Title | L'arrière-plan néoplatonicien de l'École d'Athènes de Raphaël |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 1996 |
Published in | Antiquités imaginaires. La référence antique dans l'art occidental, de la Renaissance à nos jours |
Pages | 143-158 |
Categories | no categories |
Author(s) | Hoffmann, Philippe |
Editor(s) | Hoffmann, Philippe , Rinuy, Paul-Louis , Farnoux, Alexandre (Coll.) |
Translator(s) |
Il est néanmoins permis d’insister, comme nous l'avons déjà dit, sur la tonalité manifestement néoplatonicienne de l’œuvre. Tout d’abord, on peut souligner une distorsion entre l’allégorie de la Philosophie et l’École d’Athènes. Il est vrai que l’allégorie est construite sur l’idée d’une dualité des parties de la Philosophie, qui sont donc des parties égales. La légende, «Causarum cognitio», est certainement inspirée par la légende de l’allégorie de la Prudence, peinte vers 1500 par Pietro Vannucci (le Pérugin) dans le Cambio de Pérouse. Le texte qui accompagne la Prudence a été rédigé par le responsable du programme – d’esprit «ficinien» –, l’érudit Francesco Maturanzio, bien connu non seulement comme «modeste auteur de la Cronaca della città di Perugia dal 1492 al 1503», mais aussi comme aristotélicien thomiste, helléniste et collectionneur de manuscrits grecs. Maturanzio exprimait dans ce programme son adhésion à l'idée d'une conciliation des mondes antique et chrétien, une idée qui devait trouver une expression plus grandiose dans la Chambre de la Signature. On relève notamment, dans la légende de la Prudence de Pérouse, l’expression «...Scrutari verum doceo causasque latentes...». Et comme Raphaël avait travaillé avec le Pérugin, en compagnie de qui il était venu à Rome, le lien entre «scrutari... causas latentes» et «causarum cognitio» est tout à fait plausible. Mais la formule a davantage d'application dans le domaine de la physique que dans celui de l'éthique, de même que l'Artémis d’Éphèse représente la Nature avec ses secrets – l’objet de la partie physique de la Philosophie –, et n’a guère de rapport avec l'éthique. La dissymétrie est plus nette dans le traitement des deux personnages de Platon et d'Aristote. Le maître est, comme il se doit, à la droite du disciple. La direction des gestes est si contrastée qu’elle ne peut signifier qu'une différence de domaine : les Idées et le Démiurge sont le domaine d'élection de Platon, tandis que le Bonheur humain – le plus grand bonheur qui puisse échoir à l’homme – est ce qu'Aristote vient offrir en un geste généreux, qui s’adresse aux spectateurs de la fresque. Comment ne pas voir dans cette structure iconographique un écho précis des conceptions néoplatoniciennes ? On retrouve des thèmes que nous avons maintes fois rencontrés et que Raphaël – ou le responsable du programme iconographique – a puisés dans la culture néoplatonicienne de l'époque, chez Marsile Ficin ou Pic de la Mirandole : L'harmonie des philosophies de Platon et d’Aristote, tout d'abord : ce sont les deux figures centrales à partir desquelles s'ordonne toute la composition. La supériorité de la philosophie de Platon (les «grands mystères» néoplatoniciens) sur celle d’Aristote (les «petits mystères»), qui est la propédeutique à la philosophie de Platon et qui succède elle-même au cycle des sept Arts Libéraux, dont on a voulu déceler la représentation parmi le savant désordre des personnages qui entourent les deux figures centrales. La différence des plans ontologiques auxquels se sont élevés les deux penseurs : Platon a décrit le Monde non pas de manière immanente, mais en recherchant ses causes – les Idées et le Démiurge. Il étudie les réalités naturelles elles-mêmes en considérant leur relation à celles qui sont au-dessus de la nature, c'est-à-dire les réalités intelligibles et divines qui en sont les causes. L’étude du Timée, œuvre platonicienne majeure pour le Moyen Âge occidental, relevait aussi dans l'Antiquité du second cycle du cursus néoplatonicien de lecture des dialogues de Platon. Quant à Aristote, il offre une pensée du bonheur qui doit permettre à l’homme, en menant la vie théorétique – qui est en grande partie une recherche des causes –, de «s’immortaliser autant qu’il est possible». Dans une note, Gombrich signale qu’à la date où Raphaël conçut l’École d’Athènes, il n’existait pas de traduction italienne en édition séparée du Timée ni des Éthiques d’Aristote. On peut ajouter que l’édition princeps de Platon en grec ne devait être publiée qu’en 1513 à Venise (édition aldine), et que Platon était lu à l’époque dans la célèbre traduction latine de Ficin imprimée en 1484. On rappellera dans ce contexte que l’édition princeps des œuvres d’Aristote en grec avait été donnée peu d'années auparavant à Venise par Alde Manuce. Précisément, la Préface grecque d’Alexandre Bondini (Agachemeros), collaborateur d’Alde, justifie l'entreprise par un éloge de la supériorité de la philosophie péripatéticienne, qui procure aux hommes le bonheur (eudaimonia). Peu après, en 1499, paraissait à Venise également l’édition princeps (incunable !) du Commentaire de Simplicius aux Catégories, œuvre dans laquelle les humanistes italiens pouvaient commodément lire le développement que nous avons étudié sur la finalité de la philosophie d’Aristote. Ces deux remarques bibliographiques ne prétendent en aucun cas assigner une source littéraire à un célèbre détail iconographique. La leçon de méthode et de prudence d’E. Gombrich est exemplaire, et il serait vain de vouloir ajouter une nouvelle hypothèse, impossible à prouver en toute rigueur, à tant d’autres. Ce que l’on peut souligner en revanche, si l’on veut bien admettre que, dans une période d’effervescence intellectuelle comme la Renaissance italienne, les livres publiés étaient lus et que les idées circulaient, c’est un écho troublant entre le thème de la Préface d’Alexandre Bondini (1495), le développement de Simplicius sur le Bonheur comme finalité de la philosophie d’Aristote (imprimé en 1499), et le principe «symphonique» néoplatonicien qui organise et unifie le programme iconographique de l’École d’Athènes (1509–1511). [conclusion p. 154-158] |
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Tout d\u2019abord, on peut souligner une distorsion entre l\u2019all\u00e9gorie de la Philosophie et l\u2019\u00c9cole d\u2019Ath\u00e8nes. Il est vrai que l\u2019all\u00e9gorie est construite sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une dualit\u00e9 des parties de la Philosophie, qui sont donc des parties \u00e9gales. La l\u00e9gende, \u00abCausarum cognitio\u00bb, est certainement inspir\u00e9e par la l\u00e9gende de l\u2019all\u00e9gorie de la Prudence, peinte vers 1500 par Pietro Vannucci (le P\u00e9rugin) dans le Cambio de P\u00e9rouse. 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Et comme Rapha\u00ebl avait travaill\u00e9 avec le P\u00e9rugin, en compagnie de qui il \u00e9tait venu \u00e0 Rome, le lien entre \u00abscrutari... causas latentes\u00bb et \u00abcausarum cognitio\u00bb est tout \u00e0 fait plausible. Mais la formule a davantage d'application dans le domaine de la physique que dans celui de l'\u00e9thique, de m\u00eame que l'Art\u00e9mis d\u2019\u00c9ph\u00e8se repr\u00e9sente la Nature avec ses secrets \u2013 l\u2019objet de la partie physique de la Philosophie \u2013, et n\u2019a gu\u00e8re de rapport avec l'\u00e9thique.\r\n\r\nLa dissym\u00e9trie est plus nette dans le traitement des deux personnages de Platon et d'Aristote. Le ma\u00eetre est, comme il se doit, \u00e0 la droite du disciple. 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Ovide, Philostrate, Platon et Aristote ont \u00e9t\u00e9 au coeur des d\u00e9bats et des r\u00e9flexions des \u00e9crivains et des critiques, tout comme les chefs-d\u2019oeuvre de l\u2019architecture et de la sculpture \u2013 le Parth\u00e9non ou le Laocoon \u2013 ont inspir\u00e9 les artistes au fil de leurs red\u00e9couvertes successives de l\u2019art antique. H\u00e9ritage, influence, r\u00e9invention, Classic revival, Nachleben der Antike ? Les mots et les expressions sont nombreux pour tenter de cerner un ph\u00e9nom\u00e8ne crucial et chatoyant. 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Il est néanmoins permis d’insister, comme nous l'avons déjà dit, sur la tonalité manifestement néoplatonicienne de l’œuvre. Tout d’abord, on peut souligner une distorsion entre l’allégorie de la Philosophie et l’École d’Athènes. Il est vrai que l’allégorie est construite sur l’idée d’une dualité des parties de la Philosophie, qui sont donc des parties égales. La légende, «Causarum cognitio», est certainement inspirée par la légende de l’allégorie de la Prudence, peinte vers 1500 par Pietro Vannucci (le Pérugin) dans le Cambio de Pérouse. Le texte qui accompagne la Prudence a été rédigé par le responsable du programme – d’esprit «ficinien» –, l’érudit Francesco Maturanzio, bien connu non seulement comme «modeste auteur de la Cronaca della città di Perugia dal 1492 al 1503», mais aussi comme aristotélicien thomiste, helléniste et collectionneur de manuscrits grecs. Maturanzio exprimait dans ce programme son adhésion à l'idée d'une conciliation des mondes antique et chrétien, une idée qui devait trouver une expression plus grandiose dans la Chambre de la Signature. On relève notamment, dans la légende de la Prudence de Pérouse, l’expression «...Scrutari verum doceo causasque latentes...». Et comme Raphaël avait travaillé avec le Pérugin, en compagnie de qui il était venu à Rome, le lien entre «scrutari... causas latentes» et «causarum cognitio» est tout à fait plausible. Mais la formule a davantage d'application dans le domaine de la physique que dans celui de l'éthique, de même que l'Artémis d’Éphèse représente la Nature avec ses secrets – l’objet de la partie physique de la Philosophie –, et n’a guère de rapport avec l'éthique. La dissymétrie est plus nette dans le traitement des deux personnages de Platon et d'Aristote. Le maître est, comme il se doit, à la droite du disciple. La direction des gestes est si contrastée qu’elle ne peut signifier qu'une différence de domaine : les Idées et le Démiurge sont le domaine d'élection de Platon, tandis que le Bonheur humain – le plus grand bonheur qui puisse échoir à l’homme – est ce qu'Aristote vient offrir en un geste généreux, qui s’adresse aux spectateurs de la fresque. Comment ne pas voir dans cette structure iconographique un écho précis des conceptions néoplatoniciennes ? On retrouve des thèmes que nous avons maintes fois rencontrés et que Raphaël – ou le responsable du programme iconographique – a puisés dans la culture néoplatonicienne de l'époque, chez Marsile Ficin ou Pic de la Mirandole : L'harmonie des philosophies de Platon et d’Aristote, tout d'abord : ce sont les deux figures centrales à partir desquelles s'ordonne toute la composition. La supériorité de la philosophie de Platon (les «grands mystères» néoplatoniciens) sur celle d’Aristote (les «petits mystères»), qui est la propédeutique à la philosophie de Platon et qui succède elle-même au cycle des sept Arts Libéraux, dont on a voulu déceler la représentation parmi le savant désordre des personnages qui entourent les deux figures centrales. La différence des plans ontologiques auxquels se sont élevés les deux penseurs : Platon a décrit le Monde non pas de manière immanente, mais en recherchant ses causes – les Idées et le Démiurge. Il étudie les réalités naturelles elles-mêmes en considérant leur relation à celles qui sont au-dessus de la nature, c'est-à-dire les réalités intelligibles et divines qui en sont les causes. L’étude du Timée, œuvre platonicienne majeure pour le Moyen Âge occidental, relevait aussi dans l'Antiquité du second cycle du cursus néoplatonicien de lecture des dialogues de Platon. Quant à Aristote, il offre une pensée du bonheur qui doit permettre à l’homme, en menant la vie théorétique – qui est en grande partie une recherche des causes –, de «s’immortaliser autant qu’il est possible». Dans une note, Gombrich signale qu’à la date où Raphaël conçut l’École d’Athènes, il n’existait pas de traduction italienne en édition séparée du Timée ni des Éthiques d’Aristote. On peut ajouter que l’édition princeps de Platon en grec ne devait être publiée qu’en 1513 à Venise (édition aldine), et que Platon était lu à l’époque dans la célèbre traduction latine de Ficin imprimée en 1484. On rappellera dans ce contexte que l’édition princeps des œuvres d’Aristote en grec avait été donnée peu d'années auparavant à Venise par Alde Manuce. Précisément, la Préface grecque d’Alexandre Bondini (Agachemeros), collaborateur d’Alde, justifie l'entreprise par un éloge de la supériorité de la philosophie péripatéticienne, qui procure aux hommes le bonheur (eudaimonia). Peu après, en 1499, paraissait à Venise également l’édition princeps (incunable !) du Commentaire de Simplicius aux Catégories, œuvre dans laquelle les humanistes italiens pouvaient commodément lire le développement que nous avons étudié sur la finalité de la philosophie d’Aristote. Ces deux remarques bibliographiques ne prétendent en aucun cas assigner une source littéraire à un célèbre détail iconographique. La leçon de méthode et de prudence d’E. Gombrich est exemplaire, et il serait vain de vouloir ajouter une nouvelle hypothèse, impossible à prouver en toute rigueur, à tant d’autres. Ce que l’on peut souligner en revanche, si l’on veut bien admettre que, dans une période d’effervescence intellectuelle comme la Renaissance italienne, les livres publiés étaient lus et que les idées circulaient, c’est un écho troublant entre le thème de la Préface d’Alexandre Bondini (1495), le développement de Simplicius sur le Bonheur comme finalité de la philosophie d’Aristote (imprimé en 1499), et le principe «symphonique» néoplatonicien qui organise et unifie le programme iconographique de l’École d’Athènes (1509–1511). [conclusion p. 154-158] |
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Tout d\u2019abord, on peut souligner une distorsion entre l\u2019all\u00e9gorie de la Philosophie et l\u2019\u00c9cole d\u2019Ath\u00e8nes. Il est vrai que l\u2019all\u00e9gorie est construite sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une dualit\u00e9 des parties de la Philosophie, qui sont donc des parties \u00e9gales. La l\u00e9gende, \u00abCausarum cognitio\u00bb, est certainement inspir\u00e9e par la l\u00e9gende de l\u2019all\u00e9gorie de la Prudence, peinte vers 1500 par Pietro Vannucci (le P\u00e9rugin) dans le Cambio de P\u00e9rouse. Le texte qui accompagne la Prudence a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par le responsable du programme \u2013 d\u2019esprit \u00abficinien\u00bb \u2013, l\u2019\u00e9rudit Francesco Maturanzio, bien connu non seulement comme \u00abmodeste auteur de la Cronaca della citt\u00e0 di Perugia dal 1492 al 1503\u00bb, mais aussi comme aristot\u00e9licien thomiste, hell\u00e9niste et collectionneur de manuscrits grecs.\r\n\r\nMaturanzio exprimait dans ce programme son adh\u00e9sion \u00e0 l'id\u00e9e d'une conciliation des mondes antique et chr\u00e9tien, une id\u00e9e qui devait trouver une expression plus grandiose dans la Chambre de la Signature. On rel\u00e8ve notamment, dans la l\u00e9gende de la Prudence de P\u00e9rouse, l\u2019expression \u00ab...Scrutari verum doceo causasque latentes...\u00bb. Et comme Rapha\u00ebl avait travaill\u00e9 avec le P\u00e9rugin, en compagnie de qui il \u00e9tait venu \u00e0 Rome, le lien entre \u00abscrutari... causas latentes\u00bb et \u00abcausarum cognitio\u00bb est tout \u00e0 fait plausible. Mais la formule a davantage d'application dans le domaine de la physique que dans celui de l'\u00e9thique, de m\u00eame que l'Art\u00e9mis d\u2019\u00c9ph\u00e8se repr\u00e9sente la Nature avec ses secrets \u2013 l\u2019objet de la partie physique de la Philosophie \u2013, et n\u2019a gu\u00e8re de rapport avec l'\u00e9thique.\r\n\r\nLa dissym\u00e9trie est plus nette dans le traitement des deux personnages de Platon et d'Aristote. Le ma\u00eetre est, comme il se doit, \u00e0 la droite du disciple. La direction des gestes est si contrast\u00e9e qu\u2019elle ne peut signifier qu'une diff\u00e9rence de domaine : les Id\u00e9es et le D\u00e9miurge sont le domaine d'\u00e9lection de Platon, tandis que le Bonheur humain \u2013 le plus grand bonheur qui puisse \u00e9choir \u00e0 l\u2019homme \u2013 est ce qu'Aristote vient offrir en un geste g\u00e9n\u00e9reux, qui s\u2019adresse aux spectateurs de la fresque.\r\n\r\nComment ne pas voir dans cette structure iconographique un \u00e9cho pr\u00e9cis des conceptions n\u00e9oplatoniciennes ? On retrouve des th\u00e8mes que nous avons maintes fois rencontr\u00e9s et que Rapha\u00ebl \u2013 ou le responsable du programme iconographique \u2013 a puis\u00e9s dans la culture n\u00e9oplatonicienne de l'\u00e9poque, chez Marsile Ficin ou Pic de la Mirandole :\r\n\r\n L'harmonie des philosophies de Platon et d\u2019Aristote, tout d'abord : ce sont les deux figures centrales \u00e0 partir desquelles s'ordonne toute la composition.\r\n La sup\u00e9riorit\u00e9 de la philosophie de Platon (les \u00abgrands myst\u00e8res\u00bb n\u00e9oplatoniciens) sur celle d\u2019Aristote (les \u00abpetits myst\u00e8res\u00bb), qui est la prop\u00e9deutique \u00e0 la philosophie de Platon et qui succ\u00e8de elle-m\u00eame au cycle des sept Arts Lib\u00e9raux, dont on a voulu d\u00e9celer la repr\u00e9sentation parmi le savant d\u00e9sordre des personnages qui entourent les deux figures centrales.\r\n La diff\u00e9rence des plans ontologiques auxquels se sont \u00e9lev\u00e9s les deux penseurs : Platon a d\u00e9crit le Monde non pas de mani\u00e8re immanente, mais en recherchant ses causes \u2013 les Id\u00e9es et le D\u00e9miurge. Il \u00e9tudie les r\u00e9alit\u00e9s naturelles elles-m\u00eames en consid\u00e9rant leur relation \u00e0 celles qui sont au-dessus de la nature, c'est-\u00e0-dire les r\u00e9alit\u00e9s intelligibles et divines qui en sont les causes. L\u2019\u00e9tude du Tim\u00e9e, \u0153uvre platonicienne majeure pour le Moyen \u00c2ge occidental, relevait aussi dans l'Antiquit\u00e9 du second cycle du cursus n\u00e9oplatonicien de lecture des dialogues de Platon.\r\n\r\nQuant \u00e0 Aristote, il offre une pens\u00e9e du bonheur qui doit permettre \u00e0 l\u2019homme, en menant la vie th\u00e9or\u00e9tique \u2013 qui est en grande partie une recherche des causes \u2013, de \u00abs\u2019immortaliser autant qu\u2019il est possible\u00bb. Dans une note, Gombrich signale qu\u2019\u00e0 la date o\u00f9 Rapha\u00ebl con\u00e7ut l\u2019\u00c9cole d\u2019Ath\u00e8nes, il n\u2019existait pas de traduction italienne en \u00e9dition s\u00e9par\u00e9e du Tim\u00e9e ni des \u00c9thiques d\u2019Aristote. On peut ajouter que l\u2019\u00e9dition princeps de Platon en grec ne devait \u00eatre publi\u00e9e qu\u2019en 1513 \u00e0 Venise (\u00e9dition aldine), et que Platon \u00e9tait lu \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans la c\u00e9l\u00e8bre traduction latine de Ficin imprim\u00e9e en 1484. On rappellera dans ce contexte que l\u2019\u00e9dition princeps des \u0153uvres d\u2019Aristote en grec avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e peu d'ann\u00e9es auparavant \u00e0 Venise par Alde Manuce. Pr\u00e9cis\u00e9ment, la Pr\u00e9face grecque d\u2019Alexandre Bondini (Agachemeros), collaborateur d\u2019Alde, justifie l'entreprise par un \u00e9loge de la sup\u00e9riorit\u00e9 de la philosophie p\u00e9ripat\u00e9ticienne, qui procure aux hommes le bonheur (eudaimonia). Peu apr\u00e8s, en 1499, paraissait \u00e0 Venise \u00e9galement l\u2019\u00e9dition princeps (incunable !) du Commentaire de Simplicius aux Cat\u00e9gories, \u0153uvre dans laquelle les humanistes italiens pouvaient commod\u00e9ment lire le d\u00e9veloppement que nous avons \u00e9tudi\u00e9 sur la finalit\u00e9 de la philosophie d\u2019Aristote.\r\n\r\nCes deux remarques bibliographiques ne pr\u00e9tendent en aucun cas assigner une source litt\u00e9raire \u00e0 un c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9tail iconographique. La le\u00e7on de m\u00e9thode et de prudence d\u2019E. Gombrich est exemplaire, et il serait vain de vouloir ajouter une nouvelle hypoth\u00e8se, impossible \u00e0 prouver en toute rigueur, \u00e0 tant d\u2019autres. Ce que l\u2019on peut souligner en revanche, si l\u2019on veut bien admettre que, dans une p\u00e9riode d\u2019effervescence intellectuelle comme la Renaissance italienne, les livres publi\u00e9s \u00e9taient lus et que les id\u00e9es circulaient, c\u2019est un \u00e9cho troublant entre le th\u00e8me de la Pr\u00e9face d\u2019Alexandre Bondini (1495), le d\u00e9veloppement de Simplicius sur le Bonheur comme finalit\u00e9 de la philosophie d\u2019Aristote (imprim\u00e9 en 1499), et le principe \u00absymphonique\u00bb n\u00e9oplatonicien qui organise et unifie le programme iconographique de l\u2019\u00c9cole d\u2019Ath\u00e8nes (1509\u20131511). 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