Augustin, «Confessions» 4, 16, 28-29, «Soliloques» 2, 20, 34-36 et les «Commentaires des catégories», 2001
By: Doucet, Dominique
Title Augustin, «Confessions» 4, 16, 28-29, «Soliloques» 2, 20, 34-36 et les «Commentaires des catégories»
Type Article
Language French
Date 2001
Journal Rivista di Filosofia Neo-Scolastica
Volume 93
Issue 3
Pages 372-392
Categories no categories
Author(s) Doucet, Dominique
Editor(s)
Translator(s)
Au terme de cette étude montrant les points de consonance entre les thèmes développés dans les derniers paragraphes des Soliloques et les problématiques mises en œuvre dans les commentaires des Catégories, deux conclusions principales se présentent. Premièrement, l'antériorité des écrits d'Augustin sur la rédaction de la plus grande partie des commentaires des Catégories oblige à considérer un seul et même auteur ou une seule et même source, tant pour Augustin que pour les auteurs des commentaires ultérieurs. La place que reçoit le commentaire de Porphyre dans les autres commentaires et l'importance de cet auteur dans l'élaboration des schémas de pensée augustiniens conduisent naturellement à la conclusion que c'est dans une œuvre porphyrienne qu'Augustin a pu rencontrer l'essentiel de cette argumentation. Il reste alors à tenter de déterminer laquelle. Le peu d'intérêt qu'Augustin accorde aux lectures des magistri eruditissimi qu'il évoque dans les Confessions semble écarter l'hypothèse qu'il garderait un vif souvenir des conversations de son adolescence. Autrement, il n'aurait pas oublié à ce point d'en mentionner l'importance, comme il le fait pour sa lecture de l'Hortensius et pour celle des libri platonicorum, qui eurent une influence déterminante sur l'évolution de sa pensée. Il semble alors plus probable de considérer qu'Augustin a rencontré une argumentation identique à celle qui se trouve dans les commentaires ultérieurs des Catégories, celle de Porphyre en son propre commentaire, qu'Augustin a pu rencontrer soit dans un texte du dossier des libri platonicorum, soit inséré dans un autre écrit comme le De regressu animae ou encore le Zêtêma sur l'immortalité de l'âme, dont nous savons qu'il prit connaissance. Il serait même tentant de considérer que la progression même des Soliloques suit en parallèle l'essentiel de la progression qui pourrait être celle du De regressu. Cette hypothèse nous amène directement au second volet de cette conclusion. Si Augustin emprunte un certain nombre de thèmes à l'univers néoplatonicien et porphyrien, il ne manque pas de les transformer profondément. Nous avons déjà signalé, dans une lecture de Sol. 2, 18, 32, la manière dont Augustin reprend les degrés de la hiérarchie des êtres du néoplatonisme et la transforme en une hiérarchie des degrés du vrai. En effet, la hiérarchie de Marius Victorinus (uere sunt, quae sunt, non uere non sunt, uere non sunt) se retrouve en partie chez Augustin sous la forme : uere uerum (ueritas), uerum, tendit esse et non est. Cette transformation de la hiérarchie des êtres en une hiérarchie des degrés du vrai s'explique assez bien par le projet même des Soliloques : connaître Dieu et l'âme, et par la démonstration de l'immortalité de l'âme qui s'y trouve. C'est par la présence en l'âme de l'immortelle Vérité que l'âme est assurée de son immortalité, et cette preuve, dans l'esprit d'Augustin, est supérieure à celle, classique, de l'auto-motricité de l'âme. Dans les paragraphes 34 à 36 de la fin des Soliloques, c'est une semblable hiérarchie des degrés du vrai que nous rencontrons. Il est donc nécessaire sur ce point de conclure que tout en s'inspirant des thèmes néoplatoniciens et en particulier porphyriens, Augustin leur fait subir un déplacement notable et développe, plutôt qu'une ontologie, une métaphysique du vrai qui lui permet de connaître son âme, d'accéder à la certitude de son immortalité, et de progresser dans sa recherche de Dieu, recherche dont il résumera l'essentiel de la progression dans les Confessions et dont il dressera les harmoniques dans le De Trinitate. [conclusion p 390-392]

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Autrement, il n'aurait pas oubli\u00e9 \u00e0 ce point d'en mentionner l'importance, comme il le fait pour sa lecture de l'Hortensius et pour celle des libri platonicorum, qui eurent une influence d\u00e9terminante sur l'\u00e9volution de sa pens\u00e9e.\r\n\r\nIl semble alors plus probable de consid\u00e9rer qu'Augustin a rencontr\u00e9 une argumentation identique \u00e0 celle qui se trouve dans les commentaires ult\u00e9rieurs des Cat\u00e9gories, celle de Porphyre en son propre commentaire, qu'Augustin a pu rencontrer soit dans un texte du dossier des libri platonicorum, soit ins\u00e9r\u00e9 dans un autre \u00e9crit comme le De regressu animae ou encore le Z\u00eat\u00eama sur l'immortalit\u00e9 de l'\u00e2me, dont nous savons qu'il prit connaissance.\r\n\r\nIl serait m\u00eame tentant de consid\u00e9rer que la progression m\u00eame des Soliloques suit en parall\u00e8le l'essentiel de la progression qui pourrait \u00eatre celle du De regressu.\r\n\r\nCette hypoth\u00e8se nous am\u00e8ne directement au second volet de cette conclusion. Si Augustin emprunte un certain nombre de th\u00e8mes \u00e0 l'univers n\u00e9oplatonicien et porphyrien, il ne manque pas de les transformer profond\u00e9ment. Nous avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, dans une lecture de Sol. 2, 18, 32, la mani\u00e8re dont Augustin reprend les degr\u00e9s de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres du n\u00e9oplatonisme et la transforme en une hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s du vrai. En effet, la hi\u00e9rarchie de Marius Victorinus (uere sunt, quae sunt, non uere non sunt, uere non sunt) se retrouve en partie chez Augustin sous la forme : uere uerum (ueritas), uerum, tendit esse et non est.\r\n\r\nCette transformation de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres en une hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s du vrai s'explique assez bien par le projet m\u00eame des Soliloques : conna\u00eetre Dieu et l'\u00e2me, et par la d\u00e9monstration de l'immortalit\u00e9 de l'\u00e2me qui s'y trouve. 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Augustin, «Confessions» 4, 16, 28-29, «Soliloques» 2, 20, 34-36 et les «Commentaires des catégories», 2001
By: Doucet, Dominique
Title Augustin, «Confessions» 4, 16, 28-29, «Soliloques» 2, 20, 34-36 et les «Commentaires des catégories»
Type Article
Language French
Date 2001
Journal Rivista di Filosofia Neo-Scolastica
Volume 93
Issue 3
Pages 372-392
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Author(s) Doucet, Dominique
Editor(s)
Translator(s)
Au terme de cette étude montrant les points de consonance entre les thèmes développés dans les derniers paragraphes des Soliloques et les problématiques mises en œuvre dans les commentaires des Catégories, deux conclusions principales se présentent. Premièrement, l'antériorité des écrits d'Augustin sur la rédaction de la plus grande partie des commentaires des Catégories oblige à considérer un seul et même auteur ou une seule et même source, tant pour Augustin que pour les auteurs des commentaires ultérieurs. La place que reçoit le commentaire de Porphyre dans les autres commentaires et l'importance de cet auteur dans l'élaboration des schémas de pensée augustiniens conduisent naturellement à la conclusion que c'est dans une œuvre porphyrienne qu'Augustin a pu rencontrer l'essentiel de cette argumentation.

Il reste alors à tenter de déterminer laquelle. Le peu d'intérêt qu'Augustin accorde aux lectures des magistri eruditissimi qu'il évoque dans les Confessions semble écarter l'hypothèse qu'il garderait un vif souvenir des conversations de son adolescence. Autrement, il n'aurait pas oublié à ce point d'en mentionner l'importance, comme il le fait pour sa lecture de l'Hortensius et pour celle des libri platonicorum, qui eurent une influence déterminante sur l'évolution de sa pensée.

Il semble alors plus probable de considérer qu'Augustin a rencontré une argumentation identique à celle qui se trouve dans les commentaires ultérieurs des Catégories, celle de Porphyre en son propre commentaire, qu'Augustin a pu rencontrer soit dans un texte du dossier des libri platonicorum, soit inséré dans un autre écrit comme le De regressu animae ou encore le Zêtêma sur l'immortalité de l'âme, dont nous savons qu'il prit connaissance.

Il serait même tentant de considérer que la progression même des Soliloques suit en parallèle l'essentiel de la progression qui pourrait être celle du De regressu.

Cette hypothèse nous amène directement au second volet de cette conclusion. Si Augustin emprunte un certain nombre de thèmes à l'univers néoplatonicien et porphyrien, il ne manque pas de les transformer profondément. Nous avons déjà signalé, dans une lecture de Sol. 2, 18, 32, la manière dont Augustin reprend les degrés de la hiérarchie des êtres du néoplatonisme et la transforme en une hiérarchie des degrés du vrai. En effet, la hiérarchie de Marius Victorinus (uere sunt, quae sunt, non uere non sunt, uere non sunt) se retrouve en partie chez Augustin sous la forme : uere uerum (ueritas), uerum, tendit esse et non est.

Cette transformation de la hiérarchie des êtres en une hiérarchie des degrés du vrai s'explique assez bien par le projet même des Soliloques : connaître Dieu et l'âme, et par la démonstration de l'immortalité de l'âme qui s'y trouve. C'est par la présence en l'âme de l'immortelle Vérité que l'âme est assurée de son immortalité, et cette preuve, dans l'esprit d'Augustin, est supérieure à celle, classique, de l'auto-motricité de l'âme.

Dans les paragraphes 34 à 36 de la fin des Soliloques, c'est une semblable hiérarchie des degrés du vrai que nous rencontrons. Il est donc nécessaire sur ce point de conclure que tout en s'inspirant des thèmes néoplatoniciens et en particulier porphyriens, Augustin leur fait subir un déplacement notable et développe, plutôt qu'une ontologie, une métaphysique du vrai qui lui permet de connaître son âme, d'accéder à la certitude de son immortalité, et de progresser dans sa recherche de Dieu, recherche dont il résumera l'essentiel de la progression dans les Confessions et dont il dressera les harmoniques dans le De Trinitate. [conclusion p 390-392]

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Autrement, il n'aurait pas oubli\u00e9 \u00e0 ce point d'en mentionner l'importance, comme il le fait pour sa lecture de l'Hortensius et pour celle des libri platonicorum, qui eurent une influence d\u00e9terminante sur l'\u00e9volution de sa pens\u00e9e.\r\n\r\nIl semble alors plus probable de consid\u00e9rer qu'Augustin a rencontr\u00e9 une argumentation identique \u00e0 celle qui se trouve dans les commentaires ult\u00e9rieurs des Cat\u00e9gories, celle de Porphyre en son propre commentaire, qu'Augustin a pu rencontrer soit dans un texte du dossier des libri platonicorum, soit ins\u00e9r\u00e9 dans un autre \u00e9crit comme le De regressu animae ou encore le Z\u00eat\u00eama sur l'immortalit\u00e9 de l'\u00e2me, dont nous savons qu'il prit connaissance.\r\n\r\nIl serait m\u00eame tentant de consid\u00e9rer que la progression m\u00eame des Soliloques suit en parall\u00e8le l'essentiel de la progression qui pourrait \u00eatre celle du De regressu.\r\n\r\nCette hypoth\u00e8se nous am\u00e8ne directement au second volet de cette conclusion. Si Augustin emprunte un certain nombre de th\u00e8mes \u00e0 l'univers n\u00e9oplatonicien et porphyrien, il ne manque pas de les transformer profond\u00e9ment. Nous avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, dans une lecture de Sol. 2, 18, 32, la mani\u00e8re dont Augustin reprend les degr\u00e9s de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres du n\u00e9oplatonisme et la transforme en une hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s du vrai. En effet, la hi\u00e9rarchie de Marius Victorinus (uere sunt, quae sunt, non uere non sunt, uere non sunt) se retrouve en partie chez Augustin sous la forme : uere uerum (ueritas), uerum, tendit esse et non est.\r\n\r\nCette transformation de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres en une hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s du vrai s'explique assez bien par le projet m\u00eame des Soliloques : conna\u00eetre Dieu et l'\u00e2me, et par la d\u00e9monstration de l'immortalit\u00e9 de l'\u00e2me qui s'y trouve. C'est par la pr\u00e9sence en l'\u00e2me de l'immortelle V\u00e9rit\u00e9 que l'\u00e2me est assur\u00e9e de son immortalit\u00e9, et cette preuve, dans l'esprit d'Augustin, est sup\u00e9rieure \u00e0 celle, classique, de l'auto-motricit\u00e9 de l'\u00e2me.\r\n\r\nDans les paragraphes 34 \u00e0 36 de la fin des Soliloques, c'est une semblable hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s du vrai que nous rencontrons. Il est donc n\u00e9cessaire sur ce point de conclure que tout en s'inspirant des th\u00e8mes n\u00e9oplatoniciens et en particulier porphyriens, Augustin leur fait subir un d\u00e9placement notable et d\u00e9veloppe, plut\u00f4t qu'une ontologie, une m\u00e9taphysique du vrai qui lui permet de conna\u00eetre son \u00e2me, d'acc\u00e9der \u00e0 la certitude de son immortalit\u00e9, et de progresser dans sa recherche de Dieu, recherche dont il r\u00e9sumera l'essentiel de la progression dans les Confessions et dont il dressera les harmoniques dans le De Trinitate. 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