Title | Y a-t-Il des catégories stoïciennes? |
Type | Article |
Language | French |
Date | 1991 |
Journal | Revue Internationale de Philosophie |
Volume | 45 |
Issue | 178 (3) |
Pages | 220-244 |
Categories | no categories |
Author(s) | Duhot, Jean-Joël |
Editor(s) | |
Translator(s) |
Il n'y a donc pas de catégories stoïciennes. Le substrat, le tel, l'étant en quelque manière et l'étant en quelque manière relatif tracent une sorte de vecteur ontologique qui traverse chaque être. Ces quatre concepts n'indiquent pas des états ou des niveaux d'être, ils permettent d'articuler, à des niveaux différents, l'unité et la multiplicité, l'identité et la différence, le corps et l'incorporel, à l'intérieur ou à propos de chaque être. Ils ne visent pas à décrire de façon exhaustive les niveaux possibles de l'être, auquel cas ils auraient été plus nombreux. Ils constituent donc non pas une description, un tableau, mais un outil : ce sont des concepts opératoires grâce auxquels se résolvent les problèmes de l'un et du multiple. Ils sont au service d'une ontologie qui relie chaque être à l'essence unique que constitue la matière première. C'est sans doute leur caractère opératoire et non descriptif qui explique que les genres stoïciens ne soient pas aussi nombreux que les niveaux de cette échelle de l'être qu'on peut en déduire. L'objet du Portique n'était pas de dresser un inventaire ontologique mais de disposer des outils nécessaires au fonctionnement de l'ontologie, c'est-à-dire permettant de rattacher toute multiplicité à une unité et tout être à une essence, en l'occurrence l'Essence qu'est ὑποστασία, et ces outils, qui sont les quatre genres, n'ont pas à être plus nombreux en vertu d'un simple principe d'économie. Ici encore par conséquent la comparaison avec les catégories aristotéliciennes est trompeuse : les catégories visent à l'exhaustivité dans le cadre d'une ontologie descriptive horizontale, les genres stoïciens, qui apparaissent évidemment sur ce plan très lacunaires, ne sont pas moins exhaustifs, mais comme instruments d'une ontologie opératoire verticale. Et en tant qu'instruments d'une ontologie, il était logique qu'ils fussent aussi peu nombreux que possible, d'où découle leur polyvalence, ou, si on préfère, leur ambiguïté. [conclusion p. 243-244] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/KbIXmexaLDoeiRj |
{"_index":"sire","_id":"599","_score":null,"_source":{"id":599,"authors_free":[{"id":850,"entry_id":599,"agent_type":null,"is_normalised":null,"person_id":72,"institution_id":null,"role":{"id":1,"role_name":"author"},"free_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","free_first_name":"Jean-Jo\u00ebl ","free_last_name":"Duhot","norm_person":{"id":72,"first_name":"Jean-Jo\u00ebl ","last_name":"Duhot","full_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","short_ident":"","is_classical_name":null,"dnb_url":"http:\/\/d-nb.info\/gnd\/1048420493","viaf_url":"","db_url":"","from_claudius":null}}],"entry_title":"Y a-t-Il des cat\u00e9gories sto\u00efciennes?","main_title":{"title":"Y a-t-Il des cat\u00e9gories sto\u00efciennes?"},"abstract":"Il n'y a donc pas de cat\u00e9gories sto\u00efciennes. Le substrat, le tel, l'\u00e9tant en quelque mani\u00e8re et l'\u00e9tant en quelque mani\u00e8re relatif tracent une sorte de vecteur ontologique qui traverse chaque \u00eatre. Ces quatre concepts n'indiquent pas des \u00e9tats ou des niveaux d'\u00eatre, ils permettent d'articuler, \u00e0 des niveaux diff\u00e9rents, l'unit\u00e9 et la multiplicit\u00e9, l'identit\u00e9 et la diff\u00e9rence, le corps et l'incorporel, \u00e0 l'int\u00e9rieur ou \u00e0 propos de chaque \u00eatre. Ils ne visent pas \u00e0 d\u00e9crire de fa\u00e7on exhaustive les niveaux possibles de l'\u00eatre, auquel cas ils auraient \u00e9t\u00e9 plus nombreux.\r\n\r\nIls constituent donc non pas une description, un tableau, mais un outil : ce sont des concepts op\u00e9ratoires gr\u00e2ce auxquels se r\u00e9solvent les probl\u00e8mes de l'un et du multiple. Ils sont au service d'une ontologie qui relie chaque \u00eatre \u00e0 l'essence unique que constitue la mati\u00e8re premi\u00e8re.\r\n\r\nC'est sans doute leur caract\u00e8re op\u00e9ratoire et non descriptif qui explique que les genres sto\u00efciens ne soient pas aussi nombreux que les niveaux de cette \u00e9chelle de l'\u00eatre qu'on peut en d\u00e9duire. L'objet du Portique n'\u00e9tait pas de dresser un inventaire ontologique mais de disposer des outils n\u00e9cessaires au fonctionnement de l'ontologie, c'est-\u00e0-dire permettant de rattacher toute multiplicit\u00e9 \u00e0 une unit\u00e9 et tout \u00eatre \u00e0 une essence, en l'occurrence l'Essence qu'est \u1f51\u03c0\u03bf\u03c3\u03c4\u03b1\u03c3\u03af\u03b1, et ces outils, qui sont les quatre genres, n'ont pas \u00e0 \u00eatre plus nombreux en vertu d'un simple principe d'\u00e9conomie.\r\n\r\nIci encore par cons\u00e9quent la comparaison avec les cat\u00e9gories aristot\u00e9liciennes est trompeuse : les cat\u00e9gories visent \u00e0 l'exhaustivit\u00e9 dans le cadre d'une ontologie descriptive horizontale, les genres sto\u00efciens, qui apparaissent \u00e9videmment sur ce plan tr\u00e8s lacunaires, ne sont pas moins exhaustifs, mais comme instruments d'une ontologie op\u00e9ratoire verticale. Et en tant qu'instruments d'une ontologie, il \u00e9tait logique qu'ils fussent aussi peu nombreux que possible, d'o\u00f9 d\u00e9coule leur polyvalence, ou, si on pr\u00e9f\u00e8re, leur ambigu\u00eft\u00e9. [conclusion p. 243-244]","btype":3,"date":"1991","language":"French","online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/KbIXmexaLDoeiRj","doi_url":null,"categories":[],"authors":[{"id":72,"full_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","role":{"id":1,"role_name":"author"}}],"book":null,"booksection":null,"article":{"id":599,"journal_id":null,"journal_name":"Revue Internationale de Philosophie","volume":"45","issue":"178 (3)","pages":"220-244"}},"sort":[1991]}
Title | Y a-t-Il des catégories stoïciennes? |
Type | Article |
Language | French |
Date | 1991 |
Journal | Revue Internationale de Philosophie |
Volume | 45 |
Issue | 178 (3) |
Pages | 220-244 |
Categories | no categories |
Author(s) | Duhot, Jean-Joël |
Editor(s) | |
Translator(s) |
Il n'y a donc pas de catégories stoïciennes. Le substrat, le tel, l'étant en quelque manière et l'étant en quelque manière relatif tracent une sorte de vecteur ontologique qui traverse chaque être. Ces quatre concepts n'indiquent pas des états ou des niveaux d'être, ils permettent d'articuler, à des niveaux différents, l'unité et la multiplicité, l'identité et la différence, le corps et l'incorporel, à l'intérieur ou à propos de chaque être. Ils ne visent pas à décrire de façon exhaustive les niveaux possibles de l'être, auquel cas ils auraient été plus nombreux. Ils constituent donc non pas une description, un tableau, mais un outil : ce sont des concepts opératoires grâce auxquels se résolvent les problèmes de l'un et du multiple. Ils sont au service d'une ontologie qui relie chaque être à l'essence unique que constitue la matière première. C'est sans doute leur caractère opératoire et non descriptif qui explique que les genres stoïciens ne soient pas aussi nombreux que les niveaux de cette échelle de l'être qu'on peut en déduire. L'objet du Portique n'était pas de dresser un inventaire ontologique mais de disposer des outils nécessaires au fonctionnement de l'ontologie, c'est-à-dire permettant de rattacher toute multiplicité à une unité et tout être à une essence, en l'occurrence l'Essence qu'est ὑποστασία, et ces outils, qui sont les quatre genres, n'ont pas à être plus nombreux en vertu d'un simple principe d'économie. Ici encore par conséquent la comparaison avec les catégories aristotéliciennes est trompeuse : les catégories visent à l'exhaustivité dans le cadre d'une ontologie descriptive horizontale, les genres stoïciens, qui apparaissent évidemment sur ce plan très lacunaires, ne sont pas moins exhaustifs, mais comme instruments d'une ontologie opératoire verticale. Et en tant qu'instruments d'une ontologie, il était logique qu'ils fussent aussi peu nombreux que possible, d'où découle leur polyvalence, ou, si on préfère, leur ambiguïté. [conclusion p. 243-244] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/KbIXmexaLDoeiRj |
{"_index":"sire","_id":"599","_score":null,"_source":{"id":599,"authors_free":[{"id":850,"entry_id":599,"agent_type":null,"is_normalised":null,"person_id":72,"institution_id":null,"role":{"id":1,"role_name":"author"},"free_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","free_first_name":"Jean-Jo\u00ebl ","free_last_name":"Duhot","norm_person":{"id":72,"first_name":"Jean-Jo\u00ebl ","last_name":"Duhot","full_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","short_ident":"","is_classical_name":null,"dnb_url":"http:\/\/d-nb.info\/gnd\/1048420493","viaf_url":"","db_url":"","from_claudius":null}}],"entry_title":"Y a-t-Il des cat\u00e9gories sto\u00efciennes?","main_title":{"title":"Y a-t-Il des cat\u00e9gories sto\u00efciennes?"},"abstract":"Il n'y a donc pas de cat\u00e9gories sto\u00efciennes. Le substrat, le tel, l'\u00e9tant en quelque mani\u00e8re et l'\u00e9tant en quelque mani\u00e8re relatif tracent une sorte de vecteur ontologique qui traverse chaque \u00eatre. Ces quatre concepts n'indiquent pas des \u00e9tats ou des niveaux d'\u00eatre, ils permettent d'articuler, \u00e0 des niveaux diff\u00e9rents, l'unit\u00e9 et la multiplicit\u00e9, l'identit\u00e9 et la diff\u00e9rence, le corps et l'incorporel, \u00e0 l'int\u00e9rieur ou \u00e0 propos de chaque \u00eatre. Ils ne visent pas \u00e0 d\u00e9crire de fa\u00e7on exhaustive les niveaux possibles de l'\u00eatre, auquel cas ils auraient \u00e9t\u00e9 plus nombreux.\r\n\r\nIls constituent donc non pas une description, un tableau, mais un outil : ce sont des concepts op\u00e9ratoires gr\u00e2ce auxquels se r\u00e9solvent les probl\u00e8mes de l'un et du multiple. Ils sont au service d'une ontologie qui relie chaque \u00eatre \u00e0 l'essence unique que constitue la mati\u00e8re premi\u00e8re.\r\n\r\nC'est sans doute leur caract\u00e8re op\u00e9ratoire et non descriptif qui explique que les genres sto\u00efciens ne soient pas aussi nombreux que les niveaux de cette \u00e9chelle de l'\u00eatre qu'on peut en d\u00e9duire. L'objet du Portique n'\u00e9tait pas de dresser un inventaire ontologique mais de disposer des outils n\u00e9cessaires au fonctionnement de l'ontologie, c'est-\u00e0-dire permettant de rattacher toute multiplicit\u00e9 \u00e0 une unit\u00e9 et tout \u00eatre \u00e0 une essence, en l'occurrence l'Essence qu'est \u1f51\u03c0\u03bf\u03c3\u03c4\u03b1\u03c3\u03af\u03b1, et ces outils, qui sont les quatre genres, n'ont pas \u00e0 \u00eatre plus nombreux en vertu d'un simple principe d'\u00e9conomie.\r\n\r\nIci encore par cons\u00e9quent la comparaison avec les cat\u00e9gories aristot\u00e9liciennes est trompeuse : les cat\u00e9gories visent \u00e0 l'exhaustivit\u00e9 dans le cadre d'une ontologie descriptive horizontale, les genres sto\u00efciens, qui apparaissent \u00e9videmment sur ce plan tr\u00e8s lacunaires, ne sont pas moins exhaustifs, mais comme instruments d'une ontologie op\u00e9ratoire verticale. Et en tant qu'instruments d'une ontologie, il \u00e9tait logique qu'ils fussent aussi peu nombreux que possible, d'o\u00f9 d\u00e9coule leur polyvalence, ou, si on pr\u00e9f\u00e8re, leur ambigu\u00eft\u00e9. [conclusion p. 243-244]","btype":3,"date":"1991","language":"French","online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/KbIXmexaLDoeiRj","doi_url":null,"categories":[],"authors":[{"id":72,"full_name":"Duhot, Jean-Jo\u00ebl ","role":{"id":1,"role_name":"author"}}],"book":null,"booksection":null,"article":{"id":599,"journal_id":null,"journal_name":"Revue Internationale de Philosophie","volume":"45","issue":"178 (3)","pages":"220-244"}},"sort":["Y a-t-Il des cat\u00e9gories sto\u00efciennes?"]}