Title | La fin de l'Acádemie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 1971 |
Published in | Le Néoplatonisme: Actes du Colloque International sur le Néoplatonisme organisé dans le cadre des Colloques Internationaux du Centre National de la Recherche Scientifique à Royaumont du 9 au 13 juin 1969 |
Pages | 281-290 |
Categories | no categories |
Author(s) | Cameron, Alan |
Editor(s) | Schuhl, Pierre-Maxime , Hadot, Pierre |
Translator(s) |
Avec la mort de Proclus en 485, l’Académie tomba dans un déclin rapide. Trois générations durant, les meilleurs philosophes avaient été formés à Athènes par Plutarque, Syrianus et Proclus. Au contraire, les meilleurs philosophes de la génération suivante, Asclépius, Damascius, Eutocius, Olympiodore, Philopon et Simplicius, furent tous élèves d’Ammonius à Alexandrie. Ammonius lui-même avait été élève de Proclus. Nous connaissons les noms de tous les successeurs de Proclus à Athènes, mais ils ne sont guère pour nous que des noms. Même Damascius, qui était scolarque en l’année fatidique de 529, admet que la philosophie à Athènes n’était jamais tombée aussi bas que juste avant son accession à la chaire. Tout cela est hors de conteste. Pourtant, les savants modernes ont généralement considéré que ce déclin a continué sans interruption jusqu’en 529 et qu’en 529, lorsque Justinien a publié son illustre édit fermant l’Académie, elle était déjà sur son lit de mort. Autrement dit, ils considèrent que l’acte de Justinien fut plutôt de l’euthanasie qu’un assassinat. La dernière étude sur la fermeture de l’Académie admet sans discussion qu’en 529, la philosophie païenne d’Athènes avait déjà succombé sous les coups de la philosophie christianisée d’Alexandrie et de Gaza, que les étudiants, sauvés des griffes de l’impie Damascius, pouvaient désormais être guidés sur les chemins de la vérité par des chrétiens comme Philopon et Procope de Gaza. Hélas ! Cette image édifiante n’a rien à voir avec l’histoire. Il est douteux qu’il y ait jamais eu une école chrétienne de philosophie à Gaza. Énée et Procope étaient tous deux professeurs de rhétorique, et leurs plus fameux disciples furent aussi des rhéteurs (Épiphanius, Choricius). En tous cas, en 529, tous deux étaient morts. En ce qui concerne Alexandrie, contrairement à une opinion largement répandue, Philopon ne succéda pas à la chaire d’Ammonius. Pour des raisons que nous ne connaissons pas, il est resté, semble-t-il, toute sa vie grammaticus, professeur de littérature. Et vers la fin de sa vie, il se tourna de plus en plus de la philosophie vers la théologie — et vers l’hérésie. En outre, l’influence de la tradition scolaire était si forte, même dans le cas de philosophes chrétiens, que les écrits de Philopon ont exercé une influence étonnamment faible sur l’enseignement à Alexandrie. Olympiodore, qui enseignait encore à Alexandrie dans les années 560, était en effet païen, et ses successeurs, Élie, David, Étienne, bien que chrétiens, continuèrent à enseigner des doctrines comme l’éternité du monde et la divinité des corps célestes, qui avaient été déjà depuis longtemps réfutées par Philopon. Nous ne découvrons certainement pas ce qui est quelquefois évoqué en termes grandiloquents comme une synthèse de l’aristotélisme et du christianisme. Dès lors, il ne saurait être question de la vitalité supérieure d’une philosophie chrétienne écrasant les faibles survivants du paganisme sur leur propre terrain. De fait, si l’on compare le travail qui se fait à Athènes et à Alexandrie dans la première moitié du VIe siècle — en négligeant la production des dernières années de Philopon, comme étrangère à la tradition universitaire proprement dite —, il est clair que Damascius et Simplicius surpassent de beaucoup leurs rivaux alexandrins. Quant à la réputation de Damascius comme professeur (et la compétence scientifique a autant d’importance que l’habileté pédagogique), elle est établie par la liste de ses élèves en 529, qui comprenait des philosophes originaires de Cilicie, de Phrygie, de Lydie, de Phénicie et de Gaza : un véritable recrutement international. Assez étrangement, on a voulu tirer argument du caractère international de l’école de Damascius pour prouver la décadence de l’Académie. Athènes elle-même, dit-on, ne pouvait plus produire des Athéniens pour cultiver l’héritage de Platon. C’est ignorer le caractère international de la vie universitaire à la fin de l’Antiquité, caractère bien mis en évidence par la Vie d’Isidore écrite par Damascius et par Eunape dans les Vies des sophistes. En cet âge d’or de la rhétorique que fut le IVe siècle, à Athènes, les grands noms étaient Julien de Cappadoce, Himérius de Bithynie, Prohairesius d’Arménie. À peu près aucun Athénien parmi eux. Proclus lui-même était lycien, Syrianus, alexandrin. C’est plutôt un signe de la santé de ses institutions qu’Athènes pût encore attirer des étrangers de valeur ! Je voudrais suggérer, en effet, que bien loin que ce fût l’Académie qui fût sur son lit de mort en 529, c’était l’école d’Alexandrie qui était en déclin après la mort d’Ammonius, alors que l’Académie reprenait vie. Les successeurs d’Ammonius à Alexandrie furent Eutocius le mathématicien et Olympiodore, philosophes, ni l’un ni l’autre de grande envergure. Tandis que vers 529, l’énergique et habile Damascius avait repris en main l’Académie et s’était entouré d’une équipe de disciples dévoués — dévoués, car nous savons qu’ils le suivirent en Perse après la fermeture de l’Académie. Une illustration frappante de ce changement de relation entre Athènes et Alexandrie est le fait que, alors que dans ses premiers commentaires Olympiodore dépendait essentiellement d’Ammonius, dans ses dernières œuvres, il s’appuie de plus en plus sur Damascius. Nous saisissons, là encore, Alexandrie se tournant vers Athènes. Il se peut que Justinien n’ait pas fermé l’Académie par mépris, parce qu’elle était moribonde, mais — et c’est une raison plus naturelle et plus plausible — par crainte, parce qu’elle reprenait vie. [introduction p. 281-283] |
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Title | The Last Days of the Academy at Athens |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 1969 |
Published in | Proceedings of the Cambridge philological society |
Pages | 7-29 |
Categories | no categories |
Author(s) | Cameron, Alan |
Editor(s) | Kenney, Edward J. , Dawe, Roger D. |
Translator(s) |
Even those who know nothing else o f Justinian know that he closed the Academy at Athens in a . d . 529—the very year that St Benedict had founded the monastery o f Monte Cassino.1 For those who like schematic boundaries between the ancient and medieval worlds, between the pagan past and the Christian future, here is a truly symbolic date.The romantic sequel is hardly less familiar:2 the seven out-of-work Platonists who left Athens for Persia, which under its new King Chosroes they had heard closely resembled the ideal state their master had written of. On their arrival, alas, they discovered that Chosroes, while amiable enough and genuinely interested in philo sophy, was far from being the philosopher-king they had dreamed of. And his subjects were no less corrupt than the Romans. The disillusioned philosophers confessed their disappointment to the king, who not only graciously consented to their immediate return, but even went so far as to make Justinian write into the peace treaty they were just then concluding (September 532) a safe conduct home for all seven and a guarantee that they would be allowed to live out their lives in Roman territory in peace as pagans.This much is well known. But some details are unclear, others unexplored. Several misconceptions prevail. A number of relevant texts have never been properly exploited, some not even considered. What was Justinian’s motive? Did he give the last push to a tottering edifice, or destroy a thriving intellectual centre? Indeed, did he actually succeed in destroying anything at all? What did the philosophers do on their return? [Introduction, p. 7] |
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Any library may subscribe to the Society and receive copies of its publications. The subscription for libraries is \u00a31 10s. annually.\r\n\r\nThe Society is responsible for two series of publications. Proceedings of the Cambridge Philological Society, containing papers read at the Society and other articles by members, appears annually. Contributions intended for the Proceedings should be addressed to Dr. R. D. Dawe, Trinity College, Cambridge. Supplements to the Proceedings, consisting of monographs, appear occasionally, less frequently, and at irregular intervals. This series is designed to accommodate works of intermediate size, i.e., of about 100 pages.\r\n\r\nMembers of the Society are invited to submit proposals for monographs to be published in this series. Proposals should be addressed to Mr. H. J. Easterling, Trinity College, Cambridge. Applications for membership, and all other correspondence relating to the Society, should be addressed to Mr. H. J. 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Title | La fin de l'Acádemie |
Type | Book Section |
Language | French |
Date | 1971 |
Published in | Le Néoplatonisme: Actes du Colloque International sur le Néoplatonisme organisé dans le cadre des Colloques Internationaux du Centre National de la Recherche Scientifique à Royaumont du 9 au 13 juin 1969 |
Pages | 281-290 |
Categories | no categories |
Author(s) | Cameron, Alan |
Editor(s) | Schuhl, Pierre-Maxime , Hadot, Pierre |
Translator(s) |
Avec la mort de Proclus en 485, l’Académie tomba dans un déclin rapide. Trois générations durant, les meilleurs philosophes avaient été formés à Athènes par Plutarque, Syrianus et Proclus. Au contraire, les meilleurs philosophes de la génération suivante, Asclépius, Damascius, Eutocius, Olympiodore, Philopon et Simplicius, furent tous élèves d’Ammonius à Alexandrie. Ammonius lui-même avait été élève de Proclus. Nous connaissons les noms de tous les successeurs de Proclus à Athènes, mais ils ne sont guère pour nous que des noms. Même Damascius, qui était scolarque en l’année fatidique de 529, admet que la philosophie à Athènes n’était jamais tombée aussi bas que juste avant son accession à la chaire. Tout cela est hors de conteste. Pourtant, les savants modernes ont généralement considéré que ce déclin a continué sans interruption jusqu’en 529 et qu’en 529, lorsque Justinien a publié son illustre édit fermant l’Académie, elle était déjà sur son lit de mort. Autrement dit, ils considèrent que l’acte de Justinien fut plutôt de l’euthanasie qu’un assassinat. La dernière étude sur la fermeture de l’Académie admet sans discussion qu’en 529, la philosophie païenne d’Athènes avait déjà succombé sous les coups de la philosophie christianisée d’Alexandrie et de Gaza, que les étudiants, sauvés des griffes de l’impie Damascius, pouvaient désormais être guidés sur les chemins de la vérité par des chrétiens comme Philopon et Procope de Gaza. Hélas ! Cette image édifiante n’a rien à voir avec l’histoire. Il est douteux qu’il y ait jamais eu une école chrétienne de philosophie à Gaza. Énée et Procope étaient tous deux professeurs de rhétorique, et leurs plus fameux disciples furent aussi des rhéteurs (Épiphanius, Choricius). En tous cas, en 529, tous deux étaient morts. En ce qui concerne Alexandrie, contrairement à une opinion largement répandue, Philopon ne succéda pas à la chaire d’Ammonius. Pour des raisons que nous ne connaissons pas, il est resté, semble-t-il, toute sa vie grammaticus, professeur de littérature. Et vers la fin de sa vie, il se tourna de plus en plus de la philosophie vers la théologie — et vers l’hérésie. En outre, l’influence de la tradition scolaire était si forte, même dans le cas de philosophes chrétiens, que les écrits de Philopon ont exercé une influence étonnamment faible sur l’enseignement à Alexandrie. Olympiodore, qui enseignait encore à Alexandrie dans les années 560, était en effet païen, et ses successeurs, Élie, David, Étienne, bien que chrétiens, continuèrent à enseigner des doctrines comme l’éternité du monde et la divinité des corps célestes, qui avaient été déjà depuis longtemps réfutées par Philopon. Nous ne découvrons certainement pas ce qui est quelquefois évoqué en termes grandiloquents comme une synthèse de l’aristotélisme et du christianisme. Dès lors, il ne saurait être question de la vitalité supérieure d’une philosophie chrétienne écrasant les faibles survivants du paganisme sur leur propre terrain. De fait, si l’on compare le travail qui se fait à Athènes et à Alexandrie dans la première moitié du VIe siècle — en négligeant la production des dernières années de Philopon, comme étrangère à la tradition universitaire proprement dite —, il est clair que Damascius et Simplicius surpassent de beaucoup leurs rivaux alexandrins. Quant à la réputation de Damascius comme professeur (et la compétence scientifique a autant d’importance que l’habileté pédagogique), elle est établie par la liste de ses élèves en 529, qui comprenait des philosophes originaires de Cilicie, de Phrygie, de Lydie, de Phénicie et de Gaza : un véritable recrutement international. Assez étrangement, on a voulu tirer argument du caractère international de l’école de Damascius pour prouver la décadence de l’Académie. Athènes elle-même, dit-on, ne pouvait plus produire des Athéniens pour cultiver l’héritage de Platon. C’est ignorer le caractère international de la vie universitaire à la fin de l’Antiquité, caractère bien mis en évidence par la Vie d’Isidore écrite par Damascius et par Eunape dans les Vies des sophistes. En cet âge d’or de la rhétorique que fut le IVe siècle, à Athènes, les grands noms étaient Julien de Cappadoce, Himérius de Bithynie, Prohairesius d’Arménie. À peu près aucun Athénien parmi eux. Proclus lui-même était lycien, Syrianus, alexandrin. C’est plutôt un signe de la santé de ses institutions qu’Athènes pût encore attirer des étrangers de valeur ! Je voudrais suggérer, en effet, que bien loin que ce fût l’Académie qui fût sur son lit de mort en 529, c’était l’école d’Alexandrie qui était en déclin après la mort d’Ammonius, alors que l’Académie reprenait vie. Les successeurs d’Ammonius à Alexandrie furent Eutocius le mathématicien et Olympiodore, philosophes, ni l’un ni l’autre de grande envergure. Tandis que vers 529, l’énergique et habile Damascius avait repris en main l’Académie et s’était entouré d’une équipe de disciples dévoués — dévoués, car nous savons qu’ils le suivirent en Perse après la fermeture de l’Académie. Une illustration frappante de ce changement de relation entre Athènes et Alexandrie est le fait que, alors que dans ses premiers commentaires Olympiodore dépendait essentiellement d’Ammonius, dans ses dernières œuvres, il s’appuie de plus en plus sur Damascius. Nous saisissons, là encore, Alexandrie se tournant vers Athènes. Il se peut que Justinien n’ait pas fermé l’Académie par mépris, parce qu’elle était moribonde, mais — et c’est une raison plus naturelle et plus plausible — par crainte, parce qu’elle reprenait vie. [introduction p. 281-283] |
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Title | The Last Days of the Academy at Athens |
Type | Book Section |
Language | English |
Date | 1969 |
Published in | Proceedings of the Cambridge philological society |
Pages | 7-29 |
Categories | no categories |
Author(s) | Cameron, Alan |
Editor(s) | Kenney, Edward J. , Dawe, Roger D. |
Translator(s) |
Even those who know nothing else o f Justinian know that he closed the Academy at Athens in a . d . 529—the very year that St Benedict had founded the monastery o f Monte Cassino.1 For those who like schematic boundaries between the ancient and medieval worlds, between the pagan past and the Christian future, here is a truly symbolic date.The romantic sequel is hardly less familiar:2 the seven out-of-work Platonists who left Athens for Persia, which under its new King Chosroes they had heard closely resembled the ideal state their master had written of. On their arrival, alas, they discovered that Chosroes, while amiable enough and genuinely interested in philo sophy, was far from being the philosopher-king they had dreamed of. And his subjects were no less corrupt than the Romans. The disillusioned philosophers confessed their disappointment to the king, who not only graciously consented to their immediate return, but even went so far as to make Justinian write into the peace treaty they were just then concluding (September 532) a safe conduct home for all seven and a guarantee that they would be allowed to live out their lives in Roman territory in peace as pagans.This much is well known. But some details are unclear, others unexplored. Several misconceptions prevail. A number of relevant texts have never been properly exploited, some not even considered. What was Justinian’s motive? Did he give the last push to a tottering edifice, or destroy a thriving intellectual centre? Indeed, did he actually succeed in destroying anything at all? What did the philosophers do on their return? [Introduction, p. 7] |
Online Resources | https://uni-koeln.sciebo.de/s/FwNaicAoI9i8Wka |
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Indeed, did he actually \r\nsucceed in destroying anything at all? What did the philosophers do on their return? [Introduction, p. 7]","btype":2,"date":"1969","language":"English","online_url":"","online_resources":"https:\/\/uni-koeln.sciebo.de\/s\/FwNaicAoI9i8Wka","doi_url":null,"categories":[],"authors":[{"id":20,"full_name":"Cameron, Alan ","role":{"id":1,"role_name":"author"}},{"id":21,"full_name":"Kenney, Edward J. ","role":{"id":2,"role_name":"editor"}},{"id":22,"full_name":"Dawe, Roger D. 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Any library may subscribe to the Society and receive copies of its publications. The subscription for libraries is \u00a31 10s. annually.\r\n\r\nThe Society is responsible for two series of publications. Proceedings of the Cambridge Philological Society, containing papers read at the Society and other articles by members, appears annually. Contributions intended for the Proceedings should be addressed to Dr. R. D. Dawe, Trinity College, Cambridge. Supplements to the Proceedings, consisting of monographs, appear occasionally, less frequently, and at irregular intervals. This series is designed to accommodate works of intermediate size, i.e., of about 100 pages.\r\n\r\nMembers of the Society are invited to submit proposals for monographs to be published in this series. Proposals should be addressed to Mr. H. J. Easterling, Trinity College, Cambridge. Applications for membership, and all other correspondence relating to the Society, should be addressed to Mr. H. J. 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