Simplicius: Corollarium de loco, 1979
By: Hoffmann, Philippe, Aujac, Germaine (Ed.), Soubiran, Jean (Ed.)
Title Simplicius: Corollarium de loco
Type Book Section
Language French
Date 1979
Published in L'Astronomie dans l'antiquité classique. Actes du Colloque tenu à l'Université de Toulouse-le-Mirail, 21–23 Octobre, 1977
Pages 143-161
Categories no categories
Author(s) Hoffmann, Philippe
Editor(s) Aujac, Germaine , Soubiran, Jean
Translator(s)
En conclusion : La définition aristotélicienne du lieu comme « première limite immobile de l'enveloppant » tente de concilier deux exigences contradictoires : le lieu est une enveloppe et il est immobile. Aristote est contraint de dire que le Monde n'est pas en un lieu, puisqu'il n'est enveloppé par rien : s'il n'est nulle part, il ne peut non plus se mouvoir localement, ce qui est en contradiction avec l'« expérience » et avec d’autres exigences du système (la dignité du mouvement circulaire uniforme et éternel convient à la substance céleste). Proclus, sur la base de la problématique aristotélicienne, interprète l'enveloppement par le lieu du corps situé en lui comme une compénétration totale de l’un et de l'autre. Sa solution est plus physique et plus cosmologique que celle de Damascius : le lieu est une sphère corporelle de lumière pure en coïncidence parfaite avec la sphère cosmique. Le lieu est immobile, tandis que l'Univers se meut en lui. Damascius propose une solution plus métaphysique : le lieu est la mesure (incorporelle, quoique sensible) de la position. L'Univers a un lieu fixe, son lieu essentiel, d'où procèdent les lieux successifs qui sont les siens au cours de son mouvement. Proclus et Damascius, chacun à leur manière, établissent donc : que le Monde a un lieu (fixe) ; que le Monde se meut localement. Ils triomphent ainsi des apories dans lesquelles s'engageait la pensée d'Aristote. [conclusion p. 161]

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Date 1979
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Pages 143-161
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Author(s) Hoffmann, Philippe
Editor(s) Aujac, Germaine , Soubiran, Jean
Translator(s)
En conclusion : La définition aristotélicienne du lieu comme « première limite immobile de l'enveloppant » tente de concilier deux exigences contradictoires : le lieu est une enveloppe et il est immobile. Aristote est contraint de dire que le Monde n'est pas en un lieu, puisqu'il n'est enveloppé par rien : s'il n'est nulle part, il ne peut non plus se mouvoir localement, ce qui est en contradiction avec l'« expérience » et avec d’autres exigences du système (la dignité du mouvement circulaire uniforme et éternel convient à la substance céleste).

    Proclus, sur la base de la problématique aristotélicienne, interprète l'enveloppement par le lieu du corps situé en lui comme une compénétration totale de l’un et de l'autre. Sa solution est plus physique et plus cosmologique que celle de Damascius : le lieu est une sphère corporelle de lumière pure en coïncidence parfaite avec la sphère cosmique. Le lieu est immobile, tandis que l'Univers se meut en lui.

    Damascius propose une solution plus métaphysique : le lieu est la mesure (incorporelle, quoique sensible) de la position. L'Univers a un lieu fixe, son lieu essentiel, d'où procèdent les lieux successifs qui sont les siens au cours de son mouvement.

Proclus et Damascius, chacun à leur manière, établissent donc :

    que le Monde a un lieu (fixe) ;
    que le Monde se meut localement.

Ils triomphent ainsi des apories dans lesquelles s'engageait la pensée d'Aristote. [conclusion p. 161]

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