fait apparaître une indéniable parenté : Simplicius s’inscrit dans une tradition spécifiquement néoplatonicienne, où la rhéto- rique de la prière sert à l’expression d’un savoir théologique et d’une forme de piété personnelle dont le lecteur contemporain entend encore les accents. Ses prières sont tout à la fois des prières philosophiques et littéraires, des prières personnelles, des prières demandant des grâces particulières, mais aussi de véritables prières cultuelles, dans la mesure où, comme tous les professeurs néoplatoniciens, Simplicius célèbre par ses commentaires une véritable liturgie en l’honneur des dieux; et l’on a remarqué aussi l’affleurement d’une dimension théurgique que ses prières partagent avec les Hymnes de Proclus. Ces différentes catégories ne doivent pas être opposées, car elles se fondent ici dans l’unité dynamique de l’acte de parole, qui est aussi un élan de l’âme. Car si ces prières sont des textes écrits, leur vertu anagogique ne peut s’actualiser que dans la vibration sonore et les rythmes révélés par l’analyse stylistique, qui demandent à être prononcés et entendus. Le raffinement de l’écriture, ici, appelle une oralisation, et l’on se plaît à imaginer que Simplicius a pu, au moins en son privé, peut-être dans un discours « mental », prononcer ces prières et les faire résonner. Mais parce que ses prières sont l’achèvement de commentaires destinés à des « commençants » et non à des philosophes confirmés, Simplicius s’en tient à des déclarations théologiques élémentaires et s’exprime de façon beaucoup plus sobre que Jamblique ou Proclus ; son style clair et simple parvient à maîtriser la solennité qui est de règle dans des adresses aux dieux 163, mais comme ses prédécesseurs néoplatoniciens il ordonne chacune de ses prières au dieu ou aux dieux qui veillent, de façon précise, sur l’ordre de réalité visé par son enseignement. À tous ces dieux Simplicius demande un accompagnement bienveillant et une aide sur la voie d’une ἀναγωγή indissolublement scientifique et spirituelle qui dépassera la discursivité et à son terme n’aura plus besoin du langage, ni même de prière, car elle s’accomplira dans le Silence. [conclusion, pp. 264-267] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/eXg1Z7UIknMFhi4 |
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Title | Théories et practiques de la prière à la fin de l'antiquité |
Type | Edited Book |
Language | undefined |
Date | 2020 |
Publication Place | Turnhout |
Publisher | Brepols |
Series | Bibliothèque de l'école des hautes études sciences religieuses |
Volume | 185 |
Categories | no categories |
Author(s) | |
Editor(s) | Hoffmann, Philippe , Timotin, Andrei |
Translator(s) |
Ce livre étudie les différents modes de rapport entre les théories et les pratiques de la prière à la fin de l’Antiquité dans un cadre interdisciplinaire qui réunit des spécialistes de l’histoire religieuse des mondes grec et romain, de la philosophie religieuse tardo-antique et de la littérature patristique. [author's abstract] |
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Title | Simplicius’ Corollary on Place: Method of Philosophising and Doctrines |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 2016 |
Published in | Aristotle Re-Interpreted. New Findings on Seven Hundred Years of the Ancient Commentators |
Pages | 531–540 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe , Golitsis, Pantelis |
Editor(s) | Sorabji, Richard |
Translator(s) |
Simplicius’ Corollary on Place (Corollarium de loco) is not a doxographic text but a strictly Neoplatonic philosophical work, with its own philosophical method. It takes the form of a digression interrupting the continuity of Simplicius’ commentary on Aristotle’s Physics (itself a written work intended for readers, hoi entugkhanontes, hoi enteuxomenoi), and its literary genre is that of a monograph treatise using dialectic and exegesis as its principal methods. The dialectical method consists in discussing the opinions of Simplicius’ predecessors, ancient and modern, mainly Aristotle and Proclus, to pave the way for the exposition of the truth, following the method inaugurated by Aristotle in the Topics and still very much alive. It also proceeds by puzzles and solutions (aporiai kai luseis). Th e exegetic method reappears even within a digression which breaks with the continuous commentary and Simplicius devotes sometimes long passages to quoting and commenting on texts from Aristotle, Theophrastus, Proclus, and Damascius, but also from the Chaldaean Oracles, Iamblichus, or Syrianus. Throughout this piece Simplicius maintains complete control over his material which includes the art of rhetoric, dialectical technique, and his philosophic intention. In it, he replaces the Aristotelian defi nition of place (‘the first unmoved boundary of the surrounding body’ (to tou periekhontos peras akinêton prôton), Phys . 4.4, 212a20–1) with a new defi nition taken from his master Damascius (place is the measure of the intrinsic positioning (metron tês theseôs) of the parts of a body, and of its right position in a greater surrounding whole), and he departs from Aristotle’s thought with a radical innovation which progressively works its way in. [introduction p. 531-532] |
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Title | Le σκοπός du traité aristotélicien Du Ciel selon Simplicius. Exégèse, dialectique, théologie |
Type | Article |
Language | French |
Date | 2015 |
Journal | Studia graeco-arabica |
Volume | 5 |
Pages | 27-51 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | |
Translator(s) |
A six-page Prologue introduces the commentary on Aristotle’s De Caelo written by Simplicius after 529 AD. As usual in the exegeses typical of the Neoplatonic schools of late Antiquity, this Prologue addresses a series of preliminary questions that are meant to steer the interpretation in its entirety, as well as to frame the text to be commented upon within the reading canon of the Aristotelian works, which were intended to provide the propaedeutics to the reading canon of Plato’s dialogues. Simplicius addresses the question of the scope of De Caelo, discussing the interpretations advanced by Alexander of Aphrodisias, Iamblichus, and Syrianus. According to Alexander, this treatise deals with the universe as a whole, as well as with the five simple bodies contained in it. It was with Iamblichus, who advocated the idea that for each Platonic dialogue there was only one skopos, that the unity of a philosophical work was raised to the rank of a general rule. According to Iamblichus, the skopos of the De Caelo is the divine body of heaven. As a consequence, the primary elements that depend upon the heavens are included in the treatise. Syrianus deepens the theological tendency implied in Iamblichus’ interpretation: for him, the skopos of the De Caelo is primarily the divine body of heaven, and only secondarily the set of sublunar elements. Simplicius treasures the commentary by Alexander; nevertheless, he questions the skopos assigned by him: Alexander underestimated the importance of the unity of the treatise, even though his intention to account for each and every question raised by Aristotle was laudable. Contrarily, Syrianus was right in emphasizing the theological vein of the De Caelo, but focussed only on the section on the divine body of heaven, playing down books III and IV as if they were only ancillary, thus forgetting that the skopos must account for the whole of the treatise at hand. Between the two positions, Simplicius advocates the idea of a synthetical skopos, following in the footsteps of Iamblichus’ interpretation, but taking systematically into account the best of Alexander’s. The skopos of the De Caelo is the divine heaven, that “communicates” its perfections to the entire universe. Simplicius’ position is revealed to be very different with respect to that of other commentators like Ammonius and Philoponus, who both considered that the title was self-evident and required no special investigation. [Author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/IkThMj3dyL4pqPR |
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Title | Φάος et τόπος. Le fragment 51 (v. 3) des Places (p. 28 Kroll) des Oracles Chaldaïques selon Proclus et Simplicius (Corollarium de loco) |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2014 |
Published in | Oracles Chaldaïques: fragments et philosophie |
Pages | 101-152 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Lecerf, Adrien , Saudelli, Lucia , Seng, Helmut |
Translator(s) |
La longue digression introduite par Simplicius dans son Commentaire à la Physique d’Aristote, qui est consacrée à la notion de « lieu » et qui prend la suite de l’explication continue du texte même d’Aristote (Physique IV 1-5, 208a27 - 213a11), est traditionnellement désignée par le titre (sans support dans la tradition manuscrite) de Corollarium de loco. Avec le Corollarium de tempore, qui accompagne parallèlement l’explication du traité aristotélicien du temps (Physique IV 10-14, 217b29 - 224a17), il constitue un diptyque essentiel pour notre connaissance de la philosophie néoplatonicienne de la Nature, car il offre sur les doctrines néoplatoniciennes de l’espace et du temps des exposés d’importance majeure. Le Corollarium de loco présente, sur 45 pages des CAG, une histoire néoplatonicienne des doctrines du « lieu », d’Aristote à Damascius (et Simplicius lui-même), qui nous a conservé de précieux fragments de deux traités perdus de Proclus et de Damascius, et suit un plan en deux parties très nettement distinguées. Une section dialectique, tout d’abord, dans laquelle Simplicius mène un examen critique des contradictions du dossier aristotélicien (Physique et De caelo), en répondant au traitement par Alexandre d’Aphrodise de la magna quaestio. Il discute dans cette première partie les doctrines antérieures à celle de Damascius (d’Aristote à Syrianus) et s’attache à comprendre les raisons de leur échec. Vient ensuite une pars construens, ou plutôt un exposé systématique consacré à la doctrine véridique du « lieu », celle de Damascius, que Simplicius retouche et précise. Dans la première partie, dialectique, Simplicius consacre près de 13 pages (de l’édition Diels), soit près du tiers de l’ensemble de la digression, à l’examen critique des doctrines du « lieu » qui se sont intéressées à un type de définition rejeté (et négligé) par Aristote, celui qui fait du lieu un « espace » ou une « étendue ». La discussion de ces doctrines (représentées sous des formes diverses par Démocrite, Straton de Lampsaque, Syrianus, et Proclus) est particulièrement importante car, conformément à une méthode d’origine aristotélicienne, l’examen dialectique des opinions consiste non seulement en une critique et une réfutation, mais vise aussi à extraire la part de vérité contenue dans les opinions examinées. La lecture d’ensemble de la digression permet de comprendre que Simplicius a prêté un intérêt tout particulier aux définitions du « lieu » comme « étendue » (corporelle ou incorporelle) parce qu’elles préfiguraient en quelque sorte – de façon certes maladroite et fautive – la doctrine de son maître Damascius. On passe alors de la considération de l’« étendue » à celle de la « distension » néoplatonicienne. En effet, lorsqu’il en vient à l’exposé complet de la doctrine de Damascius, Simplicius met en lumière le fait qu’il y a une liaison fondamentale entre le « lieu » et la « distension », qui se réalise dans la Procession. Le lieu est une détermination « inétendue », qui « œuvre à la perfection des corps », et plus précisément il est la « mesure rassemblante » d’une modalité particulière de la « distension », désignée par le terme de « disposition » : disposition des parties d’une totalité à l’intérieur de cette totalité ou encore position d’un corps à l’intérieur d’un autre corps envisagé comme totalité plus englobante. Malgré l’autorité dont Proclus est revêtu aux yeux de tous les néoplatoniciens de la fin de l’Antiquité, et malgré le respect profond que Simplicius éprouve pour lui, il lui importe ici de réfuter que le lieu soit un corps, fût-ce un corps immatériel, afin que le lieu puisse ultérieurement être défini comme une mesure inétendue et incorporelle de la « distension » des corps (Damascius). Dans le traité perdu dont des passages centraux sont conservés par Simplicius, Proclus démontre sa doctrine par la conjonction d’une démarche proprement philosophique et apodictique, et par un recours à deux confirmations offertes par des autorités sacrées : la Raison rencontre la Révélation. La première démarche part de prémisses aristotéliciennes (Physique IV 4, 212a2-6). Elle promeut l’hypothèse selon laquelle le « lieu » serait une « étendue », et elle démontre que c’est une « étendue » corporelle, comprise comme sphère de lumière pure coïncidant avec la sphère cosmique : un corps immobile, indivisible, immatériel. La seconde démarche consiste à poser la concordance de cette conclusion rationnelle avec les données du mythe d’Er dans la République, et avec le sens attribué à un vers chaldaïque qui énonce de façon mystérieuse que l’Âme du Monde « anime de fond en comble lumière, feu, éther, mondes ». Le lieu-lumière démontré par la procédure rationnelle est enseigné par le sens profond (et caché) que l’on décèle dans le mythe (c’est la colonne de lumière de République X 616b4-c4) et dans la parole même des dieux. Le commentaire de Proclus sur la République identifie parallèlement la lumière de République X au lieu du Ciel, réaffirme son identité avec la lumière chaldaïque, et fait référence à ce traité en offrant une doctrine tout à fait concordante. L’autorité des Oracles Chaldaïques est pour les néoplatoniciens de cette époque la source ultime de la Vérité, et Simplicius engage contre Proclus, pas à pas, une longue discussion exégétique sur le sens de cet Oracle. Cette discussion est un document exceptionnel sur l’intérêt porté aux Oracles Chaldaïques par Simplicius, au sein même d’un commentaire sur Aristote et sur une question de physique. L’objet des pages qui suivent est de proposer une traduction commentée de l’ensemble du texte de Simplicius (In Phys. 611,8 - 618,7 D.), de façon à montrer l’osmose entre la démarche proprement philosophique de Simplicius (et de Proclus), qui correspond à une recherche de Physique, et l’opération herméneutique appliquée à une parole oraculaire, laquelle est une confirmation d’un raisonnement et une expérience de foi puisqu’elle porte sur un objet divin. La traduction du texte de Simplicius sera précédée de quelques remarques préliminaires sur l’Oracle 51. Le texte grec de Simplicius est accessible à la fois dans l’édition de Diels et dans l’édition mise en ligne déjà mentionnée (éd. Golitsis-Hoffmann). [introduction p. 101-106] |
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Cette discussion est un document exceptionnel sur l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 aux Oracles Chalda\u00efques par Simplicius, au sein m\u00eame d\u2019un commentaire sur Aristote et sur une question de physique.\r\n\r\nL\u2019objet des pages qui suivent est de proposer une traduction comment\u00e9e de l\u2019ensemble du texte de Simplicius (In Phys. 611,8 - 618,7 D.), de fa\u00e7on \u00e0 montrer l\u2019osmose entre la d\u00e9marche proprement philosophique de Simplicius (et de Proclus), qui correspond \u00e0 une recherche de Physique, et l\u2019op\u00e9ration herm\u00e9neutique appliqu\u00e9e \u00e0 une parole oraculaire, laquelle est une confirmation d\u2019un raisonnement et une exp\u00e9rience de foi puisqu\u2019elle porte sur un objet divin. La traduction du texte de Simplicius sera pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de quelques remarques pr\u00e9liminaires sur l\u2019Oracle 51. Le texte grec de Simplicius est accessible \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9dition de Diels et dans l\u2019\u00e9dition mise en ligne d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e (\u00e9d. Golitsis-Hoffmann). 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Title | Science théologique et foi selon le commentaire de Simplicius au De Caelo d’Aristote |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2014 |
Published in | De l'Antiquité tardive au Moyen Âge. Études de logique aristotélicienne et de philosophie grecque, syriaque, arabe et latine offertes à Henri Hugonnard-Roche |
Pages | 277-363 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Coda, Elisa , Martini Bonadeo, Cecilia |
Translator(s) |
En hommage aux recherches de Henri Hugonnard-Roche sur la philosophie naturelle dans le Moyen Âge latin, sur l’astronomie et la cosmologie, mais aussi sur les commentaires arabes au De Caelo d’Aristote, et plus généralement sur la postérité syriaque et arabe de la pensée aristotélicienne, cette étude générale portera sur un texte grec de l’Antiquité tardive : le commentaire de Simplicius au De Caelo. Son propos est de considérer la nature de la religion philosophique néoplatonicienne dans le commentaire de Simplicius et d’en proposer une interprétation d’ensemble, en nouant les fils d’une recherche engagée dans trois publications antérieures : un article ancien consacré à la polémique de Simplicius contre Jean Philopon et à la question de la structure physique de la substance céleste, et deux autres études, plus récentes, consacrées à la triade chaldaïque Amour - Vérité - Foi (Érōs, Alêtheia, Pistis), qui a été formalisée par Proclus comme principe dynamique de la prière, et sur laquelle les commentaires à la Physique et au De Caelo offrent de précieux témoignages. Cette triade de puissances anagogiques est à l’œuvre notamment dans cet « hymne » au Démiurge que constitue le Commentaire au De Caelo. Au cours de la présente enquête, consacrée à une interprétation globale de l’œuvre de Simplicius, on complétera le dossier déjà rassemblé au sujet de la triade chaldaïque, en produisant notamment deux textes supplémentaires de Simplicius qui confirment explicitement que l’élaboration d’une pistis philosophique, à l’extrême fin de l’Antiquité, doit se comprendre dans le contexte de la controverse païenne contre l’« athéisme » chrétien. La traduction commentée d’un long extrait du commentaire, en annexe, permettra enfin d’étudier de près les présupposés spécifiquement néoplatoniciens qui guident l’exégète dans sa lecture d’Aristote, et les enjeux théologiques qui dominent son interprétation du De Caelo et préparent, dans l’expérience de la Foi, une union de « sympathie » avec la substance même du Ciel et avec le Démiurge. L’étude des œuvres philosophiques de l’Antiquité tardive, principalement des textes néoplatoniciens grecs, favorisée par un nombre impressionnant d’éditions critiques d’importance majeure, a connu ces dernières décennies un profond renouvellement herméneutique, grâce à une compréhension toujours approfondie des doctrines elles-mêmes, mais aussi à une attention accrue portée aux dimensions rhétoriques de ces textes, comme aux enjeux historiques, politiques, religieux, qui sont inséparables du très complexe système philosophique en devenir, forgé pendant près de quatre siècles, de Porphyre jusqu’aux derniers professeurs d’Alexandrie. L’étude du néoplatonisme ne peut être séparée de l’histoire générale, politique et religieuse, de l’Antiquité tardive. La théologie savante et la philosophie sont intimement liées, soit que la théologie apparaisse comme une « partie » de la philosophie, soit que l’ensemble du système philosophique se désigne lui-même comme une théologie, ainsi que le montrent les ouvrages majeurs de Proclus, intitulés Peri tôn kata Platōna Theologias (Théologie Platonicienne) ou Stoicheiosis Theologikê (Éléments de théologie), qui présentent selon des modes d’exposition très différents le déploiement de l’ensemble du système. La théologie savante s’enrichit et s’accompagne d’autres dimensions relevant du mode de vie même des philosophes néoplatoniciens et de leurs pratiques : rituels théurgiques, formes diverses de la piété à l’égard des dieux (eusebeia), mais aussi religion personnelle ou encore engagement dans la polémique anti-chrétienne. L’interprétation des textes eux-mêmes a été renouvelée par une attention accrue portée aux genres littéraires philosophiques et à la dimension pragmatique des œuvres. Les analyses de Pierre Hadot, en particulier, nourries d’une réflexion sur les « jeux de langage » de Wittgenstein, ont contribué à renouveler l’interprétation des commentaires néoplatoniciens, ceux de Simplicius notamment, envisagés comme des œuvres littéraires à part entière, avec leur régime spécifique de systématicité, leurs règles, leurs codes, leurs finalités pragmatiques propres. Au-delà de l’érudition scientifique et de la puissance conceptuelle qui caractérise le discours philosophique – nourri à la fois de la tradition péripatéticienne et des recherches des exégètes néoplatoniciens depuis Plotin et Porphyre – ces commentaires doivent se comprendre aussi comme des exercices de méditation spirituelle à finalité anagogique, que l’auteur pratique à la fois pour lui-même et pour ses destinataires, auditeurs ou lecteurs. Par leur dimension pragmatique, ils relèvent de la vie philosophique (bios) et ne sont plus seulement des éléments du discours philosophique (logos). [introduction p. 277-279] |
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Au cours de la pr\u00e9sente enqu\u00eate, consacr\u00e9e \u00e0 une interpr\u00e9tation globale de l\u2019\u0153uvre de Simplicius, on compl\u00e9tera le dossier d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9 au sujet de la triade chalda\u00efque, en produisant notamment deux textes suppl\u00e9mentaires de Simplicius qui confirment explicitement que l\u2019\u00e9laboration d\u2019une pistis philosophique, \u00e0 l\u2019extr\u00eame fin de l\u2019Antiquit\u00e9, doit se comprendre dans le contexte de la controverse pa\u00efenne contre l\u2019\u00ab ath\u00e9isme \u00bb chr\u00e9tien.\r\n\r\nLa traduction comment\u00e9e d\u2019un long extrait du commentaire, en annexe, permettra enfin d\u2019\u00e9tudier de pr\u00e8s les pr\u00e9suppos\u00e9s sp\u00e9cifiquement n\u00e9oplatoniciens qui guident l\u2019ex\u00e9g\u00e8te dans sa lecture d\u2019Aristote, et les enjeux th\u00e9ologiques qui dominent son interpr\u00e9tation du De Caelo et pr\u00e9parent, dans l\u2019exp\u00e9rience de la Foi, une union de \u00ab sympathie \u00bb avec la substance m\u00eame du Ciel et avec le D\u00e9miurge.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude des \u0153uvres philosophiques de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive, principalement des textes n\u00e9oplatoniciens grecs, favoris\u00e9e par un nombre impressionnant d\u2019\u00e9ditions critiques d\u2019importance majeure, a connu ces derni\u00e8res d\u00e9cennies un profond renouvellement herm\u00e9neutique, gr\u00e2ce \u00e0 une compr\u00e9hension toujours approfondie des doctrines elles-m\u00eames, mais aussi \u00e0 une attention accrue port\u00e9e aux dimensions rh\u00e9toriques de ces textes, comme aux enjeux historiques, politiques, religieux, qui sont ins\u00e9parables du tr\u00e8s complexe syst\u00e8me philosophique en devenir, forg\u00e9 pendant pr\u00e8s de quatre si\u00e8cles, de Porphyre jusqu\u2019aux derniers professeurs d\u2019Alexandrie.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude du n\u00e9oplatonisme ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale, politique et religieuse, de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive. 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Les analyses de Pierre Hadot, en particulier, nourries d\u2019une r\u00e9flexion sur les \u00ab jeux de langage \u00bb de Wittgenstein, ont contribu\u00e9 \u00e0 renouveler l\u2019interpr\u00e9tation des commentaires n\u00e9oplatoniciens, ceux de Simplicius notamment, envisag\u00e9s comme des \u0153uvres litt\u00e9raires \u00e0 part enti\u00e8re, avec leur r\u00e9gime sp\u00e9cifique de syst\u00e9maticit\u00e9, leurs r\u00e8gles, leurs codes, leurs finalit\u00e9s pragmatiques propres.\r\n\r\nAu-del\u00e0 de l\u2019\u00e9rudition scientifique et de la puissance conceptuelle qui caract\u00e9rise le discours philosophique \u2013 nourri \u00e0 la fois de la tradition p\u00e9ripat\u00e9ticienne et des recherches des ex\u00e9g\u00e8tes n\u00e9oplatoniciens depuis Plotin et Porphyre \u2013 ces commentaires doivent se comprendre aussi comme des exercices de m\u00e9ditation spirituelle \u00e0 finalit\u00e9 anagogique, que l\u2019auteur pratique \u00e0 la fois pour lui-m\u00eame et pour ses destinataires, auditeurs ou lecteurs. 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Ce volume r\u00e9unit des sp\u00e9cialistes des disciplines du domaine voulant rendre hommage \u00e0 un coll\u00e8gue dont l\u2019activit\u00e9 a ouvert une voie, Henri Hugonnard-Roche.\r\nSp\u00e9cialiste de la transmission du grec au syriaque de la logique aristot\u00e9licienne, Henri Hugonnard-Roche a montr\u00e9 par ses recherches la continuit\u00e9 entre la philosophie de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive et la pens\u00e9e des chr\u00e9tiens de langue syriaque d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des savants musulmans \u00e9crivant en arabe, de l\u2019autre. R\u00e9unis souvent par ce que Werner Jaeger avait autrefois d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab la port\u00e9e \u0153cum\u00e9nique de l\u2019Antiquit\u00e9 classique \u00bb, des musulmans et des chr\u00e9tiens faisant partie d\u2019un cercle philosophique se penchaient, dans la ville de Bagdad au Xe si\u00e8cle, sur le texte d\u2019Aristote. Leur \u00ab Aristote \u00bb \u00e9tait souvent celui de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive : l\u2019Aristote de l\u2019\u00e9cole n\u00e9oplatonicienne d\u2019Alexandrie que les intellectuels de la Syrie chr\u00e9tienne avaient d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 quelque quatre si\u00e8cles auparavant et qu\u2019ils avaient traduit, en m\u00eame temps que Galien, et parfois comment\u00e9. Des noms presque inconnus comme celui de Sergius de Resh\u2019ayna (mort en 536) commencent dans nos manuels \u00e0 en c\u00f4toyer d\u2019autres bien plus connus, comme celui de Bo\u00e8ce, gr\u00e2ce aux recherches de Henri Hugonnard-Roche. Ce volume, par la vari\u00e9t\u00e9 des langues qui s\u2019y entrem\u00ealent, des traditions de pens\u00e9e qu\u2019il fait fusionner, par l\u2019acribie des contributions et le caract\u00e8re novateur des \u00e9ditions de textes et des \u00e9tudes ponctuelles qu\u2019il contient, t\u00e9moigne du rayonnement international du savant auquel il est offert, et de l\u2019effervescence du domaine de recherche auquel il a si grandement contribu\u00e9. [Author's abstract]","republication_of":null,"online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/j7haSVMVm5wa9du","translation_of":null,"new_edition_of":null,"is_catalog":0,"in_bibliography":0,"is_inactive":0,"notes":null,"doi_url":null,"book":{"id":360,"pubplace":"Paris","publisher":"Vrin","series":"\u00c9tudes musulmanes","volume":"","edition_no":"","valid_from":null,"valid_until":null}}},"article":null},"sort":[2014]}
Title | Simplicius et le “lieu”. À propos d’une nouvelle édition du Corollarium de loco |
Type | Article |
Language | French |
Date | 2014 |
Journal | Revue des Études Grecques |
Volume | 127 |
Issue | 1 |
Pages | 119-175 |
Categories | no categories |
Author(s) | Golitsis, Pantelis , Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | |
Translator(s) |
The digression labelled “Corollarium de loco” by Hermann Diels in his edition of Simplicius’ commentary on Aristotle’s Physics (Commentaria in Aristotelem Graeca, IX, Berlin 1882) is a key text in the debate - often referred to by specialists as magna quaestio - generated by an apparent lack of consistency between Aristotle’s definition of ‘place’ (topos) as “the first unmoved boundary of the surrounding body” (Phys. IV, 4, 212 a 20-21) and his assertion that the Heaven moves in a circle while not being ‘somewhere’, since it is not surrounded by any body that would be exterior to it. Following the steps of his master Damascius, and at the end of a long discussion initiated by Neoplatonists after Plotinus (principally by Iamblichus, Proclus and Syrianus), Simplicius replaces Aristotle’s definition with a new definition of place as a “gathering (or uniting) measure” (metron sunagôgon), which is one of the four “measures” (number, size, place, time) or gathering powers that protect the intelligible and sensible entities against the dangers of the dispersion related to the procession of reality. This doctrine places physics in a decidedly theological perspective since, in last analysis, these uniting powers derive from the One or Good per se. Our understanding of this crucial text for our knowledge of the Neoplatonic philosophy of Nature will be improved thanks to a new critical edition (with French translation and notes), to be published soon in the collection “Commentaria in Aristotelem Graeca and Byzantina” (by Walter de Gruyter) under the auspices of the Academy of Sciences of Bcrlin-Brandenburg. The new edition is based not only on a fresh collation of the two manuscripts used by Diels (Marciani graeci 227 and 229) but also on a Moscow manuscript (Mosquensis Muz. 3649) unknown to the German scholar, since it belonged during the nineteenth century to a private Russian collection. [Author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/CopNdLIRs5QEoZb |
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Title | Un grief antichrétien chez Proclus: l'ignorance en théologie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2012 |
Published in | Les chrétiens et l’hellénisme: identités religieuses et culture grecque dans l’Antiquité tardive |
Pages | 161-197 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Perrot, Arnaud |
Translator(s) |
Concluons brièvement. Le dossier de textes que nous venons d’étudier montre que Proclus n’appréhendait la réalité de son temps, et les chrétiens qui l’entouraient, qu’avec des schèmes de pensée directement issus de la science philosophique platonicienne construite et enseignée par lui-même et par les philosophes de son école. La théorie de l’âme qui lui permet de comprendre l’état d’«ignorance» dans lequel se trouvent les chrétiens est directement issue du Livre IV de la République de Platon. La doctrine de l’oubli (lêthê) est elle aussi platonicienne et permet de situer les âmes ignorantes des chrétiens, incarnées et individuelles, dans l’horizon indépassable qui est le leur – le monde de la génésis. La théorie proclienne de la causalité, qui lie la puissance de la Cause à l’extension de ses effets, renforce l’explication par «l’oubli». Et le monothéisme rudimentaire des chrétiens prend son sens par rapport à (et en décalage avec) l’architecture majestueuse de la Théologie platonicienne, qui déploie les ordres divins à partir de l’Un-Bien. Ce monothéisme est comme un lambeau appauvri d’une science théologique à laquelle les chrétiens sont étrangers, tout comme leur est inaccessible l’expérience ultime de la vision unitive. Cette perception de la réalité peut sans doute être mise en relation avec une attitude politique prudente de Proclus, qui ne cherchait pas à provoquer les chrétiens en dépit des difficultés, ainsi que l’a justement suggéré H. D. Saffrey. Au début du VIe siècle, les choses changent, la situation des païens s’assombrit encore – en dépit, ou à cause, de la restauration de l’école néoplatonicienne d’Athènes et de l’enseignement philosophique sous la direction de Damascius – et le ton se durcit : le panorama des âges de l’Humanité, dans la Vie d’Isidore de Damascius, qui ouvrait cette enquête, laisse éclater une indignation véhémente contre l’Empire chrétien, qui se retrouve ensuite chez Simplicius. L’on sait ce que fut l’édit de Justinien en 529, et quelles furent ses conséquences. Mais s’il est une chose qui n’a pas varié, c’est probablement la conscience hautaine que les derniers néoplatoniciens avaient d’être les détenteurs de l’authentique science théologique. Étaient-ils complètement inconscients de la grandeur doctrinale et spirituelle, et de l’ampleur quantitative, de la littérature chrétienne des premiers siècles ? Peut-on penser qu’ils ignoraient vraiment les œuvres de leurs adversaires ? Nous n’entendons que leur silence... [conclusion p. 196-197] |
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Title | Les bibliothèques philosophiques d’après le témoignage de la littérature néoplatonicienne des Ve et VIe siècles |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2007 |
Published in | The Libraries of the Neoplatonists. Proceedings of the Meeting of the European Science Foundation Network "Late Antiquity and Arabic Thought: Patterns in the Constitution of European Culture", Strasbourg, March 12-14, 2004 under the Scientific Committee of the meeting, composed by Matthias Baltes, Michel Cacouros, Cristina D’Ancona, Tiziano Dorandi, Gerhard Endreß, Philippe Hoffmann, Henri Hugonnard Roche |
Pages | 135-153 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | D'Ancona Costa, Cristina |
Translator(s) |
L’enquête que nous venons de mener est semée d’incertitudes, et elle est souvent aporétique. Mais quelques conclusions peuvent être tirées de façon prudente. L’enseignement dispensé dans les écoles néoplatoniciennes suivait un programme qui, depuis les diverses propédeutiques jusqu’à l’étude des poèmes “révélés”, impliquait l’usage de livres – le programme pouvant être interprété comme une sorte de “catalogue idéal”. La pratique du commentaire, essentielle dans ces milieux, semble s’être accompagnée, dans certains cas du moins, d’un usage de manuscrits – sans doute de grand format – dans les marges desquels étaient consignés des développements exégétiques (et l’on aimerait mieux savoir quel type d’écriture pouvait être alors utilisé : faut-il imaginer parfois un recours à une micrographie, comme dans l’exemple byzantin du Vaticanus Urbinas gr. 35, copié pour Aréthas vers 900 ?). Sur certains dossiers, comme celui de l’origine des modèles de la “Collection philosophique” (la bibliothèque de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie ?), la recherche a progressé, mettant en lumière le rôle probable de Stéphanos d’Alexandrie dans le transfert à Constantinople, au début du VIIᵉ siècle, des modèles tardo-antiques de la Collection. Cet exemple montre que l’on peut attendre, au gré des recherches, un progrès de nos connaissances, par-delà les considérations souvent hypothétiques qui ont été ici présentées. [conclusion p. 152-153] |
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Title | What was Commentary in Late Antiquity? The Example of the Neoplatonic Commentators |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 2006 |
Published in | A Companion to Ancient Philosophy |
Pages | 597-622 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Gill, Mary Louise , Pellegrin, Pierre |
Translator(s) |
Neoplatonic thought at the end of antiquity - like that of most of the schools of the Hellenistic and Roman period - has an essentially exegetical and scholastic dimension. Beginning with the classical and Hellenistic period, philosophy in Greece is inseparable from the existence of schools (private or public), often organized as places of communal life (sunousia), in which the explication of the texts of the school's founders came to be one of the main activities. The practice of exegesis of written texts supplanted the ancient practice of dialogue. It was sustained through its application to canonical texts, and was put to everyday use in the framework of courses in the explication of texts. The social reality of the school as an institution, with its hierarchy, its diadochos (i.e., the successor to the school’s founder), its structure as a conventicle in which communal life was practiced, its library, its regulation of time, and its programs organized around the reading of canonical texts, constitutes a concrete context into which we should reinsert the practice of exegesis, which is the heart of philosophical pedagogy and the matrix of doctrinal and dogmatic works. [Author's abstract] |
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Title | Simplicius. Commentaire sur les ‹Catégories› d’Aristote, Chapitres 2–4 |
Type | Edited Book |
Language | French |
Date | 2001 |
Publication Place | Paris |
Publisher | Les Belles Lettres |
Categories | no categories |
Author(s) | Simplicius |
Editor(s) | |
Translator(s) | Hoffmann, Philipe(Hoffmann, Philippe ) , |
Ce volume prend la suite des deux fascicules publies dans la serie Philosophia antiqua (Simplicius. Commentaire sur les Categories, fasc. I: Proeme, trad. de Ph. Hoffmann, commentaire par I. Hadot [vol. 50], et fasc. III: Premier chapitre, trad. de Ph. Hoffmann, commentaire par C. Luna, Leiden-Kobenhavn-Koln 1990 [vol. 51]). Il sera suivi d'autres volumes qui, nous l'esperons, permettront de donner une traduction francaise integrale du commentaire de Simplicius sur les Categories. Ce volume, consacre aux chapitres 2 a 4 des Categories, par lesquels se termine le preambule a l'expose des categories proprement dit, a pris une ampleur considerable a cause de la comparaison analytique avec les sept autres commentaires neoplatonciens sur les Categories: Porphyre, Dexippe, Ammonius, Philopon, Olympiodore, Elias, Boece. Cela nous a permis d'etablir les rapports entre ces textes et de decrire la technique exegetique propre a chacun d'entre eux. Ces resultats une fois acquis, il sera possible de reduire considerablement la taille des volumes qui vont suivre. [author's abstract] |
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Title | Le σκοπός du traité aristotélicien Du Ciel selon Simplicius. Exégèse, dialectique, théologie |
Type | Article |
Language | French |
Date | 2015 |
Journal | Studia graeco-arabica |
Volume | 5 |
Pages | 27-51 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | |
Translator(s) |
A six-page Prologue introduces the commentary on Aristotle’s De Caelo written by Simplicius after 529 AD. As usual in the exegeses typical of the Neoplatonic schools of late Antiquity, this Prologue addresses a series of preliminary questions that are meant to steer the interpretation in its entirety, as well as to frame the text to be commented upon within the reading canon of the Aristotelian works, which were intended to provide the propaedeutics to the reading canon of Plato’s dialogues. Simplicius addresses the question of the scope of De Caelo, discussing the interpretations advanced by Alexander of Aphrodisias, Iamblichus, and Syrianus. According to Alexander, this treatise deals with the universe as a whole, as well as with the five simple bodies contained in it. It was with Iamblichus, who advocated the idea that for each Platonic dialogue there was only one skopos, that the unity of a philosophical work was raised to the rank of a general rule. According to Iamblichus, the skopos of the De Caelo is the divine body of heaven. As a consequence, the primary elements that depend upon the heavens are included in the treatise. Syrianus deepens the theological tendency implied in Iamblichus’ interpretation: for him, the skopos of the De Caelo is primarily the divine body of heaven, and only secondarily the set of sublunar elements. Simplicius treasures the commentary by Alexander; nevertheless, he questions the skopos assigned by him: Alexander underestimated the importance of the unity of the treatise, even though his intention to account for each and every question raised by Aristotle was laudable. Contrarily, Syrianus was right in emphasizing the theological vein of the De Caelo, but focussed only on the section on the divine body of heaven, playing down books III and IV as if they were only ancillary, thus forgetting that the skopos must account for the whole of the treatise at hand. Between the two positions, Simplicius advocates the idea of a synthetical skopos, following in the footsteps of Iamblichus’ interpretation, but taking systematically into account the best of Alexander’s. The skopos of the De Caelo is the divine heaven, that “communicates” its perfections to the entire universe. Simplicius’ position is revealed to be very different with respect to that of other commentators like Ammonius and Philoponus, who both considered that the title was self-evident and required no special investigation. [Author's abstract] |
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Title | Les bibliothèques philosophiques d’après le témoignage de la littérature néoplatonicienne des Ve et VIe siècles |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2007 |
Published in | The Libraries of the Neoplatonists. Proceedings of the Meeting of the European Science Foundation Network "Late Antiquity and Arabic Thought: Patterns in the Constitution of European Culture", Strasbourg, March 12-14, 2004 under the Scientific Committee of the meeting, composed by Matthias Baltes, Michel Cacouros, Cristina D’Ancona, Tiziano Dorandi, Gerhard Endreß, Philippe Hoffmann, Henri Hugonnard Roche |
Pages | 135-153 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | D'Ancona Costa, Cristina |
Translator(s) |
L’enquête que nous venons de mener est semée d’incertitudes, et elle est souvent aporétique. Mais quelques conclusions peuvent être tirées de façon prudente. L’enseignement dispensé dans les écoles néoplatoniciennes suivait un programme qui, depuis les diverses propédeutiques jusqu’à l’étude des poèmes “révélés”, impliquait l’usage de livres – le programme pouvant être interprété comme une sorte de “catalogue idéal”. La pratique du commentaire, essentielle dans ces milieux, semble s’être accompagnée, dans certains cas du moins, d’un usage de manuscrits – sans doute de grand format – dans les marges desquels étaient consignés des développements exégétiques (et l’on aimerait mieux savoir quel type d’écriture pouvait être alors utilisé : faut-il imaginer parfois un recours à une micrographie, comme dans l’exemple byzantin du Vaticanus Urbinas gr. 35, copié pour Aréthas vers 900 ?). Sur certains dossiers, comme celui de l’origine des modèles de la “Collection philosophique” (la bibliothèque de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie ?), la recherche a progressé, mettant en lumière le rôle probable de Stéphanos d’Alexandrie dans le transfert à Constantinople, au début du VIIᵉ siècle, des modèles tardo-antiques de la Collection. Cet exemple montre que l’on peut attendre, au gré des recherches, un progrès de nos connaissances, par-delà les considérations souvent hypothétiques qui ont été ici présentées. [conclusion p. 152-153] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/Yfl8Gt8Sgf5xdCH |
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Title | Les prières en prose de Simplicius, entre rhétorique et théologie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2020 |
Published in | Théories et practiques de la prière à la fin de l'antiquité |
Pages | 209-267 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Hoffmann, Philippe , Timotin, Andrei |
Translator(s) |
Les prières en prose de Simplicius, quant à elles, appartiennent toutes à la catégorie des prières conclusives – dont le modèle est fourni par la prière à Pan à la fin du Phèdre de Platon, qui est une référence pour les prières philosophiques 158. De ce point de vue, formel, elles peuvent être rapprochées de la prière finale de la Réponse à Por- phyre (De Mysteriis) de Jamblique, ou de tel « hymne » en prose de Proclus marquant une césure importante dans la Théologie Platoni- cienne 159. Les autres prières néoplatoniciennes que nous avons citées ou évoquées sont soit des prières initiales soit des prières intervenant dans le cours même d’une œuvre. Mais la comparaison entre toutes ces prières – souvent complexes – et celles de Simplicius n’est pas illégitime et fait apparaître une indéniable parenté : Simplicius s’inscrit dans une tradition spécifiquement néoplatonicienne, où la rhéto- rique de la prière sert à l’expression d’un savoir théologique et d’une forme de piété personnelle dont le lecteur contemporain entend encore les accents. Ses prières sont tout à la fois des prières philosophiques et littéraires, des prières personnelles, des prières demandant des grâces particulières, mais aussi de véritables prières cultuelles, dans la mesure où, comme tous les professeurs néoplatoniciens, Simplicius célèbre par ses commentaires une véritable liturgie en l’honneur des dieux; et l’on a remarqué aussi l’affleurement d’une dimension théurgique que ses prières partagent avec les Hymnes de Proclus. Ces différentes catégories ne doivent pas être opposées, car elles se fondent ici dans l’unité dynamique de l’acte de parole, qui est aussi un élan de l’âme. Car si ces prières sont des textes écrits, leur vertu anagogique ne peut s’actualiser que dans la vibration sonore et les rythmes révélés par l’analyse stylistique, qui demandent à être prononcés et entendus. Le raffinement de l’écriture, ici, appelle une oralisation, et l’on se plaît à imaginer que Simplicius a pu, au moins en son privé, peut-être dans un discours « mental », prononcer ces prières et les faire résonner. Mais parce que ses prières sont l’achèvement de commentaires destinés à des « commençants » et non à des philosophes confirmés, Simplicius s’en tient à des déclarations théologiques élémentaires et s’exprime de façon beaucoup plus sobre que Jamblique ou Proclus ; son style clair et simple parvient à maîtriser la solennité qui est de règle dans des adresses aux dieux 163, mais comme ses prédécesseurs néoplatoniciens il ordonne chacune de ses prières au dieu ou aux dieux qui veillent, de façon précise, sur l’ordre de réalité visé par son enseignement. À tous ces dieux Simplicius demande un accompagnement bienveillant et une aide sur la voie d’une ἀναγωγή indissolublement scientifique et spirituelle qui dépassera la discursivité et à son terme n’aura plus besoin du langage, ni même de prière, car elle s’accomplira dans le Silence. [conclusion, pp. 264-267] |
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De ce point de vue, formel, elles peuvent \u00eatre rapproch\u00e9es de la pri\u00e8re finale de la R\u00e9ponse \u00e0 Por-\r\nphyre (De Mysteriis) de Jamblique, ou de tel \u00ab hymne \u00bb en prose de Proclus marquant une c\u00e9sure importante dans la Th\u00e9ologie Platoni-\r\ncienne 159. Les autres pri\u00e8res n\u00e9oplatoniciennes que nous avons cit\u00e9es ou \u00e9voqu\u00e9es sont soit des pri\u00e8res initiales soit des pri\u00e8res intervenant \r\ndans le cours m\u00eame d\u2019une \u0153uvre. Mais la comparaison entre toutes ces pri\u00e8res \u2013 souvent complexes \u2013 et celles de Simplicius n\u2019est pas \r\nill\u00e9gitime et fait appara\u00eetre une ind\u00e9niable parent\u00e9 : Simplicius s\u2019inscrit dans une tradition sp\u00e9cifiquement n\u00e9oplatonicienne, o\u00f9 la rh\u00e9to-\r\nrique de la pri\u00e8re sert \u00e0 l\u2019expression d\u2019un savoir th\u00e9ologique et d\u2019une forme de pi\u00e9t\u00e9 personnelle dont le lecteur contemporain entend encore \r\nles accents. 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Title | Science théologique et foi selon le commentaire de Simplicius au De Caelo d’Aristote |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2014 |
Published in | De l'Antiquité tardive au Moyen Âge. Études de logique aristotélicienne et de philosophie grecque, syriaque, arabe et latine offertes à Henri Hugonnard-Roche |
Pages | 277-363 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Coda, Elisa , Martini Bonadeo, Cecilia |
Translator(s) |
En hommage aux recherches de Henri Hugonnard-Roche sur la philosophie naturelle dans le Moyen Âge latin, sur l’astronomie et la cosmologie, mais aussi sur les commentaires arabes au De Caelo d’Aristote, et plus généralement sur la postérité syriaque et arabe de la pensée aristotélicienne, cette étude générale portera sur un texte grec de l’Antiquité tardive : le commentaire de Simplicius au De Caelo. Son propos est de considérer la nature de la religion philosophique néoplatonicienne dans le commentaire de Simplicius et d’en proposer une interprétation d’ensemble, en nouant les fils d’une recherche engagée dans trois publications antérieures : un article ancien consacré à la polémique de Simplicius contre Jean Philopon et à la question de la structure physique de la substance céleste, et deux autres études, plus récentes, consacrées à la triade chaldaïque Amour - Vérité - Foi (Érōs, Alêtheia, Pistis), qui a été formalisée par Proclus comme principe dynamique de la prière, et sur laquelle les commentaires à la Physique et au De Caelo offrent de précieux témoignages. Cette triade de puissances anagogiques est à l’œuvre notamment dans cet « hymne » au Démiurge que constitue le Commentaire au De Caelo. Au cours de la présente enquête, consacrée à une interprétation globale de l’œuvre de Simplicius, on complétera le dossier déjà rassemblé au sujet de la triade chaldaïque, en produisant notamment deux textes supplémentaires de Simplicius qui confirment explicitement que l’élaboration d’une pistis philosophique, à l’extrême fin de l’Antiquité, doit se comprendre dans le contexte de la controverse païenne contre l’« athéisme » chrétien. La traduction commentée d’un long extrait du commentaire, en annexe, permettra enfin d’étudier de près les présupposés spécifiquement néoplatoniciens qui guident l’exégète dans sa lecture d’Aristote, et les enjeux théologiques qui dominent son interprétation du De Caelo et préparent, dans l’expérience de la Foi, une union de « sympathie » avec la substance même du Ciel et avec le Démiurge. L’étude des œuvres philosophiques de l’Antiquité tardive, principalement des textes néoplatoniciens grecs, favorisée par un nombre impressionnant d’éditions critiques d’importance majeure, a connu ces dernières décennies un profond renouvellement herméneutique, grâce à une compréhension toujours approfondie des doctrines elles-mêmes, mais aussi à une attention accrue portée aux dimensions rhétoriques de ces textes, comme aux enjeux historiques, politiques, religieux, qui sont inséparables du très complexe système philosophique en devenir, forgé pendant près de quatre siècles, de Porphyre jusqu’aux derniers professeurs d’Alexandrie. L’étude du néoplatonisme ne peut être séparée de l’histoire générale, politique et religieuse, de l’Antiquité tardive. La théologie savante et la philosophie sont intimement liées, soit que la théologie apparaisse comme une « partie » de la philosophie, soit que l’ensemble du système philosophique se désigne lui-même comme une théologie, ainsi que le montrent les ouvrages majeurs de Proclus, intitulés Peri tôn kata Platōna Theologias (Théologie Platonicienne) ou Stoicheiosis Theologikê (Éléments de théologie), qui présentent selon des modes d’exposition très différents le déploiement de l’ensemble du système. La théologie savante s’enrichit et s’accompagne d’autres dimensions relevant du mode de vie même des philosophes néoplatoniciens et de leurs pratiques : rituels théurgiques, formes diverses de la piété à l’égard des dieux (eusebeia), mais aussi religion personnelle ou encore engagement dans la polémique anti-chrétienne. L’interprétation des textes eux-mêmes a été renouvelée par une attention accrue portée aux genres littéraires philosophiques et à la dimension pragmatique des œuvres. Les analyses de Pierre Hadot, en particulier, nourries d’une réflexion sur les « jeux de langage » de Wittgenstein, ont contribué à renouveler l’interprétation des commentaires néoplatoniciens, ceux de Simplicius notamment, envisagés comme des œuvres littéraires à part entière, avec leur régime spécifique de systématicité, leurs règles, leurs codes, leurs finalités pragmatiques propres. Au-delà de l’érudition scientifique et de la puissance conceptuelle qui caractérise le discours philosophique – nourri à la fois de la tradition péripatéticienne et des recherches des exégètes néoplatoniciens depuis Plotin et Porphyre – ces commentaires doivent se comprendre aussi comme des exercices de méditation spirituelle à finalité anagogique, que l’auteur pratique à la fois pour lui-même et pour ses destinataires, auditeurs ou lecteurs. Par leur dimension pragmatique, ils relèvent de la vie philosophique (bios) et ne sont plus seulement des éléments du discours philosophique (logos). [introduction p. 277-279] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/Ns8nL2OGXc4Xj6K |
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Au cours de la pr\u00e9sente enqu\u00eate, consacr\u00e9e \u00e0 une interpr\u00e9tation globale de l\u2019\u0153uvre de Simplicius, on compl\u00e9tera le dossier d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9 au sujet de la triade chalda\u00efque, en produisant notamment deux textes suppl\u00e9mentaires de Simplicius qui confirment explicitement que l\u2019\u00e9laboration d\u2019une pistis philosophique, \u00e0 l\u2019extr\u00eame fin de l\u2019Antiquit\u00e9, doit se comprendre dans le contexte de la controverse pa\u00efenne contre l\u2019\u00ab ath\u00e9isme \u00bb chr\u00e9tien.\r\n\r\nLa traduction comment\u00e9e d\u2019un long extrait du commentaire, en annexe, permettra enfin d\u2019\u00e9tudier de pr\u00e8s les pr\u00e9suppos\u00e9s sp\u00e9cifiquement n\u00e9oplatoniciens qui guident l\u2019ex\u00e9g\u00e8te dans sa lecture d\u2019Aristote, et les enjeux th\u00e9ologiques qui dominent son interpr\u00e9tation du De Caelo et pr\u00e9parent, dans l\u2019exp\u00e9rience de la Foi, une union de \u00ab sympathie \u00bb avec la substance m\u00eame du Ciel et avec le D\u00e9miurge.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude des \u0153uvres philosophiques de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive, principalement des textes n\u00e9oplatoniciens grecs, favoris\u00e9e par un nombre impressionnant d\u2019\u00e9ditions critiques d\u2019importance majeure, a connu ces derni\u00e8res d\u00e9cennies un profond renouvellement herm\u00e9neutique, gr\u00e2ce \u00e0 une compr\u00e9hension toujours approfondie des doctrines elles-m\u00eames, mais aussi \u00e0 une attention accrue port\u00e9e aux dimensions rh\u00e9toriques de ces textes, comme aux enjeux historiques, politiques, religieux, qui sont ins\u00e9parables du tr\u00e8s complexe syst\u00e8me philosophique en devenir, forg\u00e9 pendant pr\u00e8s de quatre si\u00e8cles, de Porphyre jusqu\u2019aux derniers professeurs d\u2019Alexandrie.\r\n\r\nL\u2019\u00e9tude du n\u00e9oplatonisme ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale, politique et religieuse, de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive. La th\u00e9ologie savante et la philosophie sont intimement li\u00e9es, soit que la th\u00e9ologie apparaisse comme une \u00ab partie \u00bb de la philosophie, soit que l\u2019ensemble du syst\u00e8me philosophique se d\u00e9signe lui-m\u00eame comme une th\u00e9ologie, ainsi que le montrent les ouvrages majeurs de Proclus, intitul\u00e9s Peri t\u00f4n kata Plat\u014dna Theologias (Th\u00e9ologie Platonicienne) ou Stoicheiosis Theologik\u00ea (\u00c9l\u00e9ments de th\u00e9ologie), qui pr\u00e9sentent selon des modes d\u2019exposition tr\u00e8s diff\u00e9rents le d\u00e9ploiement de l\u2019ensemble du syst\u00e8me.\r\n\r\nLa th\u00e9ologie savante s\u2019enrichit et s\u2019accompagne d\u2019autres dimensions relevant du mode de vie m\u00eame des philosophes n\u00e9oplatoniciens et de leurs pratiques : rituels th\u00e9urgiques, formes diverses de la pi\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des dieux (eusebeia), mais aussi religion personnelle ou encore engagement dans la pol\u00e9mique anti-chr\u00e9tienne.\r\n\r\nL\u2019interpr\u00e9tation des textes eux-m\u00eames a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9e par une attention accrue port\u00e9e aux genres litt\u00e9raires philosophiques et \u00e0 la dimension pragmatique des \u0153uvres. Les analyses de Pierre Hadot, en particulier, nourries d\u2019une r\u00e9flexion sur les \u00ab jeux de langage \u00bb de Wittgenstein, ont contribu\u00e9 \u00e0 renouveler l\u2019interpr\u00e9tation des commentaires n\u00e9oplatoniciens, ceux de Simplicius notamment, envisag\u00e9s comme des \u0153uvres litt\u00e9raires \u00e0 part enti\u00e8re, avec leur r\u00e9gime sp\u00e9cifique de syst\u00e9maticit\u00e9, leurs r\u00e8gles, leurs codes, leurs finalit\u00e9s pragmatiques propres.\r\n\r\nAu-del\u00e0 de l\u2019\u00e9rudition scientifique et de la puissance conceptuelle qui caract\u00e9rise le discours philosophique \u2013 nourri \u00e0 la fois de la tradition p\u00e9ripat\u00e9ticienne et des recherches des ex\u00e9g\u00e8tes n\u00e9oplatoniciens depuis Plotin et Porphyre \u2013 ces commentaires doivent se comprendre aussi comme des exercices de m\u00e9ditation spirituelle \u00e0 finalit\u00e9 anagogique, que l\u2019auteur pratique \u00e0 la fois pour lui-m\u00eame et pour ses destinataires, auditeurs ou lecteurs. Par leur dimension pragmatique, ils rel\u00e8vent de la vie philosophique (bios) et ne sont plus seulement des \u00e9l\u00e9ments du discours philosophique (logos). 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Ce volume r\u00e9unit des sp\u00e9cialistes des disciplines du domaine voulant rendre hommage \u00e0 un coll\u00e8gue dont l\u2019activit\u00e9 a ouvert une voie, Henri Hugonnard-Roche.\r\nSp\u00e9cialiste de la transmission du grec au syriaque de la logique aristot\u00e9licienne, Henri Hugonnard-Roche a montr\u00e9 par ses recherches la continuit\u00e9 entre la philosophie de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive et la pens\u00e9e des chr\u00e9tiens de langue syriaque d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des savants musulmans \u00e9crivant en arabe, de l\u2019autre. R\u00e9unis souvent par ce que Werner Jaeger avait autrefois d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab la port\u00e9e \u0153cum\u00e9nique de l\u2019Antiquit\u00e9 classique \u00bb, des musulmans et des chr\u00e9tiens faisant partie d\u2019un cercle philosophique se penchaient, dans la ville de Bagdad au Xe si\u00e8cle, sur le texte d\u2019Aristote. Leur \u00ab Aristote \u00bb \u00e9tait souvent celui de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive : l\u2019Aristote de l\u2019\u00e9cole n\u00e9oplatonicienne d\u2019Alexandrie que les intellectuels de la Syrie chr\u00e9tienne avaient d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 quelque quatre si\u00e8cles auparavant et qu\u2019ils avaient traduit, en m\u00eame temps que Galien, et parfois comment\u00e9. Des noms presque inconnus comme celui de Sergius de Resh\u2019ayna (mort en 536) commencent dans nos manuels \u00e0 en c\u00f4toyer d\u2019autres bien plus connus, comme celui de Bo\u00e8ce, gr\u00e2ce aux recherches de Henri Hugonnard-Roche. Ce volume, par la vari\u00e9t\u00e9 des langues qui s\u2019y entrem\u00ealent, des traditions de pens\u00e9e qu\u2019il fait fusionner, par l\u2019acribie des contributions et le caract\u00e8re novateur des \u00e9ditions de textes et des \u00e9tudes ponctuelles qu\u2019il contient, t\u00e9moigne du rayonnement international du savant auquel il est offert, et de l\u2019effervescence du domaine de recherche auquel il a si grandement contribu\u00e9. [Author's abstract]","republication_of":null,"online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/j7haSVMVm5wa9du","translation_of":null,"new_edition_of":null,"is_catalog":0,"in_bibliography":0,"is_inactive":0,"notes":null,"doi_url":null,"book":{"id":360,"pubplace":"Paris","publisher":"Vrin","series":"\u00c9tudes musulmanes","volume":"","edition_no":"","valid_from":null,"valid_until":null}}},"article":null},"sort":["Science th\u00e9ologique et foi selon le commentaire de Simplicius au De Caelo d\u2019Aristote"]}
Title | Simplicius et le “lieu”. À propos d’une nouvelle édition du Corollarium de loco |
Type | Article |
Language | French |
Date | 2014 |
Journal | Revue des Études Grecques |
Volume | 127 |
Issue | 1 |
Pages | 119-175 |
Categories | no categories |
Author(s) | Golitsis, Pantelis , Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | |
Translator(s) |
The digression labelled “Corollarium de loco” by Hermann Diels in his edition of Simplicius’ commentary on Aristotle’s Physics (Commentaria in Aristotelem Graeca, IX, Berlin 1882) is a key text in the debate - often referred to by specialists as magna quaestio - generated by an apparent lack of consistency between Aristotle’s definition of ‘place’ (topos) as “the first unmoved boundary of the surrounding body” (Phys. IV, 4, 212 a 20-21) and his assertion that the Heaven moves in a circle while not being ‘somewhere’, since it is not surrounded by any body that would be exterior to it. Following the steps of his master Damascius, and at the end of a long discussion initiated by Neoplatonists after Plotinus (principally by Iamblichus, Proclus and Syrianus), Simplicius replaces Aristotle’s definition with a new definition of place as a “gathering (or uniting) measure” (metron sunagôgon), which is one of the four “measures” (number, size, place, time) or gathering powers that protect the intelligible and sensible entities against the dangers of the dispersion related to the procession of reality. This doctrine places physics in a decidedly theological perspective since, in last analysis, these uniting powers derive from the One or Good per se. Our understanding of this crucial text for our knowledge of the Neoplatonic philosophy of Nature will be improved thanks to a new critical edition (with French translation and notes), to be published soon in the collection “Commentaria in Aristotelem Graeca and Byzantina” (by Walter de Gruyter) under the auspices of the Academy of Sciences of Bcrlin-Brandenburg. The new edition is based not only on a fresh collation of the two manuscripts used by Diels (Marciani graeci 227 and 229) but also on a Moscow manuscript (Mosquensis Muz. 3649) unknown to the German scholar, since it belonged during the nineteenth century to a private Russian collection. [Author's abstract] |
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Title | Simplicius. Commentaire sur les ‹Catégories› d’Aristote, Chapitres 2–4 |
Type | Edited Book |
Language | French |
Date | 2001 |
Publication Place | Paris |
Publisher | Les Belles Lettres |
Categories | no categories |
Author(s) | , Simplicius |
Editor(s) | |
Translator(s) | Hoffmann, Philipe(Hoffmann, Philippe ) , |
Ce volume prend la suite des deux fascicules publies dans la serie Philosophia antiqua (Simplicius. Commentaire sur les Categories, fasc. I: Proeme, trad. de Ph. Hoffmann, commentaire par I. Hadot [vol. 50], et fasc. III: Premier chapitre, trad. de Ph. Hoffmann, commentaire par C. Luna, Leiden-Kobenhavn-Koln 1990 [vol. 51]). Il sera suivi d'autres volumes qui, nous l'esperons, permettront de donner une traduction francaise integrale du commentaire de Simplicius sur les Categories. Ce volume, consacre aux chapitres 2 a 4 des Categories, par lesquels se termine le preambule a l'expose des categories proprement dit, a pris une ampleur considerable a cause de la comparaison analytique avec les sept autres commentaires neoplatonciens sur les Categories: Porphyre, Dexippe, Ammonius, Philopon, Olympiodore, Elias, Boece. Cela nous a permis d'etablir les rapports entre ces textes et de decrire la technique exegetique propre a chacun d'entre eux. Ces resultats une fois acquis, il sera possible de reduire considerablement la taille des volumes qui vont suivre. [author's abstract] |
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Title | Simplicius’ Corollary on Place: Method of Philosophising and Doctrines |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 2016 |
Published in | Aristotle Re-Interpreted. New Findings on Seven Hundred Years of the Ancient Commentators |
Pages | 531–540 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe , Golitsis, Pantelis |
Editor(s) | Sorabji, Richard |
Translator(s) |
Simplicius’ Corollary on Place (Corollarium de loco) is not a doxographic text but a strictly Neoplatonic philosophical work, with its own philosophical method. It takes the form of a digression interrupting the continuity of Simplicius’ commentary on Aristotle’s Physics (itself a written work intended for readers, hoi entugkhanontes, hoi enteuxomenoi), and its literary genre is that of a monograph treatise using dialectic and exegesis as its principal methods. The dialectical method consists in discussing the opinions of Simplicius’ predecessors, ancient and modern, mainly Aristotle and Proclus, to pave the way for the exposition of the truth, following the method inaugurated by Aristotle in the Topics and still very much alive. It also proceeds by puzzles and solutions (aporiai kai luseis). Th e exegetic method reappears even within a digression which breaks with the continuous commentary and Simplicius devotes sometimes long passages to quoting and commenting on texts from Aristotle, Theophrastus, Proclus, and Damascius, but also from the Chaldaean Oracles, Iamblichus, or Syrianus. Throughout this piece Simplicius maintains complete control over his material which includes the art of rhetoric, dialectical technique, and his philosophic intention. In it, he replaces the Aristotelian defi nition of place (‘the first unmoved boundary of the surrounding body’ (to tou periekhontos peras akinêton prôton), Phys . 4.4, 212a20–1) with a new defi nition taken from his master Damascius (place is the measure of the intrinsic positioning (metron tês theseôs) of the parts of a body, and of its right position in a greater surrounding whole), and he departs from Aristotle’s thought with a radical innovation which progressively works its way in. [introduction p. 531-532] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/nyFqYhK3Z7baSF2 |
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Throughout this piece Simplicius maintains complete control over his material which includes the art of rhetoric, dialectical technique, and his philosophic intention. In it, he replaces the Aristotelian defi nition of place (\u2018the first unmoved boundary of the surrounding body\u2019 (to tou periekhontos peras akin\u00eaton pr\u00f4ton), Phys . 4.4, 212a20\u20131) with a new defi nition taken from his master Damascius (place is the measure of the intrinsic positioning (metron t\u00eas these\u00f4s) of the parts of a body, and of its right position in a greater surrounding whole), and he departs from Aristotle\u2019s thought with a radical innovation which progressively works its way in. 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Title | Théories et practiques de la prière à la fin de l'antiquité |
Type | Edited Book |
Language | undefined |
Date | 2020 |
Publication Place | Turnhout |
Publisher | Brepols |
Series | Bibliothèque de l'école des hautes études sciences religieuses |
Volume | 185 |
Categories | no categories |
Author(s) | |
Editor(s) | Hoffmann, Philippe , Timotin, Andrei |
Translator(s) |
Ce livre étudie les différents modes de rapport entre les théories et les pratiques de la prière à la fin de l’Antiquité dans un cadre interdisciplinaire qui réunit des spécialistes de l’histoire religieuse des mondes grec et romain, de la philosophie religieuse tardo-antique et de la littérature patristique. [author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/DNW2qsXjHLZ3scI |
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Title | Un grief antichrétien chez Proclus: l'ignorance en théologie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2012 |
Published in | Les chrétiens et l’hellénisme: identités religieuses et culture grecque dans l’Antiquité tardive |
Pages | 161-197 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Perrot, Arnaud |
Translator(s) |
Concluons brièvement. Le dossier de textes que nous venons d’étudier montre que Proclus n’appréhendait la réalité de son temps, et les chrétiens qui l’entouraient, qu’avec des schèmes de pensée directement issus de la science philosophique platonicienne construite et enseignée par lui-même et par les philosophes de son école. La théorie de l’âme qui lui permet de comprendre l’état d’«ignorance» dans lequel se trouvent les chrétiens est directement issue du Livre IV de la République de Platon. La doctrine de l’oubli (lêthê) est elle aussi platonicienne et permet de situer les âmes ignorantes des chrétiens, incarnées et individuelles, dans l’horizon indépassable qui est le leur – le monde de la génésis. La théorie proclienne de la causalité, qui lie la puissance de la Cause à l’extension de ses effets, renforce l’explication par «l’oubli». Et le monothéisme rudimentaire des chrétiens prend son sens par rapport à (et en décalage avec) l’architecture majestueuse de la Théologie platonicienne, qui déploie les ordres divins à partir de l’Un-Bien. Ce monothéisme est comme un lambeau appauvri d’une science théologique à laquelle les chrétiens sont étrangers, tout comme leur est inaccessible l’expérience ultime de la vision unitive. Cette perception de la réalité peut sans doute être mise en relation avec une attitude politique prudente de Proclus, qui ne cherchait pas à provoquer les chrétiens en dépit des difficultés, ainsi que l’a justement suggéré H. D. Saffrey. Au début du VIe siècle, les choses changent, la situation des païens s’assombrit encore – en dépit, ou à cause, de la restauration de l’école néoplatonicienne d’Athènes et de l’enseignement philosophique sous la direction de Damascius – et le ton se durcit : le panorama des âges de l’Humanité, dans la Vie d’Isidore de Damascius, qui ouvrait cette enquête, laisse éclater une indignation véhémente contre l’Empire chrétien, qui se retrouve ensuite chez Simplicius. L’on sait ce que fut l’édit de Justinien en 529, et quelles furent ses conséquences. Mais s’il est une chose qui n’a pas varié, c’est probablement la conscience hautaine que les derniers néoplatoniciens avaient d’être les détenteurs de l’authentique science théologique. Étaient-ils complètement inconscients de la grandeur doctrinale et spirituelle, et de l’ampleur quantitative, de la littérature chrétienne des premiers siècles ? Peut-on penser qu’ils ignoraient vraiment les œuvres de leurs adversaires ? Nous n’entendons que leur silence... [conclusion p. 196-197] |
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Title | What was Commentary in Late Antiquity? The Example of the Neoplatonic Commentators |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 2006 |
Published in | A Companion to Ancient Philosophy |
Pages | 597-622 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Gill, Mary Louise , Pellegrin, Pierre |
Translator(s) |
Neoplatonic thought at the end of antiquity - like that of most of the schools of the Hellenistic and Roman period - has an essentially exegetical and scholastic dimension. Beginning with the classical and Hellenistic period, philosophy in Greece is inseparable from the existence of schools (private or public), often organized as places of communal life (sunousia), in which the explication of the texts of the school's founders came to be one of the main activities. The practice of exegesis of written texts supplanted the ancient practice of dialogue. It was sustained through its application to canonical texts, and was put to everyday use in the framework of courses in the explication of texts. The social reality of the school as an institution, with its hierarchy, its diadochos (i.e., the successor to the school’s founder), its structure as a conventicle in which communal life was practiced, its library, its regulation of time, and its programs organized around the reading of canonical texts, constitutes a concrete context into which we should reinsert the practice of exegesis, which is the heart of philosophical pedagogy and the matrix of doctrinal and dogmatic works. [Author's abstract] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/S0TwJW1NoM7Owd5 |
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Title | Φάος et τόπος. Le fragment 51 (v. 3) des Places (p. 28 Kroll) des Oracles Chaldaïques selon Proclus et Simplicius (Corollarium de loco) |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 2014 |
Published in | Oracles Chaldaïques: fragments et philosophie |
Pages | 101-152 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Lecerf, Adrien , Saudelli, Lucia , Seng, Helmut |
Translator(s) |
La longue digression introduite par Simplicius dans son Commentaire à la Physique d’Aristote, qui est consacrée à la notion de « lieu » et qui prend la suite de l’explication continue du texte même d’Aristote (Physique IV 1-5, 208a27 - 213a11), est traditionnellement désignée par le titre (sans support dans la tradition manuscrite) de Corollarium de loco. Avec le Corollarium de tempore, qui accompagne parallèlement l’explication du traité aristotélicien du temps (Physique IV 10-14, 217b29 - 224a17), il constitue un diptyque essentiel pour notre connaissance de la philosophie néoplatonicienne de la Nature, car il offre sur les doctrines néoplatoniciennes de l’espace et du temps des exposés d’importance majeure. Le Corollarium de loco présente, sur 45 pages des CAG, une histoire néoplatonicienne des doctrines du « lieu », d’Aristote à Damascius (et Simplicius lui-même), qui nous a conservé de précieux fragments de deux traités perdus de Proclus et de Damascius, et suit un plan en deux parties très nettement distinguées. Une section dialectique, tout d’abord, dans laquelle Simplicius mène un examen critique des contradictions du dossier aristotélicien (Physique et De caelo), en répondant au traitement par Alexandre d’Aphrodise de la magna quaestio. Il discute dans cette première partie les doctrines antérieures à celle de Damascius (d’Aristote à Syrianus) et s’attache à comprendre les raisons de leur échec. Vient ensuite une pars construens, ou plutôt un exposé systématique consacré à la doctrine véridique du « lieu », celle de Damascius, que Simplicius retouche et précise. Dans la première partie, dialectique, Simplicius consacre près de 13 pages (de l’édition Diels), soit près du tiers de l’ensemble de la digression, à l’examen critique des doctrines du « lieu » qui se sont intéressées à un type de définition rejeté (et négligé) par Aristote, celui qui fait du lieu un « espace » ou une « étendue ». La discussion de ces doctrines (représentées sous des formes diverses par Démocrite, Straton de Lampsaque, Syrianus, et Proclus) est particulièrement importante car, conformément à une méthode d’origine aristotélicienne, l’examen dialectique des opinions consiste non seulement en une critique et une réfutation, mais vise aussi à extraire la part de vérité contenue dans les opinions examinées. La lecture d’ensemble de la digression permet de comprendre que Simplicius a prêté un intérêt tout particulier aux définitions du « lieu » comme « étendue » (corporelle ou incorporelle) parce qu’elles préfiguraient en quelque sorte – de façon certes maladroite et fautive – la doctrine de son maître Damascius. On passe alors de la considération de l’« étendue » à celle de la « distension » néoplatonicienne. En effet, lorsqu’il en vient à l’exposé complet de la doctrine de Damascius, Simplicius met en lumière le fait qu’il y a une liaison fondamentale entre le « lieu » et la « distension », qui se réalise dans la Procession. Le lieu est une détermination « inétendue », qui « œuvre à la perfection des corps », et plus précisément il est la « mesure rassemblante » d’une modalité particulière de la « distension », désignée par le terme de « disposition » : disposition des parties d’une totalité à l’intérieur de cette totalité ou encore position d’un corps à l’intérieur d’un autre corps envisagé comme totalité plus englobante. Malgré l’autorité dont Proclus est revêtu aux yeux de tous les néoplatoniciens de la fin de l’Antiquité, et malgré le respect profond que Simplicius éprouve pour lui, il lui importe ici de réfuter que le lieu soit un corps, fût-ce un corps immatériel, afin que le lieu puisse ultérieurement être défini comme une mesure inétendue et incorporelle de la « distension » des corps (Damascius). Dans le traité perdu dont des passages centraux sont conservés par Simplicius, Proclus démontre sa doctrine par la conjonction d’une démarche proprement philosophique et apodictique, et par un recours à deux confirmations offertes par des autorités sacrées : la Raison rencontre la Révélation. La première démarche part de prémisses aristotéliciennes (Physique IV 4, 212a2-6). Elle promeut l’hypothèse selon laquelle le « lieu » serait une « étendue », et elle démontre que c’est une « étendue » corporelle, comprise comme sphère de lumière pure coïncidant avec la sphère cosmique : un corps immobile, indivisible, immatériel. La seconde démarche consiste à poser la concordance de cette conclusion rationnelle avec les données du mythe d’Er dans la République, et avec le sens attribué à un vers chaldaïque qui énonce de façon mystérieuse que l’Âme du Monde « anime de fond en comble lumière, feu, éther, mondes ». Le lieu-lumière démontré par la procédure rationnelle est enseigné par le sens profond (et caché) que l’on décèle dans le mythe (c’est la colonne de lumière de République X 616b4-c4) et dans la parole même des dieux. Le commentaire de Proclus sur la République identifie parallèlement la lumière de République X au lieu du Ciel, réaffirme son identité avec la lumière chaldaïque, et fait référence à ce traité en offrant une doctrine tout à fait concordante. L’autorité des Oracles Chaldaïques est pour les néoplatoniciens de cette époque la source ultime de la Vérité, et Simplicius engage contre Proclus, pas à pas, une longue discussion exégétique sur le sens de cet Oracle. Cette discussion est un document exceptionnel sur l’intérêt porté aux Oracles Chaldaïques par Simplicius, au sein même d’un commentaire sur Aristote et sur une question de physique. 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Cette discussion est un document exceptionnel sur l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 aux Oracles Chalda\u00efques par Simplicius, au sein m\u00eame d\u2019un commentaire sur Aristote et sur une question de physique.\r\n\r\nL\u2019objet des pages qui suivent est de proposer une traduction comment\u00e9e de l\u2019ensemble du texte de Simplicius (In Phys. 611,8 - 618,7 D.), de fa\u00e7on \u00e0 montrer l\u2019osmose entre la d\u00e9marche proprement philosophique de Simplicius (et de Proclus), qui correspond \u00e0 une recherche de Physique, et l\u2019op\u00e9ration herm\u00e9neutique appliqu\u00e9e \u00e0 une parole oraculaire, laquelle est une confirmation d\u2019un raisonnement et une exp\u00e9rience de foi puisqu\u2019elle porte sur un objet divin. La traduction du texte de Simplicius sera pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de quelques remarques pr\u00e9liminaires sur l\u2019Oracle 51. Le texte grec de Simplicius est accessible \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9dition de Diels et dans l\u2019\u00e9dition mise en ligne d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e (\u00e9d. Golitsis-Hoffmann). [introduction p. 101-106]","btype":2,"date":"2014","language":"French","online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/32ZuxPLp2VNh3t0","doi_url":null,"categories":[],"authors":[{"id":138,"full_name":"Hoffmann, Philippe ","role":{"id":1,"role_name":"author"}},{"id":197,"full_name":"Lecerf, Adrien","role":{"id":2,"role_name":"editor"}},{"id":311,"full_name":"Saudelli, Lucia","role":{"id":2,"role_name":"editor"}},{"id":462,"full_name":"Seng, Helmut","role":{"id":2,"role_name":"editor"}}],"book":null,"booksection":{"id":940,"section_of":357,"pages":"101-152","is_catalog":null,"book":{"id":357,"bilderberg_idno":null,"dare_idno":null,"catalog_idno":null,"entry_type":null,"type":4,"language":"no language selected","title":"Oracles Chalda\u00efques: fragments et philosophie","title_transcript":"","title_translation":"","short_title":"Lecerf2014b","has_no_author":null,"volume":null,"date":"2014","edition_no":null,"free_date":"2014","abstract":"Les Oracles chalda\u00efques posent nombre de probl\u00e8mes \u00e0 l\u02bchistorien de la pens\u00e9e antique, tant sur le plan de la forme que sur celui du fond.\r\n\r\nTexte datant du IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, en vers principalement hexam\u00e9triques, dont nous ne poss\u00e9dons que des fragments et des t\u00e9moignages, conserv\u00e9s par des auteurs post\u00e9rieurs, en langue grecque et latine, les extraits \u00e0 notre disposition rec\u00e8lent une philosophie, d\u02bcinspiration platonicienne, dont les th\u00e8mes principaux sont la triade divine form\u00e9e de P\u00e8re, Puissance et Intellect, les \u00eatres interm\u00e9diaires, l\u02bc\u00e2me et ses vicissitudes, les divers mondes.\r\n\r\nLes questions que nous souhaitons traiter, en publiant ces travaux de recherche, sont le rattachement des Oracles au mouvement philosophique du \u00ab m\u00e9dioplatonisme \u00bb et les rapports entre th\u00e9ologie chalda\u00efque et th\u00e9ologie chr\u00e9tienne. Nous \u00e9tudions \u00e9galement la fortune et l\u02bcinfortune des vers chalda\u00efques dans l\u02bcAntiquit\u00e9 tardive et jusqu\u02bcau XVIIe si\u00e8cle, en d\u00e9gageant d\u02bcautre part les perspectives d\u02bcune nouvelle \u00e9dition des Oracles. [official abstract]","republication_of":null,"online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/w8DvrIrkCyncwcE","translation_of":null,"new_edition_of":null,"is_catalog":0,"in_bibliography":0,"is_inactive":0,"notes":null,"doi_url":null,"book":{"id":357,"pubplace":"Heidelberg","publisher":"Winter","series":"Bibliotheca Chaldaica","volume":"4","edition_no":"","valid_from":null,"valid_until":null}}},"article":null},"sort":["\u03a6\u03ac\u03bf\u03c2 et \u03c4\u03cc\u03c0\u03bf\u03c2. Le fragment 51 (v. 3) des Places (p. 28 Kroll) des Oracles Chalda\u00efques selon Proclus et Simplicius (Corollarium de loco)"]}